"American History X" est un film qui a toujours été très compliqué à critiquer et/ou à analyser. Entre les personnes qui n'ont pas compris l'œuvre et imagent qu'elle embrasse leurs idées, ou ceux qui n'y voient pas la portée politique très forte contenue à l'intérieur, autant dire que l'exercice est difficile. Pourtant, le résultat est assez simple : le long-métrage est un petit bijou. Personnellement, je ne lui enlève pas quelques longueurs et des petites facilités d'écriture, mais c'est vraiment léger comparé à tout ce qu'il propose à côté. Traitant d'un sujet particulièrement sensible, l'histoire est une sorte de démonstration des conséquences de la haine. On nous montre comment elle apparaît et ce qu'elle engendre, au travers du destin croisé des frères Vinyard. Que ce soit Edward Norton ou Edward Furlong, chacun est d'ailleurs excellent dans son rôle et transmet la thématique centrale du film au travers d'une idéologie assez glissante. Alternant entre des moments dans le passé et le présent, le scénario met en opposition une violence extrême et une rédemption. Pour cela, le réalisateur Tony Kaye a eu la bonne idée de bien distinguer les deux timelines. Si le passé est en noir et blanc pour symboliser une vision du monde binaire, la couleur apparaît pour les séquences dans le présent. On y voit une vision bien plus nuancée et complexe, l'astuce de mise en scène fonctionne donc parfaitement. Et autant le dire, le film assume à 100 % cette décision, à commencer par les parties dans le passé. Elles offrent effectivement beaucoup de violences et de dialogues choquants, le crescendo de cette idée étant amené dans la fameuse séquence du trottoir. Et donc, à l'inverse, les parties dans le présent offrent bien plus de recul et de dialogues plus construits. Tout est réellement croisé, même si cette approche pourra gêner des spectateurs. Effectivement, il sera peut-être compliqué de comprendre cette idée, car il est difficile de se sentir heureux pour un personnage ayant véhiculé autant de messages négatifs. Mais à vrai dire, je ne pense pas que le film cherche à nous faire attacher à ces protagonistes, bien au contraire. Ceux-ci ne sont que des exemples pour schématiser la thématique principale, et en aucun cas nous sommes invités à les apprécier, même après la rédemption. Le meilleur exemple pour cela étant la conclusion, qui est très cruelle, mais qui est aussi criante de vérité. Elle amène un message pessimiste, mais important, où la haine ne peut jamais entraîner autre chose que la haine. Cette fin vous laissera probablement le spectateur dans un état assez particulier, la preuve qu'elle aura réussi son coup. Le long-métrage est donc une œuvre très importante, qui doit encore continuer d'être montrée, ce dernier étant une démonstration parfaite de ce que la haine peut engendrer. Pour conclure, un projet vraiment marquant.