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Truffaut regarde l'amour comme un insecte sous une loupe, avec la patience froide d'un entomologiste peu enclin au sentiment. Pierre en devient le cobaye, et peut-être le miroir, tant le tournage coïncide avec la propre déroute conjugale du cinéaste. Tromper, ici, n'a rien d'une folie : c'est méthodique, emprunté, presque administratif. La faute semble se diluer dans l'air du temps plutôt que se loger dans un seul cœur coupable. Cette absence de verdict fait toute sa force, un soupir amer sur la lâcheté ordinaire que dissimule le vernis bourgeois. Truffaut refuse la scène de rupture spectaculaire et préfère bâtir sa tension par petites touches, un horaire d'avion noté à la hâte, une clé de chambre glissée dans une poche. L'adultère devient affaire de logistique, filmée avec une précision qui doit beaucoup à Hitchcock, dont le cinéaste prépare alors le fameux livre d'entretiens. Je trouve que l'amour s'y regarde comme un crime qui couve, et l'intensité du film tient moins à l'intrigue qu'à la patience avec laquelle elle se distille, quitte à verser, par instants, dans la langueur.
Jean Desailly prête à Pierre une opacité presque agaçante, un amant terne, sans panache, et c'est précisément ce qui rend le personnage si vrai car encore un amant flamboyant m'aurait énervé. Face à lui, la splendide Françoise Dorléac illumine chaque plan. Sa Nicole porte le seul désir sincère du film, sans calcul, et l'on devine que Truffaut la filme avec une tendresse particulière, presque amoureuse. Nelly Benedetti, trop longtemps sous-estimée, livre pour moi la vraie révélation du film, avec cette épouse effacée au départ, qui grandit par paliers jusqu'à devenir le moteur secret du récit. Truffaut choisit la tendresse blessée plutôt que le scandale, l'observation compatissante d'un homme qui se noie doucement dans son propre confort. On parle du spécialiste de la tromperie donc d'un grand connaisseur du sujet, ce qui rend le tout très vrai.
Jean Desailly prête à Pierre une opacité presque agaçante, un amant terne, sans panache, et c'est précisément ce qui rend le personnage si vrai car encore un amant flamboyant m'aurait énervé. Face à lui, la splendide Françoise Dorléac illumine chaque plan. Sa Nicole porte le seul désir sincère du film, sans calcul, et l'on devine que Truffaut la filme avec une tendresse particulière, presque amoureuse. Nelly Benedetti, trop longtemps sous-estimée, livre pour moi la vraie révélation du film, avec cette épouse effacée au départ, qui grandit par paliers jusqu'à devenir le moteur secret du récit. Truffaut choisit la tendresse blessée plutôt que le scandale, l'observation compatissante d'un homme qui se noie doucement dans son propre confort. On parle du spécialiste de la tromperie donc d'un grand connaisseur du sujet, ce qui rend le tout très vrai.
Le thème de l’adultère a beau être éculé, François Truffaut grâce à la finesse de sa réalisation ainsi qu’à une écriture intelligente parvient à brosser un drame délicat faisant affleurer l’émotion d’un récit subtilement. A cela s’ajoute une interprétation des plus convaincantes faisant de « La peau douce » une œuvre au parfum doux-amer d’amour passionnel et de rancœur rance.
"La Peau douce" est une chronique austère de François Truffaut sur les tourments de l’adultère. Un écrivain respecté s’engage dans une liaison avec une hôtesse de l’air, mettant en péril son mariage et sa réputation. Truffaut dépeint avec minutie l’étouffement d’une passion vouée à l’échec, mais la froideur de la mise en scène rend l’histoire parfois difficile à investir émotionnellement. Les personnages, bien qu’interprétés avec finesse, manquent de profondeur pour susciter une véritable empathie.
Ce film est un enchantement, Françoise Dorléac est somptueuse. Le suspens monte petit à petit, la réalisation est impeccable, l'interprétation et l'expression des acteurs sont parfaites. La claque!
