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    Charmed sur Syfy : que vaut le reboot de la série culte ?
    24 sept. 2020 à 09:00
    Jérémie Dunand
    Jérémie Dunand
    -Chef de rubrique télé / Journaliste
    Passionné de séries en tous genres, mais aussi d'horreur et de teen movies, Jérémie Dunand a été biberonné aux séries ados et aux slashers des années 90, de Buffy à Scream, en passant par Dawson. Chef de rubrique télé, il écrit aujourd'hui principalement sur les séries et unitaires français.

    Lancé en 2018 aux États-Unis sur la chaîne The CW, le reboot de "Charmed" arrive enfin en France ce soir sur Syfy. Cette nouvelle version des aventures des sorcières unies par le Pouvoir des Trois vaut-elle le détour ? Voilà notre avis.

    The CW

    De quoi ça parle ?

    Après la mort de leur mère, Mel, Maggie et Macy découvrent qu'elles sont les descendantes d'une lignée de sorcières. Mel peut figer le temps, Maggie commence à entendre les pensées les plus secrètes des gens qui l'entourent, et Macy possède des pouvoir télékinétiques. Avec l'aide d'Harry, leur Être de Lumière, les trois soeurs vont apprendre à utiliser leurs pouvoirs surnaturels et découvrir la vérité sur la mort de leur mère. Grâce au Pouvoir des Trois, elles sont plus fortes ensemble, mais entre les démons à massacrer et le patriarcat à mettre à mal, leur quotidien s'annonce tout sauf tranquille. D'autant plus qu'elles ne sont pas vraiment préparées à affronter ce qui les attend.

    Tous les jeudis à 21h sur Syfy à partir du 24 septembre

    À quoi ça ressemble ?

     

    C'est avec qui ?

    Pour succéder à Shannen Doherty, Alyssa Milano, Holly Marie Combs, et Rose McGowan, la chaîne américaine The CW et les producteurs de Charmed ont choisi Melonie Diaz, Madeleine Mantock, et Sarah Jeffery pour incarner les trois héroïnes sorcières de cette nouvelle version de la série culte des années 90 et 2000. Des visages peu connus du grand public mais qui se sont tout de même déjà illustrés dans pas mal d'autres films ou séries auparavant puisque Melonie Diaz (Mel) a notamment joué dans les longs métrages Fruitvale Station et A Guide to Recognizing Your Saints, tandis que Madeleine Mantock (Macy) a tenu des rôles réguliers dans les séries The Tomorrow People et Into the Badlands. Quant à Sarah Jeffery (Maggie), elle a incarné la fille de Jennifer Lopez dans le drama policier Shades of Blue et a fait partie de l'aventure Descendants, et de ses suites, sur Disney Channel.

    Face à elles, les téléspectateurs curieux de ce reboot retrouveront le Britannique Rupert Evans (The Man in the High Castle) dans la peau d'Harry, l'Être de Lumière des trois soeurs, Ser'Darius William Blain (Jumanji : Bienvenue dans la jungle et Jumanji : Next Level) dans le rôle de Gavin, le love interest de Macy, ou encore Valerie Cruz, qui prête pour sa part ses traits à la mère défunte de Mel, Macy, et Maggie, qui apparaît de manière récurrente au fil des deux premières saisons pour l'instant diffusées outre-Atlantique (une troisième fournée a d'ores et déjà été commandée).

    CW

    Ça vaut le coup d'oeil ?

