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    Pig : Nicolas Cage en a-t-il fini avec les nanars ?
    30 oct. 2021 à 11:00
    Vincent Formica
    Vincent Formica
    -Journaliste cinéma
    Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

    Nicolas Cage, 57 ans, est de retour sur grand écran avec Pig, un thriller dramatique salué par la critique. L'acteur lui-même a été étonné de l'accueil reçu par le film, lui qui nous a habitué à enchaîner les nanars depuis une bonne décennie.

    Cheveux longs, barbe hirsute, l'air renfrogné... Nicolas Cage arbore à nouveau un look improbable pour son nouveau long-métrage, Pig. Cette fois, le comédien se glisse dans le costume d'un chasseur de truffes vivant en ermite dans la nature sauvage de l’Oregon. L’enlèvement de sa truie truffière le pousse à retourner vers la civilisation à Portland où il devra faire face aux démons de son passé.

    NIC DE RETOUR SUR GRAND ECRAN

    C'est la première fois qu'un film avec Nicolas Cage en rôle principal sort au cinéma depuis Joe en 2014. Il y avait bien eu Snowden en 2016, mais le comédien n'apparaissait que quelques minutes. En effet, l'acteur oscarisé pour Leaving Las Vegas ne cesse d'enchaîner les nanars direct-to-vidéo depuis plus de dix ans, glissant doucement vers une fin de carrière façon Bruce Willis.

    Pig
    Pig
    Sortie : 27 octobre 2021 | 1h 31min
    De Michael Sarnoski
    Avec Nicolas Cage, Alex Wolff, Cassandra Violet, Adam Arkin, Julia Bray
    Presse
    3,7
    Spectateurs
    2,9
    louer ou acheter

    Contrairement à ce dernier, Nicolas Cage semble renaître de ses cendres depuis quelques temps, en témoigne ce Pig, qui a fait sensation au dernier Festival de Deauville.

    "Sur le papier, Pig a tout pour être une série B vengeresse et le théâtre des excès de son acteur principal en pleine nature. Bien au contraire, le premier long métrage de Michael Sarnoski marque les esprits par sa sensibilité et la retenue dont fait preuve le comédien. On pense parfois à une version moins noire de Joe.

    Alors que la branche indépendante peine à exister dans une industrie de plus en plus frileuse, Michael Sarnoski nous rappelle que des pépites en sortent encore régulièrement. Et que la simplicité a pafois du bon, surtout qu'elle n'empêche pas l'émotion.", écrivait Maximilien Pierrette, notre journaliste qui a pu voir le film à Deauville.

    Nicolas Cage lui-même a été étonné des critiques positives sur ce film, lui qui était habitué à se faire descendre à chaque production nanardesque sortant directement en streaming ou en vidéo.

    UNE PERFORMANCE MARQUANTE

    "C'est très agréable d'avoir une réponse enthousiaste. C'est un peu surprenant, mais très agréable", a-t-il confié à The Hollywood Reporter. Sur Rotten Tomatoes, Pig atteint le score de 97% de critiques positives. Quand on lui demande si le long-métrage fait écho à John Wick, dans lequel le chien de Keanu Reeves se faisait voler, Nicolas Cage est catégorique :

    "Je ne pouvais pas penser à un film plus éloigné de John Wick que Pig. Je ne sais pas si je retournerai un jour aux spectacles types Jerry Bruckheimer, car je pense qu'il y a comme un culte de peur dans les studios et c'est assez étouffant. Je ne ressens pas ça quand je fais un film indépendant", souligne l'acteur de 57 ans.

    "Avec Pig, j'ai compris ce lien profond que nous pouvions avoir avec nos frères et soeurs animaux. Je sais que je compte beaucoup sur mon amitié avec mes chats et je n'ai pas vu beaucoup de films sur ce sujet, sur ces relations entre les humains et leurs amis animaux", ajoute Nicolas Cage, visiblement très impliqué dans ce récit atypique réalisé par Michael Sarnoski.

