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    Cannes 2017 : Wonderstruck, quand Julianne Moore retrouve Todd Haynes
    Par Corentin Palanchini, Léa Bodin et Vincent Garnier — 18 mai 2017 à 16:00

    Cette année au 70ème festival de Cannes, Julianne Moore retrouve un réalisateur qui l'a accompagné toute sa carrière, Todd Haynes, pour "Wonderstruck". Retour sur une fructueuse collaboration.

    Julianne Moore et Todd Haynes sur le tournage de Safe (1995)
    1. Julianne Moore et Todd Haynes sur le tournage de Safe (1995) +

    Deuxième film à être présenté en compétition, Wonderstruck est réalisé par le cinéaste américain Todd Haynes. Il s'agit de son septème long métrage, et le quatrième à être présenté à Cannes après Carol et Velvet Goldmine en compétition et Safe à la Quinzaine.

    Dans Wonderstuck, on suit sur deux époques distinctes les parcours de Ben et Rose ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

    Le film marque notamment les retrouvailles de Todd Haynes avec son actrice fétiche, Julianne Moore, avec qui il a de nombreuses fois collaboré.

    Coup de rétro : Julianne Moore chez Todd Haynes

    S'inscrivant dans la lignée du cinéma du quotidien immortalisé par Chantal Akerman dont il s'est toujours beaucoup inspiré, Haynes met en scène un film sur la peur de la contagion.

    A cette époque, Julianne Moore fait essentiellement du théâtre. Elle multiplie les prestations mineures à la télévision, et des apparitions dans quelques films indépendants. Le film arrive à une époque où le cinéma indé n'est pas encore prisonnier des impératifs commerciaux qui le rattraperont quelques années plus tard. Todd Haynes a ainsi eu toute latitude pour creuser son sujet et aller au bout de l'obsession de son personnage sans aucune entrave. En ouvrant des possibilités d'expression d'immenses, le film a changé la carrière de Julianne Moore, qui s'est alors concentrée sur le cinéma.

    Film d'un pessimisme absolu, Safe se conclut sur un faux happy end terrifiant, qui enferme un peu plus dans sa détresse le personnage névrosé que compose Julianne Moore.

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    Julianne Moore et les années 50 dans "Loin du Paradis"

    Remake d'un classique de Douglas Sirk (Tout ce que le ciel permet), Loin du Paradis est conçu par Todd Haynes pour sa muse. Le cinéaste a écrit le scénario sur mesure pour elle. Moore a d'ailleurs aidé à parfaire le personnage, celui d'une bourgeoise à la vie tellement rangée qu'elle en devient mortifėre succombant au charme viril de son jardinier noir.

    Encore une fois - comme dans Safe -, il est ici question d'oppression et de répression sociale, de conditionnement et de frustrations. Les thèmes de l'homosexualité et du racisme sont abordés dans un film hommage aux années 50, et la prestation de Julianne Moore sera récompensée à la Mostra de Venise.

    Plus anecdotique est sa courte apparition en chanteuse folk dans ce biopic fantasmé de la vie de Bob Dylan. Six personnages incarnent les différents aspects de la vie du chanteur américain, qui valida le portrait de sa carrière par Haynes, et l'autorisa à utilser ses chansons dans le film. Le personnage de Julianne Moore est très fortement inspirée de la chanteuse Joan Baez.

     

    Loin du paradis Bande-annonce VO

     

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