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    Boîte noire avec Pierre Niney : "J'avais des références comme Zodiac ou DiCaprio dans Aviator"
    8 sept. 2021 à 05:00
    Mis à jour le 17 mars 2022 à 10:53
    Vincent Formica
    Vincent Formica
    -Journaliste cinéma
    Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

    Porté par Pierre Niney, le solide thriller "Boîte noire" est désormais disponible sur Canal+. Nous avions rencontré l'acteur, aux côtés de Lou de Laâge, ainsi qu'un expert du BEA (Bureau Enquête Analyse).

    Après Un homme idéal, sorti en 2015, le réalisateur Yann Gozlan retrouvait Pierre Niney dans Boîte noire. Cette fois, le comédien se glissait dans le costume de Matthieu Vasseur, un agent du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile). 

    Ce dernier est propulsé enquêteur en chef sur une catastrophe aérienne sans précédent. Erreur de pilotage ? Défaillance technique ? Acte terroriste ? L’analyse minutieuse des boîtes noires va pousser Mathieu à mener en secret sa propre investigation. Il ignore encore jusqu’où va le mener sa quête de vérité.

    A l'occasion de la sortie du film en salles, nous avions rencontré Pierre Niney et Lou de Laâge. Ces derniers ont évoqué le tournage de ce thriller ambitieux, accompagnés d'un expert du BEA, Sébastien Barthe. Vous pouvez retrouver leurs propos dans la vidéo ci-dessus. La discussion se poursuit ensuite dans l'article ci-dessous.

    Boîte noire
    Boîte noire
    Sortie : 8 septembre 2021 | 2h 10min
    De Yann Gozlan
    Avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussollier, Sébastien Pouderoux, Olivier Rabourdin
    Presse
    3,8
    Spectateurs
    4,2
    Voir via MyCanal

    AlloCiné : Lou, vous êtes arrivée tardivement sur le tournage, comment avez-vous approché ce rôle qui est assez éloigné des personnages que vous avez incarnés ?

    Lou de Laâge : C'est ça qui est agréable aussi ; quand on a peu de temps, on ne se pose pas les mauvaises questions. On ne se fatigue pas avec des cercles de pensées anxiogènes. Ca oblige à foncer tout de suite, à interroger le réalisateur aussi car je ne connaissais rien à ce milieu. J'avais des répliques auxquelles je ne comprenais rien. Je demandais des explications à Yann Gozlan car je ne savais pas de quoi je parlais (rires).

    Ce personnage est une working girl que je ne suis pas du tout dans la vie et que je n'ai jamais joué.

    Ce personnage est une working girl que je ne suis pas du tout dans la vie et que je n'ai jamais joué. Mais c'est qui est aussi excitant, c'est un personnage qui exige une certaine composition. Chez tous les êtres humains, on a plein de facettes, on tire juste certains traits de notre caractère dans la vie. Des fois il suffit juste d'aller tirer quelque chose de soi qu'on a moins l'habitude d'aller chercher. C'est ce voyage-là qui est intéressant, ça oblige à faire ça rapidement et avoir confiance en soi.

    Pierre Niney : Lou était géniale dans plein de films mais là elle est géniale d'une manière totalement nouvelle. La première fois que je t'ai vu avec cette coupe de cheveux, les tailleurs, ce personnage qui a un job à grosse responsabilité... Te voir embrasser ce rôle-là, j'ai trouvé ça vraiment génial. C'est une évidence quand on la voit à l'écran, je trouve ça top.

    Lou est arrivée tardivement sur le projet et c'était évident, elle avait un côté un peu Sharon Stone, hyper sûre d'elle, brillante, un petit côté The Social Network quand ça parle vite et que c'est technique. C'était impressionnant.

    Pierre, le rôle de Mathieu Vasseur évoque celui de votre ami François Civil dans Le Chant du Loup, est-ce vous en avez parlé ?

    Pierre : Oui, carrément. Sauf que moi je le fais mieux, c'est ça la différence (rires). Tous les ans, on va jouer des personnages qui ont les mêmes jobs. Là, on va jouer des garagistes dans deux films différents (rires). Effectivement, c'est la même famille de job. Sauf que l'un est sous l'eau et l'autre écoute ce qu'il s'est passé dans les airs. François avait le côté militaire et cet aspect codifié qui est passionnant aussi.

    Le Bureau Enquête Analyse français est très très réputé. On nous envie notre expertise.

