Voulant explorer davantage la filmographie de Lars von Trier, je me suis lancé dans le visionnage de "Antichrist". Considéré comme étant une œuvre très compliquée à regarder, je dois dire que je confirme ce jugement, même si ce n'est clairement pas un facteur de qualité en ce qui concerne ce projet. Dans l'ensemble, j'ai trouvé que le film était franchement mauvais et qu'il ne sert finalement pas à grand-chose. Continuant donc simplement la longue tradition des longs-métrages de ce réalisateur, le film est globalement assez provocant et tourne surtout autour de thématiques plutôt graves. Ici, alors que l'on pourrait croire que le sujet sera le deuil, l'histoire bascule dans un affrontement entre l'homme et la femme. Et avant de parler des sujets qui me dérangent, je dois quand même émettre un bon point : la réalisation de Lars von Trier. Objectivement, je l'ai trouvé plutôt soigné, notamment lors d'une introduction au ralenti, et en noir et blanc, sublimé par la musique. Malheureusement, mon intérêt envers ce projet s'est arrêté une fois que cette scène s'est terminée, car, comme je l'ai dit, je n'ai jamais réussi à rentrer dans ce qu'il me proposait. Sur le papier, je comprends ce que ce dernier souhaite nous raconter, au travers de l'emprise de cet homme sur sa femme. C'est lui qui impose les règles, et dans une situation aussi forte qu'un deuil, la pression est trop particulière pour ne pas exploser. Alors, cette dernière cherche à reprendre le dessus, et les choses vont aller loin, avec des paraboles complexes sur pas mal de choses (d'où le titre du film). Et à ce niveau, beaucoup d'éléments m'ont empêché de me sentir pris par ce développement. Déjà, car je n'ai pas trouvé que Willem Dafoe ou Charlotte Gainsbourg étaient particulièrement accueillants. Je les ai trouvés assez vides, même si cela ne vient probablement pas que d'eux. En effet, nous connaissons Lars von Trier et il aime nous mettre à distance de ses héros. Et honnêtement, c'est un procédé qui me laisse toujours sur le carreau, car je ne ressens donc jamais le moindre attachement envers ces personnages. Sachant donc que nous sommes face à des héros peu attachants et joués d'une manière vraiment en retenue par leurs interprètes, il a été difficile de m'intéresser à tout cela quand 3/4 du film se résume à des échanges entre eux. La plupart sont franchement soporifiques, le rythme n'étant jamais généreux. Il n'y a que lors de la conclusion que les choses s'accélèrent, mais cela en devient assez déconcertant. Certes, l'idée est évidemment de provoquer, avec pas mal de sous-entendus, mais le ton ne réussit jamais à donner une crédibilité à tout cela. À mon sens, le montage empêche vraiment à l'ensemble de prendre, le rythme des coupes étant parfois anarchique. Je comprends donc ce que l'on me raconte et comment on veut me le raconter, mais rien, que ce soit dans la forme ou dans le fond, ne m'a aidé à m'y intéresser. Lars von Trier peut m'exprimer ce qu'il veut, il m'ennuie, et c'est comme ça. Pour conclure, un ensemble finalement très ennuyeux.