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Myriam Hubert
2 critiques
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5,0
Publiée le 11 décembre 2025
Un film nécessaire ! Une réalité difficile à entendre, mais pourtant fondamental. Ce film réussi à accepter de rentrer dans l'intimité d'un peuple brisé par son oppresseur et la complicité du monde politique et médiatique occidental. Un chef d'œuvre à voir absolument et qui j'espère, ira le plus loin possible dans sa reconnaissance méritée !
Pari osé que tente ici Kaouther Ben Ania : habiller d'images de fiction les véritables enregistrements téléphoniques qui documentent le supplice enduré par une petite fille enfermée dans une voiture prise dans les tirs de l'armée israélienne à Gaza.
Si au départ la frontière entre fiction et réalité est assez claire, elle se brouille progressivement pour aboutir à une mise en abyme qui m'a laissé perplexe : les acteurs sont filmés en train de jouer des scènes réelles qu'on voit simultanément sur l'écran d'un téléphone portable.
Tous ces artifices de mise en scène aboutissent finalement à nous perdre et à désamorcer l'émotion que nous devrions éprouver, égarés que nous sommes entre les injonctions à compatir à la situation tragique de la petite fille réelle (photos bien émouvantes à l'appui), l'effort intellectuel de comprendre ce que nous voyons et le léger agacement que nous éprouvons face aux crises de nerf à répétition des acteurs jouant ceux qui ont traité les appels de la petite fille (mais dont la souffrance est à mille lieues de celle qui se joue sur le terrain).
Le film erre dans une sorte de no man's land décharné, situé entre le "thriller huis-clos téléphonique" à la façon du film danois The guilty et reconstitution sans véritable enjeu narratif, tant au final l'intrigue est atrocement simple.
On est loin de la richesse et des nuances du film précédent de Ben Ania, Les filles d'Olfa.
C’est un film très intéressant sur le plan formel, qui entremêle habilement documentaire et fiction. La mise en scène est sobre, ce qui convient au regard de la gravité de ce qui est rapporté. Sur le fond il est d’une actualité déchirante puisqu’on entend parler toutes les semaines des victimes civiles et des obstacles qu’oppose l’armée israélienne à l’aide humanitaire. Oui c’est un choc absolu, trois minutes suffisent à entrer dans le bain, ensuite la tension ne se relâche que brièvement sur quelques faux espoirs et le souvenir d’un sauvetage réussi. C’est une expérience immersive que propose la réalisatrice : partager viscéralement ce que c’est de soutenir au téléphone une enfant menacée et suppliante. Et la douleur de ne pas pouvoir agir comme il faudrait, d’attendre 3 heures que l’armée garantisse un passage aux secours. Autant qu’aux victimes elles-mêmes, la réalisatrice s’intéresse à ceux qui sont engagés pour les secourir et veut leur rendre hommage : on voit leur engagement, leur empathie, le désespoir, la colère, la douleur de l’échec. Alors oui, il faut s’attendre à être fortement secoué en allant voir ce film. Mais en ce qui me concerne je vous promets, il y a un avant et un après dans ce que l’on peut ressentir pour les victimes civiles à Gaza.
Après son César du meilleur documentaire pour Les Filles d’Olfa, Kaouther Ben Hania renoue avec le cinéma hybride dans La Voix de Hind Rajab, mélangeant archives et reconstitution, qui lui a valu le Lion d’Argent à Venise (et la plus longue standing-ovation de l’histoire du festival).
Tout le film s’articule autour du véritable enregistrement de l’appel d’Hind Rajab, jeune gazaouie de 6 ans, au Croissant Palestinien, alors même qu’elle est cachée dans sa voiture, seule survivante des tirs israëliens et entourée des cadavres de sa famille. C’est sa voix et sa terreur qu’on entend dans un huis clos éprouvant qui prend le point de vue des secours, reconstitué par la cinéaste.
C’est un film sur l’impuissance. Impuissance des secours face à l’horreur, impuissance des spectateurs, placés en témoins. Mais aussi, plus méta, impuissance de mettre en image une telle réalité. Car on touche à l’éternelle question de la reconstitution de l’horreur, qui parcourt le cinéma depuis les premiers films sur la Shoah. Et ici certains s’interrogent sur la moralité d’utiliser de telles archives pour générer une tension cinématographique factice, faisant de cette victime un matériau narratif pour installer un faux suspens. Personnellement c’est davantage l’outrance de certaines attitudes dans la reconstitution qui m’embête, là où un documentaire aurait peut-être été plus juste.
