Noté 4,5 sur 5, c’est le meilleur western de tous les temps ! Mais son tournage a été endeuillé il y a 58 ans
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Al Mulock n’apparaît que quelques minutes dans “Il était une fois dans l’Ouest”, mais son destin a tragiquement marqué le tournage du chef-d’œuvre de Sergio Leone. Retour sur le drame qui a endeuillé ce western mythique.

Avec Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone a signé l’une des œuvres les plus emblématiques de sa carrière. Mais derrière les images devenues mythiques de ce western sorti en 1968 se cache un épisode particulièrement sombre, survenu alors que l’équipe travaillait encore sur le film en Espagne.

Le drame concerne Al Mulock, acteur canadien que les amateurs de westerns italiens avaient déjà pu apercevoir à plusieurs reprises. Dans le film de Leone, il interprète Knuckles (“Jointures”), l’un des trois hommes armés chargés d’attendre Harmonica, incarné par Charles Bronson, lors de l’inoubliable séquence d’ouverture à la gare.

Il était une fois dans l'Ouest
Il était une fois dans l'Ouest
De Sergio Leone
Avec Henry Fonda, Charles Bronson, Frank Wolff
Sortie le 27 août 1969
Presse
4,0
Spectateurs
4,5
Streaming

Un visage déjà familier chez Sergio Leone

De son vrai nom Alfred Mulock Rogers, Al Mulock avait étudié auprès de Lee Strasberg avant de débuter sa carrière au Royaume-Uni. En 1955, il apparaît notamment aux côtés de Paul Douglas dans Joe Macbeth, avant d'enchaîner les rôles au cinéma et à la télévision.

On le retrouve ainsi dans Kill Me Tomorrow ou Police internationale, tandis qu’il décroche également des apparitions non créditées dans La Blonde et le shérif de Raoul Walsh et La Marque de Guy Green.

À l’écran, son physique l’amène régulièrement à incarner des personnages peu recommandables : dealers, hommes de main et autres criminels jalonnent sa filmographie, même si Le Train des épouvantes fait notamment exception.

C’est toutefois Sergio Leone qui va véritablement imprimer son visage dans la mémoire des cinéphiles. Dans Le Bon, la Brute et le Truand, sorti en 1966, Mulock joue le pistolero venu éliminer Tuco (Eli Wallach). Une courte apparition associée à l’une des répliques les plus célèbres du film, lancée par Tuco : “Quand on tire, on raconte pas sa vie !

Un habitué des westerns italiens

Après ce passage chez Leone, Al Mulock continue logiquement à fréquenter le genre. Il apparaît en clochard dans Les Cruels (1966) de Sergio Corbucci, puis campe un bandit particulièrement brutal dans Le Dernier jour de la colère (1967). Son personnage y passe à tabac Giuliano Gemma avant d’être abattu par Lee Van Cleef.

Toujours en 1967, il tient également un petit rôle non crédité de détective dans Reflets dans un œil d’or, réalisé par John Huston. Il rejoint ensuite Charles Boyer et Robert Taylor dans Le Rouble à deux faces d’Etienne Périer, avant de retrouver Sergio Leone pour Il était une fois dans l’Ouest.

Cette nouvelle collaboration sera malheureusement la dernière.

Al Mulock dans “Il était une fois dans l’Ouest” MGM
Al Mulock dans “Il était une fois dans l’Ouest”

Le drame survenu pendant le tournage

En mai 1968, alors que le western est encore en production, Al Mulock se jette d’une fenêtre de son hôtel. Mickey Knox, qui travaille comme dialoguiste sur le film, et le superviseur de production Claudio Mancini assistent à la scène.

Mulock tombe du premier étage et survit dans un premier temps à sa chute. Grièvement blessé, avec notamment un poumon perforé et une côte cassée, il doit être conduit au plus vite vers un établissement de soins. Il porte alors encore le costume et le cache-poussière de son personnage.

Mickey Knox a par la suite raconté une anecdote devenue célèbre autour de l’arrivée de Sergio Leone sur les lieux. Selon cette version, également rapportée par Christopher Frayling dans son ouvrage Sergio Leone, quelque chose à voir avec la mort, le cinéaste, qui ne connaissait pas encore la gravité de l’état de son acteur, aurait lancé : “Récupérez le costume, on a besoin du costume !

Claudio Mancini transporte finalement Al Mulock en voiture, mais le comédien meurt avant d’arriver à l’hôpital.

Les circonstances de sa mort restent incertaines

Les raisons qui ont conduit l’acteur à ce geste ont donné lieu à plusieurs explications au fil des années. Dans son livre The Good, the Bad and the Dolce Vita: The Adventures of an Actor in Hollywood, Paris and Rome, Mickey Knox affirme que Mulock souffrait alors d’une addiction et que son séjour en Espagne pour le tournage l’avait placé dans une situation de manque.

Une autre hypothèse régulièrement avancée concerne sa vie personnelle : l’acteur aurait été profondément affecté par la disparition de son ancienne compagne, l’actrice Steffi Henderson, morte d’un cancer. Il reste cependant difficile d’établir avec certitude les circonstances exactes ayant conduit à son geste.

MGM

La disparition de Mulock oblige en tout cas la production à terminer la célèbre scène de la gare sans lui. Les gros plans de Knuckles que l’on voit dans le montage définitif sont bien ceux de l’acteur. Pour certains plans tournés de loin ou de dos, une doublure vêtue du même costume a en revanche été utilisée. Cela explique également pourquoi son personnage est absent d’une bonne partie de la confrontation avec Harmonica.

Une présence relativement brève à l’écran, donc, mais associée à l’une des séquences les plus célèbres d’un film qui deviendra, au fil des décennies, un monument du western.

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Corentin Palanchini
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