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    La Cuisine au beurre sur C8 : une expérience douloureuse pour Bourvil
    Par Emilie Schneider — 24 janv. 2021 à 16:30
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    C8 diffuse à 21h05 "La Cuisine au beurre", une comédie de Gilles Grangier qui réunit Bourvil et Fernandel. Un duo qui était fait pour s'entendre. Et pourtant, les relations en coulisses étaient pour le moins compliquées.

    En 1963 sort au cinéma La Cuisine au beurre, une comédie de Gilles Grangier qui raconte la rivalité de deux hommes, l'un, Marseillais épicurieux, et l'autre, Normand travailleur, avec pour toile de fond la gestion d'un restaurant à Martigues. Ce film, c'est l'occasion de voir réunis à l'écran Fernandel et Bourvil, une idée de tandem que l'on doit au producteur Robert Dorfmann.

    A l'origine, le projet ne repose que sur un concept de face-à-face entre deux comédiens. Il n'y a pas l'ombre d'une intrigue, ni même d'un titre. Qu'importe, Bourvil et Fernandel signent et débutent le tournage quatre mois plus tard. Pour Bourvil, qui a débuté sa carrière en reprenant des chansons de Fernandel dans des radio-crochets, s'offre l'opportunité de donner la réplique à son idole. La concrétisation d'un rêve en quelque sorte.

    La Cuisine au beurre
    La Cuisine au beurre
    Sortie le 20 décembre 1963 | 1h 22min
    De Gilles Grangier
    Avec Fernandel, Bourvil, Claire Maurier, Andrex, Michel Galabru
    Spectateurs
    3,5
    louer ou acheter

    DESENCHANTEMENT

    Mais très vite, les deux acteurs déchantent. Ils se rendent compte que le scénario n'est pas assez solide et manque de consistance. Fernandel se met en colère et exige que tout soit réécrit. Le tournage est mis en pause et reprend quelques semaines plus tard avec de nouveaux dialogues et un premier rôle féminin confié à Claire Maurier, actrice qui a fait ses preuves chez Molinaro et Truffaut. Un choix que la star de la comédie française désapprouve encore une fois, au point de ne pas lui adresser la parole de tout le tournage.

    Capture d'écran

    Bourvil est déçu par une telle réaction émanant de celui qui a fait naître sa vocation. Lui qui est si réservé a par ailleurs du mal à s’accommoder du caractère expansif de Fernandel. Qui plus est, celui-ci se comporte comme une diva sur le plateau, ne prenant pas la peine de saluer l'équipe après avoir été conduit par son chauffeur. Il monopolise l'attention de tous, sur le tournage comme en dehors, face aux journalistes.

    Aux coups de sang de son partenaire de jeu s'ajoute pour Bourvil l'impression de n'être considéré que comme un simple faire-valoir. La guerre est déclarée : c'est à celui dorénavant qui aura le plus de répliques, de scènes et de gros plans. Jusqu'à la fin du tournage, entre chaque prise, Bourvil se terrera dans le silence.

    Malgré cette discorde, La Cuisine au beurre est un succès à sa sortie, avec pas moins de 6,3 millions de spectateurs. Le duo se voit même attribué le Prix Courteline, qui récompense l'humour au cinéma. Mais conscient que Fernandel fera tout pour être la vedette de la cérémonie, Bourvil préfère décliner l'invitation. L'amère déception de ce dernier sera effacée quelques mois plus tard par le tournage du Corniaud, début d'une collaboration florissante avec un autre grand nom de la comédie française : Louis de Funès.

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    Commentaires
    • meiyo
      Pour dire que les gens de ce mouvement ne sont pas forcément réacs.
    • Major Alan Dutch Schaefer
      Un très bon film ce La Cuisine au beurre
    • Major Alan Dutch Schaefer
      D’ailleurs De Funès c’était un peu la guerre avec Gabin.
    • Melnibonéen
      Je ne comprend pas ton mais dans ta formule un catholique de droite mais antiraciste.C'était un catholique de droite et antiraciste.😉
    • meiyo
      Une illustration de son talent d'acteur. Il se décrivait comme un catholique de droite mais antiraciste. Beaucoup l'oublient mais il était d'origine espagnole.
    • Xavier N
      Je voulais répondre au commentaire précédent mais il a été supprimé...Pour De Funès, c'était différent. Il était professionnellement exigeant et sa côte de popularité augmentant très rapidement dans les 60s, il finissait par piquer la place des stars vieillissantes, qui elles, étaient piquées dans leur orgueil. Aussi, c'est De Funès qui a tenu à ce que les noms de Bourvil et Coluche soient à côté du sien et de la même taille sur les affiches des films où ils ont joué 😊🙏🏼Et comme tu l'as dit, De Funès n'avait strictement rien à voir avec son personnage gesticulant et expansif 😉
    • meiyo
      Non De funès a eu quelques soucis mais était considéré comme quelqu'un d'affable et réservé.
    • meiyo
      L'ego surdimensionné de Fernandel a déjà fait des ravages sur d'autres films.
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