    À l'ère des reboots et autres remakes à n'en plus finir, de Magnum à Dynastie, en passant par Roswell, New Mexico et les nouvelles versions à venir de Gossip Girl et de Walker, Texas Ranger, une revisite de Charmed paraissait inévitable étant donné le succès assez phénoménal rencontré par la série originale produite par Aaron Spelling (Beverly Hills) et créée par Constance M. Burge. Diffusée de 1998 à 2006 sur The WB aux États-Unis, et en France sur M6 au sein de la fameuse Trilogie du samedi, Charmed n'avait pourtant rien du chef-d'oeuvre (loin de là), mais ses intrigues divertissantes, taillées pour plaire aux plus jeunes, ainsi que ses actrices adorées du public et son trio d'héroïnes badass et attachantes (ce qui n'était pas si répandu à l'époque) en ont rapidement fait un objet culte pour toute une génération. Seulement, tout cela manquait cruellement de fond et, passées les trois ou quatre premières saisons, la série est tout bonnement devenue irregardable, accumulant opportunisme d'un goût douteux (comme l'introduction d'une école de sorcellerie à la Harry Potter) et développements scénaristiques ridicules (oui, sirènes et autres déesses, c'est notamment à vous que nous pensons).

    Alors, lorsqu'il y a deux ans la chaîne The CW (Riverdale, Flash) a annoncé la commande d'une nouvelle version ancrée dans l'époque actuelle post-affaire Weinstein, l'idée de voir les trois soeurs revenir sous une forme plus moderne, plus féministe, et plus woke était plutôt intrigante et semblait faire sens sur le papier. D'autant plus que Jennie Snyder Urman, la créatrice de l'excellente Jane The Virgin, faisait partie des scénaristes aux commandes de ce Charmed version 2018. Mais une série très moyenne peut-elle réellement donner naissance à un reboot réussi ? À en juger par les deux premières saisons de cette nouvelle mouture qui débarque enfin en France ce soir sur Syfy, pas vraiment. Malgré une bonne dose d'humour, un nouveau trio - les soeurs Vera - qui tente de faire oublier les Halliwell, et une volonté plus que louable de proposer à son public des exemples inspirants de jeunes femmes libres et issues des minorités, ce reboot est bien peu enthousiasmant, tant tout sonne "cheap" et assez caricatural.

    Diyah Pera/The CW

    Le rythme et les effets spéciaux semblent tout droit sortis des années 90, l'aspect fantastique et mythique de la série manque de piquant et, paradoxalement, de magie, et les intrigues déployées dans les premiers épisodes, à l'aide de répliques et de références parfois maladroites au mouvement Me Too, ont un petit côté "féminisme pour les nuls" un poil gênant. Car si on aime que les trois héroïnes ne soient pas blanches, qu'elles aient des orientations sexuelles diverses, et qu'elles chassent autant le patriarcat que les démons, on aurait par exemple aimé que le personnage de Mel, lesbienne et féministe ultra engagée, si nécessaire à la série et à son propos, soit traité avec un peu plus de subtilité.

    Côté casting, si les trois héroïnes parviennent heureusement à se révéler petit à petit attachantes (notamment grâce à leurs intrigues personnelles et amoureuses), l'achimie entre leurs interprètes, Melonie Diaz, Sarah Jeffery, et Madeleine Mantock, n'est jamais très flagrante. Et c'est finalement Rupert Evans, déjà très bon dans The Man in the High Castle, qui tire son épingle du jeu dans la peau de l'Être de Lumière des trois soeurs, Harry, qui évoque davantage Giles dans Buffy que le fadasse Leo du Charmed original. Heureusement, après une première saison assez problématique, souvent stupide et soporifique, ce reboot semble avoir davantage trouvé son identité en saison 2, avec une intrigue feuilletonnante plus fouillée et plus sombre, et de nouveaux visages qui font du bien à l'histoire. On est toujours loin du chef-d'oeuvre, c'est toujours aussi inoffensif, mais le gain en qualité est bel et bien là et nous laisse espérer une saison 3 pas trop honteuse. Mais les téléspectateurs de Syfy auront-ils le courage de tenir jusqu'à la saison 2, qui devrait être diffusée dans la foulée de la première ? Rien n'est moins sûr.

    Sarah Jeffery nous présente le reboot de Charmed qui débarque sur Syfy :

     

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