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    Harlan Coben sur Netflix : sa prochaine série Disparu à jamais sera française [INTERVIEW EXCLUSIVE]
    Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 10 juil. 2020 à 10:35
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    Après la polonaise "Dans les bois", c'est en France que l'auteur Harlan Coben va adapter sa prochaine série Netflix, d'après son roman "Disparu à jamais" ("Gone for good"). On retrouvera notamment au casting Nicolas Duvauchelle et Guillaume Gouix.

    Carole Bethuel / Jour2fête / Mars Films

    Après SafeIntimidation et Dans les bois, l'auteur de best-sellers à succès Harlan Coben va renouer avec la France pour sa prochaine adaptation en série pour Netflix. 18 ans après sa publication, c'est son roman Disparu à jamais (Gone For Good en VO) qui a été choisi pour une version se situant de nos jours et délocalisée à Nice. Ce sont les scénaristes français David Elkaïm (Les sauvages) et Vincent Poymiro (Ainsi soient-ils) qui se sont chargés de l'adaptation, en collaboration avec Pauline Guena,
    Nacim Mehtar et Marion Festraëts, sous la supervision de Coben en tant que producteur exécutif. Juan Carlos Medina réalisera les 5 épisodes de 50 minutes. La production a été confiée à Calt Studio (Xavier Matthieu). Le tournage devrait démarrer en septembre pour une arrivée sur la plateforme courant 2021.

    Dans ce polar considéré comme l'une des oeuvres de Coben les plus sombres, Guillaume Lucchesi (Finnegan Oldfield), la trentaine, pensait avoir tiré un trait sur le drame terrible au cours duquel les deux êtres qu’il aimait le plus ont trouvé la mort: Sonia (Garance Marillier), son premier amour, et Fred (Nicolas Duvauchelle), son frère. Dix ans plus tard, Judith (Nailia Harzoune), dont l’amour lui a permis de reprendre goût à la vie, disparaît pendant les funérailles de sa mère. Pour la retrouver, Guillaume va devoir
    affronter toutes les vérités que les siens lui ont cachées, mais aussi celles qu’il a depuis
    longtemps décidé d’ignorer. Pour le meilleur, et surtout pour le pire. Guillaume GouixGrégoire Colin et Tomas Lemarquis complètent la distribution principale. 

    Pour rappel, Harlan Coben avait signé en 2018 un contrat inédit avec Netflix pour développer en séries ou en films 14 de ses romans alors qu'il en a écrit plus d'une trentaine. En France ont déjà été adaptés avec succès Ne le dis à personne en 2006, Une chance de trop et Juste un regard pour TF1 en 2015 et 2017.

    Bruno Bebert / Bestimage

     

    NOTRE INTERVIEW EXCLUSIVE D'HARLAN COBEN

    Pourquoi avoir choisi d'adapter ce roman en particulier, parmi toutes les possibilités qui s'offraient à vous ?

    C'est une adaptation à laquelle je pense depuis longtemps à vrai dire et j'ai eu le sentiment que c'était le bon moment pour se lancer. Puis nous avons trouvé la bonne équipe pour le faire donc tout s'est décidé naturellement. Nous avons le même objectif : divertir et émouvoir.

    Qu'est-ce qui différencie cette histoire de celles que vous avez racontées et adaptées précédemment ?

    On retrouve bien sûr tous les ingrédiens habituels de mes romans qui ont plu au public, à commencer par le suspense; je pense que c'est une série qui va se binge-watcher très bien d'ailleurs de ce point de vue. Cette histoire et son mystère se déroulent sur plusieurs années, c'est une histoire de famille avant tout, une histoire d'amour aussi et c'est sans doute plus sombre encore que ce que je propose d'habitude, plus profond aussi... C'est plus que des rebondissements et des surprises.

    L'histoire du roman se situait dans le New Jersey. Elle a d'abord été délocalisée à Paris mais ce sera finalement à Nice. A quel point cela a changé l'histoire originale ?

