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    Emily in Paris (Netflix) : son expérience américaine, la polémique... Victor Meutelet nous dit tout
    Jérémie Dunand
    Jérémie Dunand
    -Chef de rubrique télé / Journaliste
    Passionné de séries en tous genres, mais aussi d'horreur et de teen movies, Jérémie Dunand a été biberonné aux séries ados et aux slashers des années 90, de Buffy à Scream, en passant par Dawson. Chef de rubrique télé, il écrit aujourd'hui principalement sur les séries et unitaires français.

    En plus d'une actualité très chargée à la télé depuis la rentrée avec "Grand Hôtel" et "Le Mensonge", Victor Meutelet joue Timothée, le frère de Camille, dans l'épisode 8 d'"Emily in Paris". Il nous a parlé de cette première expérience en anglais.

    Carole Bethuel/Netflix

    Disponible sur Netflix depuis le 2 octobre, la série Emily in Paris, portée par Lily Collins et créée par Darren Star (Sex & the City, Beverly Hills, Younger), met en scène de nombreux comédiens français dans les rôles principaux, dont Philippine Leroy-Beaulieu, Samuel Arnold, Camille Razat, ou la révélation Lucas Bravo. Mais quelques acteurs hexagonaux font également une apparition en guest le temps d'une séquence ou d'un épisode. À l'image de Victor Meutelet, la star de Grand Hôtel, récemment diffusée sur TF1, qui prête ses traits à Timothée, le frère de Camille, au cours de plusieurs séquences du huitième épisode de la série. Avec à la clé une surprise des plus inattendues pour l'héroïne incarnée par Lily Collins.

    Alors qu'il est en parallèle au générique de la série de France 2 Le Mensonge, Victor Meutelet est revenu pour nous sur sa participation à Emily in Paris - sa première expérience américaine -, sur le challenge d'un tournage en anglais, et sur le twist amusant lié à son personnage. Sans oublier de nous donner son point de vue sur la polémique qui agite depuis quelques jours les réseaux sociaux, puisque de nombreux internautes reprochent à Emily in Paris sa vision fantasmée de la capitale et ses clichés à la pelle sur les Français.

    AlloCiné : Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure américaine ?

    Victor Meutelet : De la manière la plus classique qui soit. Mon agent m’a appelé en me demandant si cette aventure en anglais m’intéressait. Évidemment je lui ai répondu "Oui, pourquoi pas", et j'ai reçu dans la foulée deux scènes à travailler. Et tout s’est fait très vite. Ça c’était le lundi, le mardi je passais les essais, et le mercredi on me disait que c’était bon. Pour un tournage qui avait lieu la semaine suivante. Mais c’est plutôt cool quand tout se fait sans accrocs.

    Qu’est-ce qui vous a plu dans cette opportunité ?

    C’est un tout. Je n’avais jamais eu l’occasion de tourner en anglais et j’avais envie de ça. Après, bien sûr, ça rajoute une pression supplémentaire car j’appréhendais le plateau. Même si j’ai un niveau d’anglais qui est très correct. Mais je me disais "Si on commence à me donner des indications ou à me parler avec un jargon technique cinéma en anglais, je vais être largué". Et finalement, non, tout s’est bien passé. Et au-delà de l’expérience d’un tournage en anglais, l’opportunité de travailler avec une pointure comme Darren Star, ou d’avoir Lily Collins pour partenaire, ce n’était quand même pas rien. Donc forcément j’avais envie de faire partie de cette aventure. Je ne voulais pas passer à côté.

    Capture d'écran/Netflix

    Les séries de Darren Star, justement, est-ce que c’est un univers que vous connaissiez bien avant de jouer dans Emily in Paris ?

    Je connaissais son univers et les acteurs qui jouent dans les séries en question, bien sûr, mais je n’avais jamais regardé Younger ou toutes les saisons de Sex & the City. Je n’étais pas un adepte à fond de Darren Star. Mais je connaissais ce qu’il faisait et je le respectais énormément. Parce que ce sont quand même des classiques de séries. Ce n’est pas rien.

    Vous apparaissez dans un seul épisode, le huitième de la première saison. Combien de jours de tournage est-ce que cela a représenté ?

