La Valse des pantins est pour moi un film profondément irritant, presque pénible à supporter de bout en bout. Bien qu’amateur de Robert De Niro, je trouve ici son personnage non seulement antipathique, mais littéralement insupportable. Son débit de parole incessant, son culot envahissant et son absence totale de grâce finissent par user la patience du spectateur. Là où le film semble vouloir provoquer le malaise ou la satire, il ne produit qu’un ennui agacé.
Le problème est aggravé par le choix de Jerry Lewis, étonnamment terne et renfrogné. Voir un comique de cette stature passer l’essentiel du film à afficher une mine fermée et une froideur hautaine relève presque de l’absurde — mais d’un absurde stérile, sans mordant ni intelligence comique. Aucun contrepoint, aucune respiration : uniquement des personnages antipathiques qui se regardent en chiens de faïence.
Le scénario, prétendument satirique, tourne à vide. Il n’y a ni progression dramatique convaincante, ni véritable tension, ni plaisir narratif. L’obsession du personnage principal n’éclaire rien, ne révèle rien, et n’évolue jamais : elle se répète, s’étire et finit par lasser. La critique des médias et de la célébrité, souvent invoquée pour défendre le film, paraît ici pesante, démonstrative et étonnamment creuse.
Quant à la mise en scène de Martin Scorsese, elle semble inhabituellement fade, presque désincarnée, comme si le cinéaste lui-même se tenait à distance de son sujet. L’ensemble donne une impression de froideur clinique, mais sans la rigueur ni la profondeur qui pourraient justifier ce choix esthétique.
Au final, La Valse des pantins m’apparaît comme un film complaisant dans son malaise, dépourvu d’empathie, d’humour et de véritable propos incarné. Malgré mon attachement à Robert De Niro, il m’a été difficile — voire pénible — d’aller jusqu’au bout. Une œuvre que je comprends intellectuellement, mais que je rejette presque entièrement sur le plan du plaisir de cinéma.