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    Terminator, Roger Rabbit, Predator... Ces licences culte bientôt à vendre ?
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Disney, Fox, Warner Bros, Paramount, et d'autres, risquent de perdre les copyrights d'oeuvres culte des années 1980. Motif ? Les auteurs / scénaristes font valoir leurs droits de propriété intellectuelle 35 ans après avoir cédé ces mêmes droits.

    Hemdale Film Corporation / Warner Bros. / Touchstone

    Ces derniers jours chez Warner Bros., Disney, Fox et la société Skydance, c'est certainement la soupe à la grimace qui est au menu... Motif ? Ces Majors / société sont en effet en passe de perdre les copyrights de films des années 1980. Et pas n'importe quels films : Terminator, BeetlejuiceQui veut la peau de Roger Rabbit ?, Predator, Piège de cristal...

    Dans le cas de Terminator, la scénariste et productrice du film, Gale Ann Hurd, a fait valoir ses droits sur la licence, et donc mis fin à 35 ans de copyrights sur le film détenu par le studio. Le PDG de la société Skydance Media, David Ellison, avait acheté en 2011 les droits de la franchise Terminator à sa soeur, Megan Ellison, pour un montant de 20 millions de dollars. Si Skydance perd les droits, elle ne pourrait plus produire de film autour de la licence à partir de novembre 2020. Même si James Cameron est coproducteur du prochain volet, Terminator : Dark Fate, et qu'il a donc son mot à dire en tant que réalisateur et scénariste de Terminator, Skydance va devoir se mettre à table avec Gale Ann Hurd pour renégocier le contrats sur la licence.

    La récupération des droits / propriété intellectuelle par une personne n'est pas une nouveauté. En 1976, le Congrès américain a amendé la loi concernant les copyrights, permettant aux auteurs de récupérer les droits de leurs oeuvres après quelques décennies. Jusqu'à maintenant, cette possibilité a semble-t-il surtout été largement utilisée par des artistes musiciens, mais pas par les scénaristes. La loi leur donne donc la possibilité de réclamer les copyrights passé 35 ans. Nous avions d'ailleurs longuement évoqué cet épineux problème dans un cas tout à fait symbolique, celui de la firme Disney, qui ferraillait pour garder les droits sur le personnage de Mickey, créé en 1928 et emblème absolu de la société. Des droits qui, soit dit en passant, arrivent à échéance en 2023...

    Puisque l'on parle de Disney, la firme a le même problème avec le film Qui veut la peau de Roger Rabbit ? L'auteur du roman (très noir au passage, nous en avions parlé ici pour les 30 ans du film), Gary K. Wolf, qui avait cédé les droits à Disney pour le film, veut les récupérer. Quant à Beetlejuice, les héritiers du scénariste Michael McDowell veulent faire de même pour le script du film de 1988. Du côté de la Fox, c'est la famille de Roderick Thorp qui s'agite. Ce dernier est l'auteur d'un roman intitulé Nothing Lasts Forever, dont les droits furent achetés par la Major et qui donna cette pépite cinématographique que fut Piège de cristal...

    C'est une hémorragie qui se profile, car ce problème touche aussi le film Predator, Les griffes de la nuit... Des auteurs / scénaristes comme le grand Stephen King lui-même ou David Mamet, sont sur les starting-blocks pour faire valoir leurs droits. Pourquoi un tel embouteillage ? Le Hollywood Reporter précise que la volonté de récupérer la propriété intellectuelle par les auteurs doit être notifiée selon un timing précis.

    Quel avenir pour ces licences ? Les studios ne bougeront certainement pas tant que la situation ne sera pas clarifiée d'un point de vue légal, d'autant que les auteurs ayant récupéré la propriété intellectuelle de leurs oeuvres devraient en toute logique chercher à capitaliser dessus. "Etant donné que les auteurs ont deux ans avant échéance pour signifier leur envie de récupérer les droits, cela laisse deux ans aux studios pour s'activer ou perdre la licence" explique Larry Zerner, un avocat spécialisé dans l'univers de Entertainment et interrogé par le Hollywood Reporter.

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