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    A l'intérieur sur France 2 : que vaut la série thriller qui se déroule dans un hôpital psychiatrique ?

    Enquête de meurtre au cœur d'une clinique psychiatrique dans "A l'intérieur", la série de rentrée de France 2 avec Béatrice Dalle. Mérite-t-elle que l'on se penche sur son cas ?

    Gilles Scarella - France Télévisions - Elzévir Films

    De quoi ça parle ?

    Une jeune fille - Ana - est retrouvée morte dans une clinique psychiatrique, la veille du jour de sa sortie. Le cœur arraché. Angèle, 29 ans, est chargée de l’enquête. C’est sa première mission, elle sera seule à la mener. On ne rentre pas à plusieurs dans ce genre d’endroit quand on est flic, car il n’est pas simple d’interroger des “fous”. La folie fait peur et rebute. Mais pas Angèle. Elle se sent bien « à l’intérieur », et ces « fous » sont pour elle attachants, vivants, drôles. Presque plus que les gens « normaux » qu’elle côtoie tous les jours dehors...

    Tous les lundis soirs sur France 2 à 21h05 à partir du 26 août. 6 épisodes.

    C'est avec qui ?

    Le rôle de la jeune enquêtrice a été confié à la suissesse Noémie Schmidt, révélée en 2015 dans L'étudiante et monsieur Henri et vue il y a quelques mois dans le film Netflix Paris est à nous. Sa boss est incarnée par Béatrice Dalle, rare à la télévision en dehors de son apparition dans son propre rôle dans la saison 3 de Dix Pour Cent. Pour les entourer, une belle brochette d'acteurs tout aussi talentueux comme Emilie DequenneFlorence Thomassin, Mylène DemongeotHippolyte Girardot ou encore Grégoire Leprince-Ringuet.  

    ça vaut le coup d'oeil ?

    Non, la série de France 2 A l'intérieur n'est pas l'adaptation du film d'horreur éponyme, déjà avec Béatrice Dalle, sorti en 2007. Et on aurait sans doute preféré qu'elle lorgne plus de ce côté, tant la promesse d'un thriller sanglant était alléchante sur le papier de la part de la chaîne publique. Il faut malheureusement se contenter d'un divertissement assez peu ambitieux dans sa mise en scène, absolument pas gore, ce qui ne surprendra personne en réalité. Mais quelques expérimentations récentes de France 2 dans le genre comme Zone Blanche ou Les Rivières Pourpres pouvaient laisser présager une prise de risques plus élevée sur un tel projet.

    Passé cette déception, on peut reconnaître aux premiers épisodes une certaine efficacité, et aux derniers, sans trop en dire, une résolution discutable mais indiscutablement étonnante. Ce qui fonctionne, c'est que tous les résidents de cette clinique psychiatrique sont des coupables crédibles; les révélations sont bien dosées et les cliffhangers donnent envie d'y retourner, même quand on est circonspects face à ce spectacle régulièrement embarrassant. Car si les acteurs sont bons, ils ne parviennent pas toujours à sauver des personnages qui ne sont définis que par leur maladie. La somme des patients, ici traités comme des suspects, ressemble à un inventaire de tous les troubles mentaux possibles, de l'érotomanie à la schizophrénie, où tous se côtoient dans un joyeux bordel sans doute peu représentatif de la réalité. La folie reste un tabou dans notre société, et les auteurs n'ont visiblement aucune intention de le briser. Ils se contentent d'en reproduire les clichés, en espérant nous faire sourire au passage quand ils n'essayent pas de nous effrayer. La clinique n'est qu'une arène, un prétexte, pour proposer une enquête dans un semi huis clos. C'est assez regrettable.

    Difficile de ne pas penser à la série Les Témoins, dont les deux saisons avaient été proposées par France 2 également, mais avec une écriture et une mise en scène plus maîtrisées. Les deux héroïnes sont semblables, toutes deux obsessionnelles. On nous ressort ainsi le motif éculé de la flic qui ne jure que par son enquête, au point d'abandonner sa vie privée, d'inquiéter ses proches, et que seule la vérité peut sauver. La prestation de Noémie Schmidt est tout à fait respectable, celle de Béatrice Dalle, dans celui de son mentor, est décevante. Essentiellement parce ce qu'elle est trop en retrait et parce qu'on ne lui offre aucune occasion de briller. Un gâchis pour un duo qui avait pourtant du potentiel. Au bout du compte, on se dit que la moins exposée série d'OCS HP, diffusée l'an dernier, avait bien plus à offrir sur ce thème rarement traité. 

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