Le Jour se lève
Note moyenne
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94 critiques spectateurs

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Deroo Blar
Deroo Blar

1 abonné 178 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2026
Drame social qui pose des questions sur la société, sur la culpabilité, sur la morale, sur pleins de sujets en fait.

C'est ce qui en fait un film à la fois simple et complexe en même temps car il est d'une incroyable profondeur.

La mise en scène est intelligente avec ces flash back,.ce désordre choisi pour ordre.

Alors je ne sais pas si c'est moi mais en règle générale, même si on retrouve régulièrement les mêmes acteurs, les années 30 regorgent de comédiens hypers talentueux. J'inclus évidemment les actrices.

Superbe scène entre Arlety et Gabin, comme quoi les années 30 étaient déjà en avance et si parfois ce vieux cinéma paraît niais, il est ici d'une justesse somptueuse.

La chronique sociale est poétique, sombre et hyper maîtrisée, c'est vraiment un grand film.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2026
Avec Le Jour se lève, Marcel Carné porte le réalisme poétique à l’une de ses expressions les plus accomplies, en enfermant son héros dans une fatalité dont l’issue est connue dès les premières minutes. Jean Gabin y trouve l’un de ses rôles les plus emblématiques, mêlant force populaire et profonde vulnérabilité dans un personnage acculé par ses passions et ses erreurs. La construction en flash-back nourrit admirablement la tension dramatique, tandis que les décors et les jeux d’ombre confèrent au film une atmosphère à la fois réaliste et presque onirique. Mais, derrière cette maîtrise formelle et la puissance de son climat mélancolique, le récit paraît parfois excessivement soumis à la logique du destin, au détriment de la complexité des motivations humaines. Une œuvre majeure du cinéma français d’avant-guerre, portée par une immense élégance tragique, mais dont le fatalisme programmé laisse une émotion davantage contemplative que bouleversante.
CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mai 2026
Un homme droit croise le chemin d'un manipulateur, et tout est joué. Dès la première minute, on sait comment ça finit, et pourtant on reste là, cloué, comme la foule massée sous la fenêtre de François. Cette foule, c'est nous et notre curiosité morbide qui demande : comment un type bien en est arrivé là ? Le film est un piège mécanique, une tragédie antique en bleu de travail où chaque flash-back resserre l'étau autour d'un homme qui n'avait rien demandé. Gabin est immense comme toujours : la présence physique, le regard qui porte tout, et ce monologue hurlé à la foule en contre-plongée qui tutoie les plus grandes scènes du théâtre tragique. Face à lui, et ce fut surprise totale pour moi, Jules Berry lui tient tête et apporte un vrai plus. Arletty, toute de gouaille et de beauté, glisse un peu de douceur dans cet océan de noirceur. Prévert signe évidemment des dialogues d'une justesse redoutable, impossibles à découper tant chaque réplique fait corps avec la suivante. Le noir et blanc porte une dimension lyrique indissociable de l'âme du film. Le réalisme poétique est pour moi à son sommet absolu et ce film est impensable en couleur. Derrière tout ça, Marcel Carné filme sans concession la France du Front Populaire qui agonise, un héros prolétaire seul contre tous, la chute de l'intégrité face au mensonge. Une tragédie grecque en version ouvrière.
Bernard M
Bernard M

28 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2026
Ce film de 1939 a reçu un accueil mitigé car c'était le premier à utiliser la technique du " flash back": aujourd'hui ,bien-sûr, c'est nettement mieux perç pour un tel film, les retours en arrière étaient indispensable car sa faiblesse tient dans la faiblesse du scénario et son évolution vers le drame iné puissance de jeu de Jean Gabin, mais aussi de celle des acteurs en vogue à cette époque là, ( Jules Berry, Arletty) finissent par en faire un film apprécié en dissimulant ainsi ses faiblesses.
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 356 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2025
Pour un film d’avant la Seconde Guerre mondiale, cette œuvre se distingue par sa construction narrative audacieuse. Le scénario joue sur l’effet d’attente : la fin est connue dès le départ, et le film se consacre à démêler les fils qui y mènent, avec une tension bien dosée. La mise en scène, claire et efficace, évite toute confusion entre les flashbacks et les séquences post-crime, ce qui renforce l’immersion.
Les interprétations des quatre personnages principaux sont convaincantes, portées par des acteurs crédibles. En revanche, le rythme pâtit parfois de dialogues superflus et de intrigues amoureuses qui, bien que semblant anecdotiques au premier abord, s’avèrent finalement centrales. Sans atteindre le statut de chef-d’œuvre intemporel de son époque, ce film reste une réalisation solide, à la fois intelligente et divertissante.
Arthur Lafont
Arthur Lafont

