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    Au service secret de Sa Majesté : pourquoi est-ce l'un des meilleurs James Bond ?
    19 févr. 2018 à 16:00
    Corentin Palanchini
    Corentin Palanchini
    -Chef de rubrique Infotainment
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    Diffusé ce lundi soir sur France Ô, "Au service secret de Sa Majesté" n'a pas forcément bonne réputation dans la saga James Bond, mais il faut aujourd'hui réévaluer ce qui est sans doute l'un des meilleurs 007.

    MGM/United Artists

    L'objectif n'est pas de commenter la genèse du film et la façon dont George Lazenby aurait obtenu le rôle ou se serait comporté sur le tournage (plus d'informations sur ce sujet ici). Mais Au service secret de Sa Majesté est encore aujourd'hui largement vu comme l'un des pires films James Bond. Or, il fait pourtant partie des meilleurs.

    L'histoire

    L'agent secret James Bond cherche toujours à arrêter le criminel Blofeld et attend de savoir ce que seront ses prochaines malversations. Pendant ce temps, Blofeld prévoit de détruire l’économie de la planète. Il promet une guerre bactériologique qu'il mettra en application grâce au virus Omega, créant une infertilité totale des plantes et des animaux ; à terme, il compte s'en prendre aux céréales et au bétail si on ne lui donne pas gain de cause. Installé dans un institut isolé, Blofeld met au point une "cure" qui fait en réalité partie de son plan. En parallèle, 007 vit une histoire d'amour avec la comtesse Tracy Di Vicenzo.

    Du rythme !

    Avec ses 2h16 au compteur, Au service secret de Sa Majesté est le troisième James Bond le plus long après Spectre (2015) et Skyfall (2012). Cependant, il ne manque pas de rythme, en grande partie grâce à son montage. Lors de la scène de repas où Bond est déguisé en généalogiste et dîne avec les jeunes femmes traitées dans l'institut du comte, la scène pourrait traîner mais il n'en est rien. Le montage nerveux sur les plats, le visage des intervenants, la table dans son ensemble rend le tout très digeste et d'une efficacité redoutable.

    D.R.
    Extrait de l'affiche du film

    Peter Hunt, réalisateur d'Au service secret de Sa Majesté est l'ancien monteur des 5 James Bond précédents. Maître de la représentation des scènes d'action, il va opter pour un découpage intensif d'une lisibilité et d'une fluidité absolues. Grâce à cette méthode, le long métrage garde un tempo qui tient en haleine même dans les moments les plus dénués d'action. Et puisqu'on en parle :

    Des séquences d'action époustouflantes

    C'est avant tout cela un James Bond et ici, comment être déçu par la succession de scènes d'action aussi variées : Bond piégé dans le mécanisme d’un téléphérique, une bagarre dans une réserve de cloches, un rallye sur glace, une course-poursuite contre une avalanche… Le spectateur en prend plein les yeux à intervalles réguliers, avec des cascades exécutées au millimètre.

    Mais la marque de fabrique du film ce sont aussi ces séquences aériennes à hélicoptères, filmées sur fond de lever de soleil, en vue d'attaquer par voie de ciel la base de Blofeld située en haut d’un pic alpin. L'occasion de rendre hommage au caméraman de ces séquences, Johnny Jordan, qui s'accrocha à un hélicoptère avec un parachute pour les tourner ! Il décéda quelques mois plus tard lors du tournage d'une cascade de Catch 22.

    Au service secret de sa Majesté Bande-annonce VO

     

    Un méchant froid comme la mort

    Il s'agit de Blofeld, personnage déjà mentionné dans Bons baisers de RussieOpération Tonnerre (voix), On ne vit que deux fois (joué par Donald Pleasence) et dans cet opus Telly Savalas. Il est le créateur du S.P.E.C.T.R.E. (Service Pour l'Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l'Extorsion) que l'on retrouvera dans tant de films de la saga. S'il y a un bémol au film, c'est bien dans l'équipe du méchant, qui est simplement accompagné par sa sbire Irma Bunt (Ilse Steppat). Dommage, car le projet d'une guerre bactériologique et l'interprétation sobre de Savalas apportent une certaine force au personnage de Blofeld, qui contrastent avec le jeu théâtral de Pleasence dans On ne vit que deux fois (1967).

    Du charisme... autrement

    Il est souvent reproché au film le manque de charisme de George Lazenby, mais il a eu la tâche difficile de remplacer Sean Connery, alors seule incarnation existante de James Bond à l'écran. Pire encore, Lazenby devait en plus montrer une autre facette de 007 : plus humaine, plus vulnérable, tout en gardant un aspect viril et surtout séducteur (poussé à l'extrême dans le film).

