Noté 4,2 sur 5, c'est l'un des plus grands films de science-fiction de tous les temps ! 44 ans après, il reste un monument indépassable
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Plus de 4 décennies après sa sortie, “Blade Runner” reste un monument de la science-fiction. L’univers imaginé par Ridley Scott continue de fasciner et d’interroger notre rapport à l’humanité. Pourtant, ce n’était pas gagné…

Il existe des films dont l’influence dépasse largement leur succès au moment de leur sortie. Blade Runner appartient incontestablement à cette catégorie. Lorsqu’il débarque au cinéma en 1982, le long-métrage de Ridley Scott ne provoque pas immédiatement l’enthousiasme que l’on pourrait imaginer aujourd’hui. Pourtant, 44 ans plus tard, il est devenu l’une des œuvres majeures de l’histoire de la science-fiction.

Porté par Harrison Ford, le film figure d’ailleurs parmi les 10 longs-métrages de SF qu’il faut absolument avoir vus selon la rédaction d’AlloCiné. Une sélection dans laquelle on retrouve également Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, La Planète des singes de 1968 ou le premier Star Wars.

Blade Runner
Blade Runner
Sortie : 15 septembre 1982 | 1h 57min
De Ridley Scott
Avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young
Presse
3,8
Spectateurs
4,2
Streaming

Deux monuments de la science-fiction en seulement 3 ans

Attention spoilers ! Cet article contient des révélations importantes sur “Blade Runner” (1982). Si vous ne l’avez pas vu, mieux vaut arrêter ici pour garder intacte la surprise finale.

La présence de Ridley Scott dans cette sélection est d’autant plus remarquable que le réalisateur y apparaît à deux reprises. Et pour deux films sortis à seulement trois années d’intervalle.

En 1979, il bouleverse les codes de la science-fiction et du cinéma d’horreur avec Alien. Puis, en 1982, il change totalement de registre avec Blade Runner. Plus contemplatif et mélancolique, ce nouveau film propose une vision du futur qui va devenir l’une des plus reconnaissables de l’histoire du cinéma.

Loin des environnements spatiaux d’Alien, Ridley Scott plonge cette fois le spectateur dans les rues d’un Los Angeles dystopique. L’action se situe en 2019, dans une mégalopole plongée sous la pluie, noyée dans les néons, la pollution et les gigantesques publicités.

C’est dans cet univers que Rick Deckard, ancien policier spécialisé dans la traque des “réplicants”, reprend du service. Sa mission consiste à retrouver plusieurs de ces androïdes, pratiquement impossibles à distinguer des êtres humains, après leur rébellion et le meurtre de l’équipage d’un vaisseau.

Quand la frontière entre l’homme et la machine disparaît

Pour imaginer cet univers, le film s’inspire librement du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick. Mais Blade Runner va bien au-delà de la simple transposition à l’écran du livre de l’écrivain américain.

Son intrigue policière sert notamment de point de départ à une réflexion beaucoup plus vaste sur ce qui définit réellement un être humain. Les réplicants possèdent une apparence humaine, éprouvent des émotions et sont hantés par leur propre mortalité. Dès lors, la séparation entre leurs créateurs et eux devient de plus en plus trouble.

Mémoire, identité, intelligence artificielle, mort, déshumanisation : autant de thèmes que le film entremêle sans nécessairement offrir de réponses définitives. Une ambiguïté qui participe encore aujourd’hui à sa richesse et qui a nourri d’innombrables débats autour de Deckard lui-même et de sa véritable nature.

Un échec devenu une référence du cyberpunk

Le statut de classique de Blade Runner ne s’est pourtant pas construit du jour au lendemain. À sa sortie, le film connaît un accueil bien plus mitigé que sa réputation actuelle pourrait le laisser penser et ne rencontre pas le succès commercial espéré.

C’est progressivement que le public redécouvre l’œuvre et que son influence devient évidente. Son Los Angeles futuriste, ses architectures monumentales, ses lumières artificielles et son atmosphère de film noir participent notamment à faire de Blade Runner l’une des références essentielles du cyberpunk.

Impossible également de dissocier cette identité de la musique de Vangelis. Avec ses compositions électroniques empreintes de mélancolie, le musicien grec contribue largement à l’atmosphère hypnotique du long-métrage.

L'empreinte laissée par le film se retrouve depuis dans une multitude d’œuvres, au cinéma comme dans les séries, les mangas et les jeux vidéo. Des créations telles que Ghost in the Shell ou Cyberpunk 2077 témoignent, entre autres, de la postérité de cette esthétique futuriste devenue incontournable.

Roy Batty, Rachael et des personnages devenus culte

Si Harrison Ford occupe le centre du récit dans la peau de Rick Deckard, plusieurs personnages secondaires ont eux aussi largement contribué à faire entrer le film dans la légende.

Rutger Hauer livre notamment une performance mémorable dans le rôle du réplicant Roy Batty, personnage auquel est associé le célèbre monologue des “larmes dans la pluie”. Sean Young, de son côté, incarne Rachael, dont l’existence participe directement aux interrogations du film sur les souvenirs et l’identité.

La fascination entourant Blade Runner a également été alimentée par ses différents montages. Pas moins de cinq versions du long-métrage existent, avec des différences parfois importantes dans la manière d’interpréter l’histoire. Certaines sont d’ailleurs devenues presque aussi célèbres que le film lui-même auprès des passionnés.

Cette longue redécouverte a largement contribué à réhabiliter l’œuvre de Ridley Scott. Sur AlloCiné, Blade Runner affiche aujourd’hui une belle note spectateurs de 4,2 sur 5.

De Blade Runner 2049 à Black Lotus

Avec un tel héritage, l’univers imaginé autour des réplicants ne pouvait évidemment pas en rester là. En 2017, soit 35 ans après le premier film, Denis Villeneuve s’est attaqué à la lourde tâche de lui donner une suite avec Blade Runner 2049.

Pour faire le lien entre les deux longs-métrages, trois courts ont également été conçus : 2036: Nexus Dawn, 2048: Nowhere to Run et Blade Runner: Black Out 2022. Ils reviennent sur certains événements survenus pendant les trois décennies séparant les histoires des deux films.

La franchise s’est ensuite développée à la télévision avec la série animée Blade Runner - Black Lotus, lancée en 2021 et située elle aussi dans cet univers. Attendue sur Prime Video le 25 novembre prochain, la mini-série Blade Runner 2099 est, quant à elle, l’un des événements les plus attendus de l’année.

Plus de quatre décennies après sa sortie, Blade Runner demeure ainsi bien davantage qu’un simple classique de la science-fiction. Son esthétique, ses personnages et surtout les questions qu’il pose sur la frontière entre l’être humain et la machine semblent même résonner avec encore plus de force à une époque où l’intelligence artificielle occupe une place croissante dans nos vies.

Blade Runner est actuellement à retrouver en streaming sur Prime Video, HBO Max, Molotov TV et Sooner, tandis que Blade Runner 2049 est notamment disponible sur HBO Max, Sony Pictures Core Amazon Channel et Molotov TV, ainsi que gratuitement avec publicité sur M6+.

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Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Thomas Imbert
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