Une histoire de tromperie pas vraiment passionnante, on s'ennuie ferme. Dans un petit rôle, Philippe Dumat, acteur de doublage (Papa Schultz)
Échec public à sa sortie (1964), cet opus de Truffaut considéré généralement comme secondaire dans sa filmographie, fait l'objet d'une ressortie en salle.
Histoire d'un adultère, le scenario simplissime donne naissance à un des deux ou trois titres que je préfère du cinéaste.
Il y a le casting formidable ( Françoise Dorleac qui décédera quatre ans après le tournage, est exceptionnelle), la mise en scène, la photo superbe en noir et blanc signée Raoul Coutard et un montage au cordeau.
Certains voient dans le rôle attribué à Jean Desailly une forme d'incompréhension, jugeant le couple peu crédible.
C'est faire fi de certains éléments donnés dans le scénario et ( de mon point de vue) un manque de psychologie tout court, car au contraire tout colle parfaitement.
Truffaut a fait part comme source d'inspiration du scénario, d'événements survenus dans sa vie personnelle.
" La femme d'à côté" reprendra par la suite, certains éléments de " la peau douce".
Histoire d'un adultère, le scenario simplissime donne naissance à un des deux ou trois titres que je préfère du cinéaste.
Il y a le casting formidable ( Françoise Dorleac qui décédera quatre ans après le tournage, est exceptionnelle), la mise en scène, la photo superbe en noir et blanc signée Raoul Coutard et un montage au cordeau.
Certains voient dans le rôle attribué à Jean Desailly une forme d'incompréhension, jugeant le couple peu crédible.
C'est faire fi de certains éléments donnés dans le scénario et ( de mon point de vue) un manque de psychologie tout court, car au contraire tout colle parfaitement.
Truffaut a fait part comme source d'inspiration du scénario, d'événements survenus dans sa vie personnelle.
" La femme d'à côté" reprendra par la suite, certains éléments de " la peau douce".
Un film de 64 noir et blanc revigorant. Ça nous change des films de 2024. Avec Truffaut, à défaut d'intrigue étonnante on retrouve des plans séquence noir et blanc de cinéma, des rappels improbables, impossibles aujourd'hui : 40mn avant de prendre un avion pour Lisbonne à Orléans ! Premiere classe ou pas, inimaginable 50 ans plus tard... des bas nylon, des gauloises sans filtre, des déplacements rapide en DS ou Austin dans qui tiennent aujourd'hui de la SF. Le casting, avec un Jean Dessailly l'intello en improbable chapeau mou, une Françoise Dorleac qui crève l'écran, bref, à la relecture ce film nouvelle vague est en soi une dystopie nostalgique qui donne envie de revenir en arrière.
En 1964, j'avais 5 ans, et je m'intéressais... aux bagnoles ! Cette passion m'a quitté à l'âge de 8 ans... Dans ce film de 1964, les voitures ont été mon premier centre d'intérêt, je reconnais les modèles ! J'apprécie le noir et blanc...J'aime beaucoup depuis mon plus jeune âge Daniel Ceccaldi (Vive la vie ! plusieurs films de Truffaut,...), je l'ai déjà croisé dans le TGV Paris-Lyon... Dans ce film, il n'a malheureusement qu'un tout petit rôle, celui du vieux copain emmerdeur, mais il le joue à merveille ! Autre point positif, le dîner bourgeois à Reims avec les gueules croquignolesques et effarouchées de la bonne société rémoise... Quant à Jean Dessailly, il est d'une faveur catastrophique ! Il est très loin d'être torride ! Le couple Dessailly-Dorléac ne tient absolument pas la route, il n'est pas crédible... Ce qui nous est montré de ce "couple" est la soirée catastrophique à Reims ! En revanche. la femme trompée joue très bien, avec ses brusques revirements "je t'aime-je te hais"... Tout se passe beaucoup trop vitedans ce film, formation du couple adultère, prise de décisiondu meurtre... Bref, film incoloreet inodore, je n'ai pas accroché...