    C'est différent dans Boîte noire avec le BEA qui est plus méconnu. Toutefois, le Bureau Enquête Analyse français est très très réputé. On nous envie notre expertise. Quand il y a un crash et que c'est tendu entre deux pays, on envoie la boîte noire en France car on a des experts indépendants, très forts, très techniques, on a vraiment des bons nerds au BEA. C'est une fierté française. En tout cas nos deux personnages passent en effet beaucoup de temps avec des casques, les yeux fermés à écouter pour essayer de comprendre les sons.

    Comment s'approprier les failles de personnages aussi complexes ?

    Lou : Elles sont écrites déjà. Yann Gozlan écrit suffisamment bien pour que tout soit déjà dans le scénario. Nous on s'amuse avec ça, on s'adapte à sa proposition.

    Pierre : C'est l'intérêt du film, c'est que ça ne soit pas des monolithes. Toutes ces failles et ces fragilités psychologiques, intimes, qu'on va découvrir au fur et à mesure du film, ça fait tout le sel de l'intrigue.

    Lou : Pour moi il y avait quelque chose de presque mathématique dans l'écriture, comment Yann Gozlan amène tout ça. Il y a quelque chose de très geek. Je trouvais aussi intéressant de voir comment on nuance un personnage de façon très très subtile, presque infime ; c'est des formes géométriques presque.

    Toutes ces failles et ces fragilités psychologiques, intimes, qu'on va découvrir au fur et à mesure du film, ça fait tout le sel de l'intrigue.

    Le personnage de Mathieu, très obsessionnel, rappelle celui campé par Jake Gyllenhaal dans Zodiac de David Fincher.

    Pierre : Complètement ! On a parlé de Zodiac avec Yann Gozlan. J'évoquais The Social Network pour le côté technique, le Bureau des Légendes aussi. Je sais que pour le réalisateur, Zodiac est un film important.

    Vous aviez cette référence en tête ou vous préférez vous affranchir totalement d'une influence extérieure ?

    Pierre : J'ai des influences qui viennent consciemment ou inconsciemment. Pour le côté obsessionnel, j'avais aussi en tête le personnage de DiCaprio dans Aviator de Scorsese. Il a des moments d'obstination, il ne parvient pas à décrocher d'une idée, d'une émotion. Et c'est un film que je trouve remarquable à plein de niveaux.

    Pour Un Homme idéal, qu'on avait fait avec Yann Gozlan, on avait beaucoup revu Le Talentueux M. Ripley avec Matt Damon et Plein soleil avec Delon. Je trouve ça génial de s'inspirer des autres, c'est très utile.

    Lou : C'est comme ça qu'on arrive à se surprendre soi-même aussi. On ne peut pas faire exactement la même chose que quelqu'un donc en voulant copier, on réinvente quelque chose pour nous. C'est intéressant.

    Pour le côté obsessionnel, j'avais aussi en tête le personnage de DiCaprio dans Aviator de Scorsese.

    Comment avez-vous travaillé le look des personnages ?

    Pierre : Moi, j'ai maigri. Je voulais que mon corps traduise la fragilité du personnage. J'avais aussi choisi des chaussures pas hyper agréables à porter. Etre mal dans ses pompes, c'est un très bon départ pour ce personnage. C'est ce qui me servait le mieux. Et pour la fragilité, ne pas prendre de muscles, de poids, l'échine un peu courbée, la tête un peu en avant comme les gens qui font beaucoup d'ordinateur. Tout ça c'est des petits ingrédients que je travaillais.

    Je voulais que mon corps traduise la fragilité du personnage.

    Lou : J'ai réfléchi au look de mon personnage avec Yann Gozlan qui voulait au départ qu'elle ait les cheveux très courts. Je lui ai dit que je ne croyais pas que ça donnerait ce qu'il recherchait sur moi. Ca fait partie des choses intéressantes quand on construit un personnage ; c'est quelque chose qui m'amuse beaucoup. J'ai proposé à Yann qu'elle soit blonde platine avec les cheveux au carré, très anguleux. Il fallait lui trouve un look de cet ordre-là. En tant qu'actrice, c'est une construction que je trouve fascinante.

    LA BANDE-ANNONCE

     

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    Commentaires
    • Peluche chinchilla cinéphile
      Pour ma part, la bande annonce fait vraiment penser au film Le chant des Loups plongé dans un autre univers.
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