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    Le Chateau ambulant sur Netflix : un voyage plein de magie signé Miyazaki et Ghibli
    Par Maximilien Pierrette (@maxp26) — 24 avr. 2020 à 10:30
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    Après le succès public et critique du "Voyage de Chihiro", Ghibli et Hayao Miyazaki étaient attendus au tournant avec leur opus suivant. Le résultat s'appelle "Le Château ambulant", et c'est une merveille qui n'a rien perdu de sa richesse.

    Ghibli
    DE QUOI ÇA PARLE ?

    La jeune Sophie, âgée de 18 ans, travaille sans relâche dans la boutique de chapelier que tenait son père avant de mourir. Lors de l'une de ses rares sorties en ville, elle fait la connaissance de Hauru le Magicien. Celui-ci est extrêmement séduisant, mais n'a pas beaucoup de caractère... Se méprenant sur leur relation, une sorcière jette un épouvantable sort sur Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans. Accablée, Sophie s'enfuit et erre dans les terres désolées. Par hasard, elle pénètre dans le Château Ambulant de Hauru et, cachant sa véritable identité, s'y fait engager comme femme de ménage. Cette "vieille dame" aussi mystérieuse que dynamique va bientôt redonner une nouvelle vie à l'ancienne demeure. Plus énergique que jamais, Sophie accomplit des miracles. Quel fabuleux destin l'attend ? Et si son histoire avec Hauru n'en était qu'à son véritable commencement ?

    POURQUOI ON AIME ?

    Au début du XXIe siècle, Ghibli et Hayao Miyazaki sont au sommet de leur art : lauréat du prestigieux Ours d'Or au Festival de Berlin en 2002, puis de l'Oscar du Meilleur Film d'Animation l'année suivante, Le Voyage de Chihiro attire 1 436 845 spectateurs en France (deuxième meilleur score de l'Histoire du studio juste derrière Ponyo) et devient, avec 275 millions de dollars cumulés entre 2001 et 2004, le plus gros succès animé japonais dans le monde, titre que lui ravira Your Name en 2018. Un palmarès vertigineux qui témoigne d'un changement de statut hors du Japon et accroît l'attente autour du prochain opus du réalisateur. Lequel, contrairement à ce que peuvent laisser penser les dates de sortie dans l'Hexagone, n'est pas Le Château dans le ciel, produit en 1986 et inédit dans les salles hexagonales jusqu'en 2003. Mais nous n'en sommes pas vraiment loin au niveau du titre.

    Car à cette sortie succède, le 12 janvier 2005 en France, celle du Château ambulant, qui ne met pas longtemps à nous rassurer sur un point : l'imagination d'Hayao Miyazaki est intacte et paraît même plus riche que jamais, tant le long métrage fourmille de trouvailles avec un rythme plus soutenu que dans d'autres films, plus lents. Malgré une durée (1h59) qui peut nécessiter une visionnage en deux parties pour les plus jeunes, celui-ci reste l'un des plus accessibles pour le grand public. Et il constitue une belle porte d'entrée sur l'œuvre du studio et de son réalisateur iconique, que vous aurez sans aucun doute envie d'explorer davantage après avoir vibré aux côtés de Sophie et Hauru, le temps d'un récit qui rappelle autant Le Magicien d'Oz (avec son épouvantail, sa sorcière, son illusionniste, son histoire de cœur, son voyage…) qu'il s'avère être du pur Ghibli, alors qu'il s'agit de l'adaptation d'un roman de la britannique Diana Wynne Jones paru en 1986.

    Ghibli
    Le saviez-vous ? Dans la version anglo-saxonne, Sophie jeune et Hauru sont doublés par Emily Mortimer et Christian Bale.

    L'heroic fantasy s'y marie toujours avec le steampunk et le fond de l'histoire est pacifiste, comme si Miyazaki voulait répondre aux guerres alors menées par les États-Unis contre l'Afghanistan et l'Irak. De la même manière que chez Chihiro, il est question d'un voyage, physique et psychologique, peuplé de créatures inquiétantes et aux formes parfois grotesques. Mais il y a davantage de folie et, non content d'être très drôle grâce au démon enflammé Calcifer et à l'épouvantail à tête de navet, Le Chateau ambulant se révèle être à l'image de la bâtisse d'Hauru qui donne son titre au long métrage et apparaît dès la première image : l'ensemble peut paraître surchargé, déséquilibré et fouillis, mais il n'en est rien malgré un récit qu'un twist vient complexifier dans le dernier acte. Le cinéaste, que l'on a connu plus pessimiste, paraît ici libéré et en pleine possession de ses moyens avec ce projet qu'il a mûri pendant de nombreuses années.

    C'est peut-être grâce ce long temps nécessaire à sa gestation que Le Chateau ambulant paraît aussi abouti, jamais écrasé par une richesse visuelle, narrative et thématique qui peut demander plusieurs visionnages pour en saisir la totalité. Ou nous parler différemment au gré de l'évolution de notre sensibilité. Déconseillé aux moins de 10 ans, le long métrage est un feu d'artifice qui peut émerveiller enfants, adolescents et adultes, à des degrés divers. Quinze ans après sa sortie, il n'a rien perdu de sa puissance ni de sa magie, et Calcifer reste l'un des personnages les plus réussis d'un studio qui n'en manque pas, de Totoro à Ponyo en passant par le chat de Kiki la petite sorcière. S'il ne fait que trop rarement partie des opus les plus cités du studio aux côtés du Voyage de Chihiro, de Princesse Mononoké ou du Tombeau des lucioles, il s'agit pourtant de l'un de ses joyaux. Une machine merveilleuse mûe par le cœur de son créateur, sur l'écran comme en-dehors, et qui ne semble pas prête de rouiller ni de voir son éclat se ternir.

    Le Chateau ambulant est visible sur Netflix

    Le Château ambulant
    Le Château ambulant
    Sortie le 12 janvier 2005 | 1h 59min
    De Hayao Miyazaki
    Presse
    4,3
    Spectateurs
    4,3

    Retrouvez le classement des films Ghibli selon les internautes d'AlloCiné en cliquant ici.

    La bande-annonce du "Chateau ambulant"…

    Le Château ambulant Bande-annonce VF

    … et sa bande-originale signée Joe Hisaishi :

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    Commentaires
    • Melnibonéen
      Très bonne critique de ce magnifique film.
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