Editeur et conférencier renommé, Pierre Lachenay rencontre à Lisbonne une jeune hôtesse de l'air et c'est le début, pour Pierre, d'une relation extraconjugale tourmentée.
Comment expliquer que cet homme apparemment comblé et si loin des choses de l'adultère, cet homme pressé, ce mûr intellectuel marié à une femme charmante ait pu franchir ce cap, et si vite? François Truffaut ne l'explique pas, sinon par la silhouette troublante de Nicole (Françoise Dorléac) qui passe, un jour, par hasard, à côté de Lachenay. Dans cet adultère commun entre une jeune fille un peu perdue et un homme trop vieux pour elle, entre deux amants que tout semble éloigner, Truffaut se place sur un plan humain et psychologique, et tourne le dos à toutes les sortes de considérations morales.
C'est un cinéma de vérité et de sensibilité qui revisite l'adultère "bourgeois" au-delà de ses conventions, où la sincérité du personnage de Jean Desailly détourne des jugements péremptoires sur l'infidélité conjugale. Le cinéaste décrit un quadragénaire éperdu, simultanément "de son âge" et rajeuni par l'amour, tour à tour fébrile et déterminé.
Jean Desailly restitue parfaitement la fragilité et la modestie d'un personnage que son statut d'intellectuel ne protège pas d'un soudain élan amoureux, d'une belle illusion.
Comment expliquer que cet homme apparemment comblé et si loin des choses de l'adultère, cet homme pressé, ce mûr intellectuel marié à une femme charmante ait pu franchir ce cap, et si vite? François Truffaut ne l'explique pas, sinon par la silhouette troublante de Nicole (Françoise Dorléac) qui passe, un jour, par hasard, à côté de Lachenay. Dans cet adultère commun entre une jeune fille un peu perdue et un homme trop vieux pour elle, entre deux amants que tout semble éloigner, Truffaut se place sur un plan humain et psychologique, et tourne le dos à toutes les sortes de considérations morales.
C'est un cinéma de vérité et de sensibilité qui revisite l'adultère "bourgeois" au-delà de ses conventions, où la sincérité du personnage de Jean Desailly détourne des jugements péremptoires sur l'infidélité conjugale. Le cinéaste décrit un quadragénaire éperdu, simultanément "de son âge" et rajeuni par l'amour, tour à tour fébrile et déterminé.
Jean Desailly restitue parfaitement la fragilité et la modestie d'un personnage que son statut d'intellectuel ne protège pas d'un soudain élan amoureux, d'une belle illusion.
Scénario banal traité avec une lenteur exaspérante , extrêmement déçu , dialogues semblant souvent postsynchronisés ... on regrette le cinéma des papas tant critiqués par cette nouvelle vague ...
Truffaut utilise un fait divers pour en faire un film sur l'adultère, la passion, le mensonge. Truffaut sait subliment raconter les histoires, les scènes s'enchaînent et on est pris pleinement dans l'histoire. Chaque scène entre les deux amants nous mettent dans une situation de stress avec la peur qu'ils soient découverts. L'histoire que Truffaut nous raconte n'a rien de sensationnel mais c'est la façon de la narrer qui est vraiment exceptionnel. Il réussit à rendre très intéressante, une histoire qui est pourtant complètement banale. Cela s'appelle le talent et Truffaut n'en manque pas c'est assez clair. Après "Jules et Jim", Truffaut ne manque pas le coche et nous livre un superbe moment de cinéma qui de plus est fort haletant. Bien sûr, le film ne serait rien sans la très belle Françoise Dorléac et le talentueux Jean Desailly. Un bon Trufffaut
Certes le scénario est banal (une histoire d’adultère qui finit mal), mais cette manière de filmer, est vraiment inhabituelle : le réalisme est au top, à tel point qu’on n’a pas l’impression de regarder un film, et on comprend parfaitement que cet écrivain connu, interprété par Jean Dessailly, 40 ans à l’époque, tombe amoureux d’une jeune hôtesse de l’air particulièrement séduisante, interprétée par la jeune (22 ans à l’époque) Françoise Dorléac. Les seconds rôles sont également très réussis, comme Daniel Ceccaldi en « emmerdeur ». Très réussi.