    C'est la 4e fois qu'un de mes livres est adapté en France donc je commence à être rodé à l'exercice. J'ai toujours trouvé ça relativement simple en réalité. Mes histoires américaines se marient bien à la sensibilité française et sa tradition du polar, je trouve. Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, changer le lieu de l'action ça donne toujours plus d'envergure à l'histoire, c'est un plus. Il faut s'adapter à la culture locale et c'est un travail passionnant. La comparaison que j'ai en tête c'est que c'est comme si j'avais écrit un tube et qu'un groupe français en faisait une reprise. On n'a pas envie que ça sonne exactement pareil. On a envie de retrouver ce qu'on a aimé dans la chanson originale mais on a aussi envie d'entendre quelque chose de singulier, avec son âme propre. Quant au changement de Paris à Nice, ça va être intéressant en terme d'atmosphère puisque ce sont deux villes très différentes.

    Est-ce que vous allez conserver la fin du livre pour la série ?

    Je ne souhaite pas trop en dire sur la fin mais je fais toujours en sorte de changer certains aspects, plus ou moins importants, pour créer la surprise à ceux qui ont lu le livre et qui pensent savoir exactement comment ça va se terminer. Mais nous sommes encore en train de la peaufiner avec les scénaristes et je leur fais entièrement confiance.

    Le livre a été écrit en 2002. Beaucoup de choses ont eu lieu depuis. La perception de la violence faite aux femmes par exemple a évolué. C'est un des thèmes du livre. Avez-vous pris en compte ces changements dans la société pour l'adapter à notre époque ?

    J'ai été surpris, en m'y replongeant, de constater combien il était encore d'actualité alors que 20 ans ont passé. A la fois tout a changé et rien n'a changé. Alors oui, nous avons pris tout ça en compte. Les choses ne se font plus tout à fait de la même manière, on ne dit plus forcément les choses de la même façon non plus, la technologie a évolué... 

    Avez-vous participé au casting des comédiens de cette adaptation ?

    On m'a fait des propositions, j'ai jeté un oeil à leurs projets précédents et j'ai validé les choix. J'en connaissais déjà certains. Ce que j'aime en tout cas c'est que ce sont des comédiens qui ont tous en eux quelque chose d'assez brute et extrême. Ils vont former une troupe cohérente, je crois.

    Qu'est-ce qui vous plait le plus dans le fait d'adapter vos propres oeuvres ?

    J'y prends encore plus de plaisir qu'écrire aujourd'hui ! L'écriture est une activité très solitaire, ce qui peut-être une épreuve parfois. C'est comme dans le sport en fait : quand on gagne dans un sport individuel, c'est formidable mais on gagne seul. Quand on fait un sport collectiif, et écrire une série c'en est un d'une certaine manière, on fait partie d'une équipe et on gagne en équipe. On s'amuse ensemble. Et ça me plaît. Par exemple, je suis très heureux et fier pour tout ce que Guillaume Canet a accompli en tant que réalisateur depuis Ne le dis à personne. J'espère toujours que nos travaux communs les ont aidés. Moi je sais que ça m'a beaucoup épanoui. 

    Et le plus dur ?

    Ecrire une histoire, c'est toujours compliqué. Déjà sous forme de roman, alors encore plus sous forme de série. Et puis on pourrait croire qu'adapter une histoire est plus simple que créer une histoire originale mais d'après mon expérience, ce n'est pas le cas, du tout. il faut reprendre son livre, le déchirer et recoller les morceaux mais différemment. Il faut faire des tas de compromis tout le temps et ce n'est pas simple.

    Avez-vous l'intention de venir sur le tournage de "Disparu à jamais" ?

    Je l'espère sincèrement mais comme vous le savez pour le moment je ne peux pas voyager, je ne peux même pas entrer sur votre territoire. D'ici là, la situation sanitaire aura évolué j'espère. Je viens toujours sur les tournages de mes adaptations, je fais même un petit caméo en général voire j'incarne un petit rôle. Je croise les doigts. Netflix est très arrageant cela dit, je reçois des images de tournage tous les jours ou presque, comme c'est le cas actuellement avec Innocent qui se filme en Espagne. 

    Propos recueillis le 7 juillet

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    Commentaires
    • meiyo
      Je n'en ai lu qu'un et il ne m'a pas transcendé. Typiquement le genre de bouquin qui finit adapté sur TF1.
    • FlecheDeFer ..
      Par curiosité, j'ai lu deux de ses romans: à l'exception des noms des personnages et des noms des lieux, c'était exactement le même... J'en suis resté là.
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