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    La lutte des classes sur France 2 : sous le vernis de la comédie, un vrai film militant sur le vivre ensemble
    29 août 2021 à 20:00
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, Olivier Pallaruelo délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Diffusé ce soir sur France 2, "La lutte des classes", portée par l'excellent duo Edouard Baer et Leïla Bekhti, est une très jolie comédie doublée d'une vraie réflexion sur la mixité sociale et le vivre ensemble.

    KARE PRODUCTIONS – UGC IMAGES – ORANGE STUDIO – FRANCE 2 CINEMA – CHAOCORP PRODUCTIONS – SCOPE PICTURES 4

    A une poignée de jours de la rentrée scolaire, France 2 diffuse ce 29 août une jolie comédie autour du sujet, La lutte des classes. Porté par le duo Edouard Baer et Leïla Bekhti et signé par Michel Leclerc, le film met en scène la vie familiale d'un couple, Sofia et Paul.

    Elle, brillante avocate d’origine magrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect ! Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier.

    Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l'école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds? Pris en étau entre leurs valeurs et leurs inquiétudes parentales, Sofia et Paul vont voir leur couple mis à rude épreuve par la «lutte des classes».

    Revoici la bande-annonce du film :

    La Lutte des Classes Bande-annonce VF

    Sous le vernis d'une comédie capable de susciter des rires francs, Michel Leclerc livre aussi une vraie réflexion politique sur la mixité sociale dans l'école publique et laïque, et sur le vivre ensemble dans les banlieues, en se gardant toutefois - et c'est là une de ses réussites- de tout jugement moralisateur.

    A vrai dire, le scénario de La Lutte des classes est né d'une situation que Michel Leclerc et la scénariste Baya Kasmi ont réellement connue. "Comme Sofia et Paul, on a vécu à Bagnolet, pendant dix ans, dans une petite maison avec jardin, et puis notre fils a commencé à avoir des problèmes à l’école, ça nous a plongé dans une grande angoisse, un dilemme intime. C’était en 2015, au moment de Charlie, dans cette même école Jean Jaurès où j’ai tourné La Lutte des classes" expliquait-il à l'époque de la sortie du film, en 2019.

    Un film militant

    Si creuser les contradictions de la Gauche est une constante dans le travail de Michel Leclerc, comme on a pu le voir avec Le Nom des gens et Télé Gaucho, le cinéaste est aussi à l'aise avec l'idée d'avoir fait un film militant, sur un sujet qui revient d'ailleurs très souvent sur la table des discussions politiques. Et qui est toujours un véritable champ de mines pour tous les ministres de l'Education Nationale...

    "C’est vrai qu’en France [...] il y a des écoles publiques pauvres et des écoles publiques riches et que ça nous paraît totalement anormal que dans certains des quartiers défavorisés les écoles tombent en ruine parce qu’il n’y a pas le budget pour les réparer" lâchait-il dans un très intéressant entretien accordé au site Daily Movies en avril 2019.

    "C'est vraiment une question de moyens lorsqu'on parle de la qualité d'enseignement ?" lui demandait le journaliste. "Je crois que quel que soit l’école, il y a toujours des gens qui font très bien leur métier et des gens qui le font moins bien… Mais par contre le métier est rendu difficile par des problèmes matériels, par des problèmes de tensions à l’intérieur de l’école, par des problèmes de manque de mixité à l’intérieur de l’école et tout ça, ça peut générer beaucoup de problèmes au niveau des enseignants et beaucoup de stress" précisait Leclerc.

    Une lutte des classes à double sens donc, joyeuse mais aussi grave, à découvrir ce soir sur France 2.

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    Commentaires
    • mekah
      c'est à dire ?
    • Le putain d'énergumène
      Ramzy est génial dans ce film.C'est assez drôle quand les parents pro-mixité social réalisent qu'ils le sont de moins en moins suite aux événements du film.
    • Scaar Alexander Trox
      C'est ça, Michel Leclerc. Plus de mixité (et par là, la gauche veut dire sociale, hein, certainement pas diversitaire, du tout), pour une école, c'est la garantie de lendemains qui chantent.
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