Mais si l’application cinématographique est consciemment maladroite, reste que ce film témoigne, avec de belles idées de mise en scène et surtout avec une puissance ravageuse, de l’horreur vécue par les victimes, en large majorité civiles, de ce carnage. Ce traitement de l’audio a pour objectif de donner une voix (et un visage) aux victimes de ce génocide. Redonner leur humanité à des victimes déshumanisées et nous intimer de ne pas détourner le regard, de ne pas rester sourd face aux cris de détresse de ces milliers d’enfants qu’on assassine, d’un peuple palestinien laissé sans voix. Un film douloureux et révoltant, et s’il fait mal, s’il dérange, c’est surtout parce qu’il témoigne d’une vérité qui fait mal et qui est difficilement concevable, d’où l’intérêt de la fiction.
Si il y a bien un film que le monde entier devrait voir c'est celui-ci. Il porte un message d'alerte qui résonnera en chacun de vous. On ne peut que saluer le courage de cette réalisatrice, ces acteurs, le croissant rouge et la mère d'Hind Rajab.
Moment suspendu que ce film, une réalité difficile à entendre et voir, douleurs intenses de ne pouvoir agir. On ressent l'estomac serré et les poings crispés l'impossibilité de bouger et de sauver cet enfant, on est acteur au côté de tous, cloué sur notre fauteuil, impuissant, sensation douleureuse ! Réalisation et jeux d'acteur sans aucunes fausses notes
Lorsque la lumière s'est rallumée à la fin du film, les visages de la plupart des spectateurs s'étaient figés dans une profonde affliction, choqués, comme des personnes venant de vivre un événement d'une extrême violence en direct et les autres ne pouvaient retenir leurs larmes. J'avoue ne pas avoir pu retenir les miennes, alors même que je connaissais déjà toute l'histoire de la petite Hind et sa famille. Ce film est absolument unique, avec une sobriété proche du documentaire. La continuité entre les sons réels et la scène avec les acteurs donnent la mesure de l'atrocité réellement vécue au point que l'on ne regarde plus un film, mais nous assistons au crime atroce en train d'être commis, encore plus impuissants que les secouristes.
il fallait du courage pour faire ce film et surtout à ce moment de la guerre à Gaza. Merci pour ce moment de vérité et d'émotion et bravo aux comédiens et à la réalisatrice qui ont scrupuleusement relaté les faits tels qu'ils se sont produits.
L'Histoire dans la petite histoire : mais quel histoire !!! La plus grande tragédie de l'humanité de ce début de millénaire : un peuple que l'on extermine dans la barbarie apocalyptique qui nous est dévoilée, sous nos yeux qui n'ont que leurs oreilles pour pleurer : la petite Hind Rajab va hanter nos consciences pour l'éternité... Mais un film est tiré de cette histoire... Irritant et non pas que bouleversant. Râté donc : le personnage qui joue l'opérateur téléphonique de l'illustre Croissant Rouge est consternant d'une égotité narcissique. Il rapte l'attention ultime que chacun donne á cette petite pour glorifier sa prétendue détermination au service d'un sauvetage dont il participe de rendre le naufrage encore plus indicible, si c'est possible... Tous les autres personnages traversent cette tragédie avec une humanité sidérante de grandeur á l'aune de l'impuissance de leur enfermement derrière ce téléphone qui est la frontière d'un univers gouffre du lieu de cette petite avec laquelle le lien d'humanité qu'ils tissent donne encore á espérer en une épiphanie humaine
C'est un film très important à voir. Poignant, émouvant et déchirant; Nous faisant réaliser l'horreur de la guerre et du conflit qui se déroule au Proche Orient. Après avoir regardé ce film c'est impossible de se plaindre de quoi que ce soit.
Quel film, quelle puissance, quelle horreur. Tellement de sentiments confus avec cette petite princesse victime d’hommes monstrueux sans humanité. C’est dur à regarder mais essentiel pour pouvoir témoigner .