Film traitant un triangle amoureux. Slaisse regarder mais histoire trop classique.
Les +
- Le découpage de Truffaut est intéressant. On dit qu'il est novateur, je ne connais pas assez les théories du cinéma pour le confirmer. Inspiration hitchcockienne visible et bien venue.
- François Dorléac est parfaite, son charme apporte beaucoup au film.
- Nelly Benedetti est efficace dans son rôle de femme trompée. On aurait aimer la voir plus souvent, elle est peu utilisée, hormis à la fin où elle est clôt le film.
LES -
- Jean Desailly, trop fade mais le rôle est ainsi. Jouer un intellectuel bourgeois plutôt timide n'est pas très charismatique. Son regard inquiet et furetant ça et là lentement est insupportable.
- Intrigue beaucoup trop classique, le film peut être ennuyeux (je ne l'ai pas trouvé étonnamment mais je peux très bien comprendre si certains l'ont trouvé ainsi)
- (Pas de spoil, pas d'inquiétude) Scène finale grotesque, pas crédible, trop directe, on ne s'y attend pas ! (J'ai lu que Truffaut se serait inspiré d'un fait divers de 1963, je ne suis pas surpris, il est coutumier des faits divers et d'éléments autobiographiques)
Les +
- Le découpage de Truffaut est intéressant. On dit qu'il est novateur, je ne connais pas assez les théories du cinéma pour le confirmer. Inspiration hitchcockienne visible et bien venue.
- François Dorléac est parfaite, son charme apporte beaucoup au film.
- Nelly Benedetti est efficace dans son rôle de femme trompée. On aurait aimer la voir plus souvent, elle est peu utilisée, hormis à la fin où elle est clôt le film.
LES -
- Jean Desailly, trop fade mais le rôle est ainsi. Jouer un intellectuel bourgeois plutôt timide n'est pas très charismatique. Son regard inquiet et furetant ça et là lentement est insupportable.
- Intrigue beaucoup trop classique, le film peut être ennuyeux (je ne l'ai pas trouvé étonnamment mais je peux très bien comprendre si certains l'ont trouvé ainsi)
- (Pas de spoil, pas d'inquiétude) Scène finale grotesque, pas crédible, trop directe, on ne s'y attend pas ! (J'ai lu que Truffaut se serait inspiré d'un fait divers de 1963, je ne suis pas surpris, il est coutumier des faits divers et d'éléments autobiographiques)
S'inspirant d'un fait divers, Truffaut met en scène un drame sentimental tragique et sensible sur les méandres de l'adultère, porté par une interprétation sobre et accompagné par la musique de Delarue.
Hyper classique, le récit de ce couple adultérin porte l’estampille Truffaut, et dès lors tout s’éclaire, ou presque. Par l’élégance d’une mise en scène qui heurte la froideur bourgeoise de cet intellectuel toujours trop pressé. Pierre Lachenay découvre à nouveau l’amour et à nouveau repart dans ses diverses occupations difficilement compatibles avec sa double vie qui fait éclater son ménage et perturbe sérieusement sa maîtresse. Cette exaltation Truffaut réussit à la sublimer dans l’attente et l’urgence, le suspense et le quotidien . Quelques coups de griffes ici et là, à la bourgeoisie bien-pensante et aux notables de province et le harcèlement sexuel à plusieurs reprises… AVIS BONUS De petites rencontres d’époque sur la Croisette, des commentaires du réalisateur sur quelques scènes et un joli point de vue de Nicolas Saada
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
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