    "C'est fou parce que c'est comme si les gens réalisaient seulement maintenant que Nicolas est un très bon acteur, alors que je pensais que nous en étions tous conscients depuis longtemps. Je sais qu'il fait des rôles un peu pompeux parfois, mais c'est un acteur génial et il l'a toujours été. Je me sens idiot de m'accorder le moindre mérite, mais je suis heureux que les gens le reconnaissent dans ce film", explique le metteur en scène.

    ENCHAINEMENT DE NANARS

    C'est vrai que le comédien nous a gratifié de gigantesques navets depuis une dizaine d'années. De Ghost Rider 1 et 2 à Effraction en passant par Le Dernier des Templiers, Tokarev, Le Chaos, Pay the Ghost, Croisades, Mom and DadKill Chain ou Jiu Jitsu, Cage a enchaîné les mauvais films avec une régularité phénoménale. Il n'y a guère que son interprétation vocale de Spider-Man Noir dans New Generation en 2018 qui sauve un peu la filmographie de l'acteur.

    Le natif de Long Beach va-t-il continuer sur cette pente le menant irrémédiablement à finir comme Bruce Willis ? Depuis quelques temps, l'espoir renaît, Cage ayant l'air de faire des choix audacieux, comme on peut notamment le voir dans Pig. Mais le comédien va sûrement nous surprendre dans ses prochains rôles. Par exemple, Prisoners of the Ghostland, du japonais Sion Sono, s'annonce plutôt décalé et original.

     

    Cage est aussi la tête d'affiche du western The Old Way, dans lequel il joue Colton Briggs, un ancien bandit. Il tient désormais une épicerie et vit tranquillement avec sa famille. Lorsqu'un gang de hors-la-loi assassine sa femme de sang-froid, Briggs rentre chez lui, déterre son arme et s'entoure d'une partenaire improbable : sa fille de douze ans.

    On peut citer également Butcher's Crossing, un autre projet palpitant. Cage y incarne un diplômé de l'université d'Harvard s'installant à Butcher's Crossing, dans les plaines du Kansas, pour chasser un buffle légendaire. Pour le moment, on ne sait pas si ces oeuvres atteindront les salles obscures, mais on peut légitimement espérer que Nicolas Cage renaisse de ses cendres, délaissant sa propension aux navets indigestes.

    Butcher's Crossing
    Butcher's Crossing
    De Gabe Polsky
    Avec Nicolas Cage, Fred Hechinger, Jeremy Bobb, Xander Berkeley, Rachel Keller

    "Ce qu'il y avait de meilleur avec lui, sur le plateau, c'est qu'il était extrêmement professionnel, extrêmement préparé et vraiment respectueux. C'est mon premier long métrage, et il aurait été très facile pour l'équipe et tout le monde de ne pas me prendre au sérieux. Mais il m'a traité avec beaucoup de respect. Il respecte vraiment la hiérarchie classique du plateau, et sait que tout dépend du scénario et de la façon dont le réalisateur veut le mettre en images", relate Michael Sarnoski dans nos colonnes.

    "Nous associons Nicolas Cage à des performances très fortes parce que c'est ce pour quoi il a été engagé. On lui doit aussi beaucoup de performances calmes et émouvantes, mais il a fait beaucoup de films d'action, et il s'y consacre pleinement. Quand il s'engage dans n'importe quel rôle qu'il joue, il le fait à 100%. Donc si c'est un chasseur de truffes sans abri qui parle à peine, il va aller jusqu'au bout.

    Et si c'est quelqu'un qui veut se venger de quelqu'un qui a assassiné sa femme et va tuer un tas de personnes, il ira jusqu'au bout avec ça aussi. Je pense que c'est juste qu'il est très investi engagé.  C'est en tout cas l'impression que j'ai eue de lui, et peut-être que cela change d'un film à l'autre en fonction du type de personnage qu'il joue. Mais en passant du temps avec lui, j'ai vu une personne réfléchie, calme et artistique. Je n'ai pas vu quelqu'un de naturellement bruyant et grandiloquent", conclut-il.

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