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    Clint Eastwood : les dix règles d'or de sa carrière
    9 nov. 2021 à 16:00
    Corentin Palanchini
    Corentin Palanchini
    -Chef de rubrique Infotainment
    Du noir & blanc au Technicolor, du format 1:33 au 2:35, il a été initié au cinéma par Robert Mitchum, Bette Davis, Elizabeth Taylor, Henry Fonda, James Stewart, Katharine Hepburn... il se délecte de ces visages inoubliables, qu’il retrouve toujours avec bonheur.

    La série documentaire "Clint Eastwood : l'héritage cinématographique", sortie le 8 novembre en VàD, explore les thèmes et la méthode de travail du cinéaste alors que son 39ème film, "Cry Macho", sort en salles demain.

    Clint Eastwood, c'est 39 films en tant que réalisateur, dont 24 dans lesquels il apparaît aussi devant la caméra. Alors que sa nouvelle production, Cry Macho, est visible demain mercredi dans les salles, Warner Bros vient de sortir en VàD le documentaire inédit Clint Eastwood : l'héritage cinématographique.

    Cette série de 9 épisodes revisite les grands moments de sa carrière de cinéaste et d'acteur, ses thèmatiques favorites et sa méthode de travail, le tout entrecoupé d'interviews de Steven Spielberg, Martin Scorsese, George Lucas, et beaucoup d'autres. Nous avons isolé dix conseils donnés par Eastwood au cours de cette docusérie, qui peuvent inspirer une nouvelle génération de réalisateurs.

    1. Savoir reconnaître un bon scénario

    Warner Bros.

    "Si j'aime le scénario et que je suis officiellement sur le projet, je le lis plusieurs fois, j'y pense pendant environ quelques semaines, puis je le relis encore". En amont du tournage d'Impitoyable, Clint retravaille en profondeur le scénario de David Webb Peoples qui lui donne sa bénédiction : "et après des tas de changements et d'améliorations, je me suis rendu compte que j'étais en train de tout détruire. Je l'ai rappelé dans la foulée pour lui dire : "oublie tout ça, je vais le tourner tel quel"".

    2. Sortir de sa zone de confort

    United Artists

    Lorsqu'il est contacté pour jouer dans Pour une poignée de dollars, Clint est assez hésitant : "Ils ont envoyé le scénario à mon agent qui m'a dit : "Clint, ça te dit une coproduction italo-hispano-germanique qui veut faire le remake en western d'un film de samouraï ?" Et j'ai répondu "pas spécialement". Mais j'étais très fan du Garde du corps [d'Akira Kurosawa] et en lisant le scénario j'ai reconnu le film, donc j'ai accepté alors que c'était un petit budget et que je ne connaissais pas Leone". Son instinct lui donnera raison car ses trois films avec Sergio Leone feront de lui une star et lui permettront de s'essayer à la mise en scène.

    3. Faire peu de prises

    Warner Bros.

    Si Clint termine toujours ses tournages en étant en avance sur le plan de tournage, c'est parce qu'il tourne 1 ou 2 prises de la même scène, mais rarement plus. Comme l'a déclaré Steven Spielberg : "Lorsque [Clint] demande une prise de plus, tout le monde panique ! S'il y a 5 acteurs dans la scène, tous vont se demander qui a fait une bêtise, car il ne fait jamais plus de 2 prises !" Avantage : les acteurs arrivent prêts pour éviter cette situation, et Clint fait peu de prises mais avec beaucoup de caméras, ce qui lui permet d'avoir en une prise plusieurs versions de la même scène.

    4. Se démarquer sur le plateau

    Warner Bros.

    Clint ne dit pas "Action !" pour lancer la scène et ne dit pas "Coupez !" pour la conclure, contrairement à 99,99% des metteurs en scène américains. A la place, il dit simplement "go" et "stop". Son équipe, qui travaille avec lui depuis des années le sait, respecte sa façon de faire. Cela crée une atmosphère familiale sur le plateau, ce que Richard Harris appréciera lors du tournage d'Impitoyable, constatant que l'équipe de tournage félicite les acteurs sur le plateau.

    5. Toujours surprendre ses partenaires

    Warner Bros.

    Sur le tournage de Magnum Force, l'acteur Hal Holbrook se souvient : "Lors d'une scène, je suis dans la voiture avec lui (...), c'est un dimanche à San Francisco et la route (...) est à nous. Il y avait un caméraman à l'arrière de la voiture, et deux caméras disposées dans le quartier. Je me suis dit "il n'est pas cascadeur automobile, il ne va pas rouler trop vite", mais j'ai été terrifié, car il a foncé dans cette descente et je me suis dit : "si quelqu'un traverse à l'improviste, il est mort !" Heureusement, Clint conduisait très bien !" Une dernière précision rassurante !

    6. Définir son héros

    Warner Bros.

    "Je ne sais pas vraiment ce qu'est un héros, je sais juste que c'est quelqu'un qui au cours de sa vie va s'avérer utile à la société et laisser son empreinte quelque part. De nos jours, tout le monde se fait appeler héros, mais quand j'étais petit, ça désignait quelqu'un qui avait vraiment accompli quelque chose d'extraordinaire".

    7. Se créer un style

    Warner Bros.

    Selon Robert Urich, acteur de Magnum Force : "Il ne fait aucun doute que les films Inspecteur Harry ont influencé tous les héros de films d'aventure et d'action". Une théorie rapidement confirmée par Mel Gibson et Arnold Schwarzenegger dans le documentaire. Avec ce personnage d'homme de loi avare de ses mots mais pas de répliques cinglantes, flingueur, justicier tourmenté : un nouveau type de héros était né grâce à L'Inspecteur Harry et à ses suites. Un second personnage culte après L'Homme sans nom des westerns léoniens : il fallait le faire !

    8. Allier l'acting et la réalisation

    Warner Bros.

    Clint a toujours suivi le dernier conseil que lui a donné l'un de ses mentors, le metteur en scène Don Siegel (L'évadé d'Alcatraz, L'Inspecteur Harry) : "Occupe-toi de toi". "Le souci d'être acteur-réalisateur, c'est qu'on complexe de trop se filmer soi, car on est occupé [à travailler avec les] autres acteurs. Prends ton temps et fais bien".

    9. Jouer à contre-emploi

    Warner Bros.

    "Quand j'ai dit que j'allais faire un film avec un orang-outan, tout le monde pensait que j'étais devenu fou, mais j'avais fait beaucoup de films classés R, des films d'action, et je voulais faire des films que toute la famille puisse aller voir et qui pourraient plaire aux enfants. C'était ce que je voulais à l'époque, et il y avait une folie dans le scénario qui m'avait attiré". Les films concernés, Doux, dur et dingue et Ça va cogner, ont été respectivement les 5e et 2e succès de l'année de leur sortie aux Etats-Unis.

    10. Le montage doit servir l'histoire

    Warner Bros.

    "Pour la scène de la cuisine, (...) comme acteur, Clint n'avait pas peur de se donner à fond", se souvient Meryl Streep sur le tournage de Sur la route de Madison. "Et j'ai été impressionnée lorsque j'ai vu le film terminé, il avait coupé les scènes les plus... remuantes de sa performance (...). Tout acteur aurait tué pour ces scènes, mais il les a retirées. Mais je pense qu'il a un sens aigu de ce qui a besoin d'être gardé pour raconter cette histoire".

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