    D.R.
    James Bond contre Dr Blofeld (à gauche)

    Pourtant, le comédien australien ne démérite pas. Il parvient à insuffler une sophistication et une sobriété qui aurait pu lui manquer (rappelons que Lazenby n'avait aucune expérience de jeu avant ce rôle). Surtout, il remplace le héros increvable alors incarné par Connery par un homme à failles. Ce changement de direction du personnage a pu dérouter, d'autant que le film va encore plus loin :

    Un drame humain

    Il ne faut pas oublier que les films dans lesquels 007 nourrit de réels sentiments envers la gent féminine sont rares. On peut citer son attachement à Vesper Lynd (Eva Green) dans Casino Royale, mais seul Au service secret de Sa Majesté (le livre comme le film) osent le représenter marié. Cela montre un Bond plus romantique que la virilité exacerbée de Sean Connery dans les 5 films précédant celui de Peter Hunt.

    spoiler: Hélas dans "Au service secret de Sa Majesté", l'amour de Bond pour la comtesse (jouée par Diana Rigg, échappée du rôle d'Emma Peele de Chapeau melon et bottes de cuir) est brisé lors de la dernière scène du film. Désespéré, ce moment broie l'amour de James Bond en faisant assassiner la comtesse par Blofeld, qui a survécu au choc de l'arbre lors de la séquence de luge. Bond termine le film penché sur le cadavre de sa femme et déclare : "Ce n'est rien. Tout va bien, elle se repose. Rien ne presse, nous avons l'éternité devant nous". Puis le générique apparaît. La saga a rarement été aussi loin dans le tragique.

    D.R.
    James Bond en pleine mission d'infiltration

    Il faut rappeler que le refus de Lazenby de rejouer le personnage obligera les producteurs à aller repêcher Sean Connery (qui avait jeté l'éponge), puis à engager Roger Moore (enfin libéré de son contrat pour la série Le Saint qui l'empêchait d'être Bond plus tôt). Ceci encouragea un retour à la version précédente de 007, viriliste et macho. Il faudra attendre les films portés par Daniel Craig pour retrouver des développements sur la personnalité du personnage (malgré une tentative avec Permis de tuer).

    Un mot (final) sur la musique

    Pas de James Bond sans parler de son thème musical ! Comme Bons baisers de Russie avant lui (1963), Au Service secret de Sa Majesté fait le choix d'un thème instrumental évidemment signé John Barry, compositeur de la saga. Une ligne de basse, quelques trombones et une ligne rythmique permettent déjà  d'annoncer le choix de la sobriété et d'un aspect plus sombre que les précédents. Rappelons que les spectateurs sortaient à l'époque de la chanson douce You Only Live Twice par Nancy Sinatra. Changement de ton !

    Pour toutes ces raisons, redécouvrez Au service secret de Sa Majesté, ce lundi soir à 20h55 sur France Ô. Vous n'êtes pas disponible ce soir ? Le film sera rediffusé sur la même chaine le lundi 26 février à 23h05.