    Ce n’était vraiment pas très long, d’autant plus que toutes mes scènes se déroulaient dans le même décor. Je crois qu’en tout j’avais 4 ou 5 jours répartis sur une seule semaine.

    Comme tous les comédiens français de la série, vous vous débrouillez très bien en anglais. Est-ce que vous aviez un coach sur le tournage ?

    Merci, ça me fait plaisir que vous pensiez ça car c’était vraiment une première pour moi. Un grand saut dans l’inconnu. Mais, non, je n’ai pas eu de coach. J’ai seulement essayé de travailler les textes au maximum. Encore plus que d’habitude, je l’avoue. Parce que j’étais un peu en terrain inconnu, en anglais. J’ai donc bossé les textes au cordeau, en me disant "Il faut quand même que je m’en détache et que je puisse improviser en rajoutant parfois un petit mot, pour que ça ait l’air naturel, comme je le fais souvent en français". Mais j’avais évidemment moins cette liberté-là car ce n’est pas ma langue maternelle. Mais l’avantage que j’avais c’est que je jouais un Français qui parle anglais. Donc, au pire, si je faisais une faute grammaticale ou que j’inversais deux mots, ce n’était pas très grave. Ça faisait aussi partie du personnage. Et du coup je m’accrochais à ça et je me disais "Vas-y, tente des trucs, et si ce n’est pas bon grammaticalement on s’en fout". Mais en travaillant beaucoup en amont j’ai pu me concentrer principalement sur mon jeu, et non pas sur le fait de jouer en anglais.

    Ce qu’on retient notamment de cet épisode c’est le twist autour de votre personnage et de son âge, puisqu’Emily découvre, après avoir couché avec lui, qu’il n’a que 17 ans. C’est un "détail" qui a forcément dû vous amuser à la lecture du scénario...

    Oui, bien sûr, ça m’a fait rire. Je trouvais que ça rajoutait une particularité supplémentaire à cette histoire-là. Car même si Emily est principalement éprise du personnage de Lucas Bravo durant son séjour à Paris, elle vit aussi quelques aventures en parallèle, et je trouvais que celle-ci était très marrante. Ça offrait quelque chose de différent et d’inattendu à la série.

    Capture d'écran/Netflix

    Vous êtes évidemment encore très jeune, puisque vous avez 22 ans, mais est-ce que ça vous a gêné d’incarner un ado de 17 ans ?

    Je me suis posé la question au début. Je me demandais si je n’allais pas avoir l’air trop vieux, mais finalement ils voulaient jouer là-dessus. Car si j’avais eu l’air plus jeune, Emily ne se serait pas intéressée à moi et ça ne marchait pas. Donc c'était nécessaire. Mais c’est vrai que je n’ai plus trop l’habitude de jouer des ados (rires).

    On ne sait pas encore s’il y aura une saison 2 d’Emily in Paris, mais en cas de renouvellement est-ce que ça vous plairait de revenir pour un épisode, voire plus ?

    Pour l’instant je ne sais pas s’il y aura une saison 2 et je ne sais pas comment les scénaristes abordent mon personnage. Est-ce que c’était un simple guest le temps d’un épisode ? Est-ce qu’ils pensent à le faire revenir ? Je ne sais pas. Mais si on fait appel à moi, ce serait avec grand plaisir. J’imagine que ça dépendra aussi de l’évolution du personnage de Camille. Si elle prend de l’importance et qu’on retourne dans sa famille, alors oui ce serait l’occasion pour moi d’être là. Je ne sais pas ce qui est prévu, mais je me suis beaucoup amusé donc si on me propose de réitérer l’expérience, évidemment je serai là.

    La série semble être un gros succès sur Netflix depuis sa sortie, mais en parallèle de cela elle est très critiquée sur les réseaux sociaux à cause de sa vision fantasmée de Paris et des clichés qu’elle véhicule sur les Parisiens et sur les Français. Qu’est-ce que vous pensez de cette polémique ?

