Une vraie réussite à partir d'une idée géniale. D'autant plus que dans les années 90, on ne peut pas dire qu'il s'agissait là d'un sujet facile. Rarement abordé et encore sur le ton de la comédie, rares devaient ceux qui parier sur un projet viable qui pouvait avoir du succès. Josiane Balasko a fait preuve d'une grande détermination pour bâtir ce projet et donner un peu de sa personne en endossant le rôle titre avec brio. Le casting réussi est aussi la raison de ce succès. Des dialogues souvent percutants, qu'on retient encore trente ans après. L'atmosphère est aussi importante, sans faire une fixation contre une région plus qu'une autre, je ne suis pas sûre que le même film dans le Nord aurait eu un tel aura. Je ne vais pas me faire des amis en écrivant ça, mais le Vaucluse est un bel écrin pour cette histoire, à plusieurs titres. Il y a quelques clichés, parfois on peut le regretter. Cependant l'image que pouvait avoir le grand public de l'homosexualité féminine devait être encore pire à l'époque, donc il faut voir cela comme une nécessité de scénario dans un contexte compliqué.
Je ne vais pas raconter l'histoire, même sous forme de synopsis, ça m'agace quand je lis le résumé de tout le film dans certains commentaires. A mon avis, ceux-ci sont pour porter témoignage sur ce que l'on retient d'un film, donner envie de le voir, regretter des points que l'on n'a pas apprécié. Pour moi ce film, c'est un beau "pied de nez" contre l'infidélité, assez moral en fait. Il y a aussi des moments d'une grande tristesse parfaitement illustré par la scène de Ticky Holgado comprenant la bévue énorme qu'il vient de faire : je dirais juste qu'une jeune fille qu'il n'a pas reconnue, est venue le voir. Je ne préfère pas en dévoiler davantage. La fin du film me paraît plus étonnante et j'apprécie aussi, à double titre; D'abord la famille que je qualifierai de "recomposée" qu'ils ont formée à eux trois, à eux quatre avec le bébé. Et surtout cette courte apparition d'un immense acteur italo-espagnol, Miguel Bosè plus connu dans les pays de ses parents, certes, mais qu'on a pu admirer dans quelques oeuvres, la rencontre est explosive et une belle conclusion. L'inattendu est au coin de la rue...ou lors d'une visite pour l'agent immobilier !