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    Commentaires
    • Mattyeux
      C'est le premier 007 que mon père m'a fait découvrir quand j'étais petit, et tout de suite j'y ai retiré ce qu'aujourd'hui encore je considère être le sel de cette sage et de son univers.Tout y est: gadgets, humour british, décors, méchant et plan machiavéliques, femmes à charme... Sans oublier le thème qui est un de mes préférés!
    • Karim M.
      Le meilleur JB for my eyes only :-) où la James Girl n’est pas une cruche déshabillée qui s’allonge en un claquement de doigt mais une femme forte et moderne. A l’instar du 1er Casino royal, ce JB est un ovni tant pour sa dimension romantique, qu’éthique : n’oublions pas que JB fricote avec un « parrain » (et beau-père de surcroît) pour lancer l’assaut contre Blofeld : des criminels tels la 7eme Cavalerie partent sauver l’humanité dans un ballet d’hélicoptère faisant penser à Apocalypse Now. Et n’oublions pas la plus longue scène de poursuite à ski du cinéma ... the best for ever
    • Ardath Bey
      Je peux comprendre ça, quand j'ai vu que Daniel Craig reprenait le rôle j'étais un peu dégouté car je trouvais qu'il ne collait absolument pas au personnage. Et au final c'est un de mes préférés. Après ce qui est bien avec Bond c'est qu'on a déjà eu pas mal d'interprètes ( six, si je ne dis pas conneries (sean, super blague), voire 7 si on compte David Niven dans le premier Casino royale de1967 )et donc le public est prêt à ça et sait que son chouchou ne restera jamais éternellement dans le rôle, ce qui est plutôt cool.
    • Madolic
      Ah d'accord au temps pour moi !J'avais pas compris ça comme ça ;)
    • Chocasse
      Arf, on à tous notre Bond à nous selon plein de paramètres à prendre en compte j'imagine. Mon allergie à Craig est assez inexplicable à titre d'dxemple.
    • Samuel V.
      J'ai jamais été fan de ce James bond, j'aime bien Lazenby mais il fait tache en James bond. Les passages où le personnage attend en lisant une revue porno me gênent et un peu (ça manque de classe pour un James bond) et repart en emportant le poster du milieu de magazine.... C'est non pour moi.Je passe sur le fait qu'il étale son caviar comme si c'était des rillettes, passe de chambre en chambre pour séduire diverses donzelles en déblatérant le même discours de dragueur de bord de plage (d'un niveau ton père est un voleur...).Bref si les acteurs sont bons le film est plein à craquer de maladresses et frôle parfois bon la parodie sans pour autant s'y plonger ce qui donne un film constamment le c... entre deux chaises.
    • Samuel V.
      C'est marrant j'ai toujours dis qu'ils avaient réussis avec Craig ce qu'ils avaient tentés de faire avec Dalton mais le public n'était pas près.Dalton apporte un James bond plus noir, plus sanguin et violent, malheureusement après le très (trop) coloré Roger Moore ça a été difficile.
    • greg P.
      Non du tout ! C’est l’affirmation qui m’étonne et non la construction de l’article, bien sûr que le type a le droit d’exposer son avis, de là à dire que c’est l’un des meilleurs, faut pas pousser mémé dans les orties
    • Duke3DVD
      La musique a surtout été reprise dans Les Indestructibles.
    • sptz
      de mon coté, c'est surtout que sa qualité ma surprise, car on me l'avait vendu comme le pire james bond, alors que loin de la, le film est effectivement très bien. est il mon james bond préféré, non, mais il est difficile de ce faire plus apprécier que les autres en seulement un film. est ce un bon james bond et est ce que je le conceil, un grand oui :) surtout que c'est le seul bond (il me semble) ou on explique le changement de tête de bond par la chirurgie esthétique :)
    • Madolic
      Oui donc en gros les articles sponsorisé pour faire du clic ça ne vous plaît pas. Mais les articles un minimum construit pour donner une opinion ça ne vous plaît pas non plus vu que ça ne va pas dans votre sens? Ils sont mal barré chez Allociné^^
    • Docteur_Kino
      il faut aujourd'hui de réévaluer...ah bon ? ok de réévaluons alors ! ^^ ...
    • Docteur_Kino
      le meilleur James Bond, c'est True Lies
    • kev0073
      Les deux interprétations sont différentes bien sûr, mais se rapproche par la violence qu'elles dégagent, je trouve. Quand on voit les scènes de rage du Bond de Dalton, après l'accident de Felix Leiter ou lorsqu'il éclate le ballon où est inscrit Smiert spionam dans Tuer n'est pas jouer, il me fait penser à Craig. Mais c'est aussi peut être par le fait que ce sont sans doute les deux acteurs qui sont les plus proches des bouquins de base. Leurs inspirations sont identiques, donc c'est normal que l'on peut reconnaître quelques similitudes, sans tomber dans la copie conforme, bien sûr.
    • Mr. Piggy
      un de mes Bond préférés ... et Lazenby s en sort très bien (même si je préfère Connery et Craig) .
    • .Francky.
      le film été sympas mais l'acteur bof y'a pas mieux que connery et moore en bond
    • Ardath Bey
      C'est ce que dirait paris match ou le figaro. Ca met pas mal de gens d'accord.
    • Ardath Bey
      Y'a pas besoin de réconcilier qui que ce soit sur ce forum, chacun n'en fait qu'à sa guise de toutes façons. Mais au moins tu as le mérité d'avoir des goûts originaux.
    • demoph
      Pas tout à fait d'accord sur la comparaison entre Dalton et Craig. Je trouve que Dalton est très classe, le plus classe anglaise après Moore, et donne moins l'impression d'avoir souffert toute sa vie que Craig dont le James Bond exulte surtout lorsqu'il est torturé. Mais je pense que ce sont les deux acteurs qui parviennent à jouer le plus de facettes du personnages, aidé par des scripts qui sont vraiment centré sur la psychologie du personnage. Ce sont les seules James Bond dont on a l'impression qu'ils séduisent par amour et non par érotisme.
    • kev0073
      J'aime aussi beaucoup ce qu'a apporté Timothy Dalton, dont son interprétation, est pour moi, celle de Daniel Craig mais 20 ans trop tôt.De toute façon, en tant que gros fan de la franchise, j'aime tout^^.
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