    Il y a quand même pas mal de hashtags très marrants sur Twitter. Les gens ont souvent des bonnes vannes (rires). Et je comprends ce qu’ils veulent dire. Le vrai Parisien qui le matin prend le métro ou se retrouve dans les bouchons à porte d’Italie, il ne se reconnaît pas dans la série, c’est sûr. Ce n’est pas cet aspect-là de Paris qui est montré dans la série. Mais c’est totalement assumé et voulu. Emily in Paris n’a pas la prétention d’être une série naturaliste sur la vie parisienne. Et je pense qu'avec la période difficile qu’on vit tous en ce moment, c’est plutôt cool aussi de se détacher de la réalité. C’est un accord tacite passé entre la série et le téléspectateur. Dès le départ on sait qu’on n’est pas dans le Paris vrai de vrai, mais ce n’est pas grave. Je pense qu’on peut quand même prendre du plaisir devant cette série. Et, la preuve, elle est critiquée mais elle est quand même numéro 1 sur Netflix. En France y compris.

    Oui, et quand on regarde une série comme Gossip Girl, on ne peut pas dire que le réalisme soit ce qui saute aux yeux. La vision de New York y était, là aussi, très fantasmée…

    Exactement. Et si ça se trouve Gossip Girl était critiquée par les New-yorkais alors que les Français, eux, regardaient ça sans se faire la remarque. Et je suis sûr que c’est l’inverse qui se produit avec Emily in Paris. Ces clichés ne doivent pas beaucoup gêner ou choquer les Américains.

    Capture d'écran/Netflix

    À la base Emily in Paris était destinée à la chaîne américaine Paramount Network, et non à Netflix. Finalement grâce à Netflix elle accède à une audience internationale assez énorme. On imagine que pour vous ça a dû être une bonne surprise…

    Oui, tant mieux pour nous. L’expérience de base qui m’a attiré là-dedans c’était de tourner avec Darren Star et Lily Collins, et de jouer en anglais. La réception de la série, notamment en France, ce n’était pas un critère pour moi au départ. Mais maintenant qu’elle est sur Netflix je suis ravi, évidemment. Ça va permettre à beaucoup plus de gens de la regarder donc ça ne peut être que positif.

    Finalement, vous vous retrouvez beaucoup lié à Netflix depuis quelques temps, avec Le Bazar de la charité, puis le film MILF qui a récemment été mis sur la plateforme à l’international et a cartonné. Et maintenant Emily in Paris. Est-ce que vous avez beaucoup de retours à ce sujet ? Vous sentez une différence au niveau de votre carrière depuis Le Bazar de la charité ?

    Oui, je sens une différence. Ce qui est cool c’est que certains projets sont directement destinés à Netflix, comme Emily in Paris et Plan Coeur. C’est mis en ligne dans le monde entier au même moment et on reçoit évidemment beaucoup de messages à ce moment-là, c’est assez impressionnant. Et c’est génial car quand je participe à un projet j’ai forcément envie qu’il soit vu par le plus grand nombre. Et ensuite il y a des projets comme Le Bazar de la charité ou MILF, qui arrivent sur Netflix dans un second temps. Et ce qui est super c’est que ça donne un deuxième élan au projet. Pour Le Bazar de la charité, il y a eu la diffusion sur TF1 durant laquelle j’ai évidemment eu beaucoup de retours. Ensuite ça s’est estompé un peu et finalement le truc revit et redevient d’actualité grâce à Netflix. C’est super. Et c’est encore plus le cas avec MILF car le film datait d’il y a deux ans. La sortie salle s’était bien passée mais ça n’avait pas non plus été le carton de l’année, donc c’est génial que Netflix permette à un film comme celui-ci d’exister à nouveau et d’être découvert hors de nos frontières aussi. Ça offre une super visibilité aux projets.

    Propos recueillis le 7 octobre 2020 par téléphone.

    Emily in Paris
    Emily in Paris
    Sortie : 2020-10-02 | 26 min
    Série : Emily in Paris
    Avec Lily Collins, Philippine Leroy-Beaulieu, Ashley Park
    Presse
    2,9
    Spectateurs
    2,6
    Voir sur Netflix

    La bande-annonce d'Emily in Paris, disponible sur Netflix :

     

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