3 abonnés 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 juillet 2025
Un classique. Une très belle image, une ambiance studio Billancourt à la quai des brumes, des textes doucement poétique comme sais si bien les faire Prévert (c'est pas grand chez toi mais c'est tout p'tit quand même) et une interprétation toute en finesse de la part de l'ensemble du casting. Le reflet typique d'une époque où les mœurs était étonnamment libre.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2025
Quelques mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Marcel Carné devait sentir l’atmosphère lourde qui couvait en Europe. En effet, Le Jour se lève est beaucoup plus sombre que son précédent film, Hôtel du Nord (dont la dernière séquence s’ouvrait de manière amusante par la phrase "Le Jour se lève"). Le scénario de Jacques Viot et les dialogues de Jacques Prévert ne laissent aucune place à l’humour dans cette histoire simple mais universelle et intemporelle car pouvant arriver à n’importe qui. Ce récit est d’ailleurs renforcé par une structure en flashbacks qui était assez novatrice pour l’époque (nous sommes deux ans avant Citizen Kane, qui reprendra aussi le principe de construire les quatre murs du décor et non trois comme il était coutumier de faire). Une fois de plus, Carné sublime son film en utilisant un quatuor d’acteurs exceptionnels (Jean Gabin, Jules Berry, Jacqueline Laurent et Arletty) auquel s’ajoute dans un rôle très secondaire un jeune homme devant faire également une brillante carrière : Bernard Blier. Ajoutons à cela les décors d’Alexandre Trauner et la musique de Maurice Jaubert, Le Jour se lève est une très grande réussite de Marcel Carné qui reste toujours passionnant plus de 85 ans après sa réalisation.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2024
Un grand film coécrit et réalisé par Marcel Carné en 1939. Avec " Le jour se lève" il nous livre un grand drame romantique dont il a coécrit le scénario avec Jacques Viot. Ils nous conte une histoire très noire avec heureusement une sémillante Arletty qui dit "Tout le monde ment, et si je disais le contraire ce serait un mensonge" où l'on reconnait de suite les dialogues de Jacques Prévert.
la réalisation nous offre, en effet, un casting prestigieux avec un Jean Gabin sensationnel dans le joli rôle de François, un type mi violent vindicatif mi gentil garçon sentimental. On y retrouve avec plaisir Bernard Blier, presque un débutant, puisqu'il joue son 6ème film dans un rôle de collègue de travail de François ; cerise sur le gâteau avec un Jules Berry comme toujours très volubile.
Même si ce film nous offre des moments grandioses avec des scènes d'échanges entre J. Gabin et J.Berry ou Arletty, il montre aussi des points de déception : le montage flash-back (on connait la fin de l'histoire dès le début du film, une histoire montrant des points d'incrédibilité avec l'inaction de la police ce qui, je l'admet, justifie tous ces flash-back.
A B
A B

3 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2024
MA-GNI-FIQUE! Tout, les acteurs, la photo, le sens, humain, très humain... Éternel, plaire, aimer, mentir, tuer, un peu beaucoup... à la folie! Quel bonheur de film!
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 décembre 2023
Assiégé dans sa chambre d'hôtel, tout en haut d'un immeuble, tel que réfugié dans une forteresse, un assassin se remémore les circonstances de son acte et attend le châtiment du petit matin.
Jean Gabin est le héros maudit de cette tragédie en trois actes (qui coincident avec trois retour en arrière, enserrés entre un prologue et un épilogue), une histoire d'amour vouée à l'échec parce que,la haine aura eu raison de l'amour.
Ce drame de Carné, au demeurant très simple, se distingue par la qualité des textes de Prévert. Sur fond de réalisme social, il exalte les vertus et les beautés d'une passion naissante par des dialogues très inspirés. Poétiques ou parfois drôles, ils permettent à Gabin, Jules Berry et Arletty une composition mémorable et suscitent entre les trois personnages et comédiens de fameux échanges. Cette histoire d'amour à quatre, parce que Gabin attire l'amour de Jacqueline Laurent, la tendre affection d' Arletty et la jalousie haineuse de Jules Berry, est une des plus réussies démonstrations de la supériorité du cinéma français d'avant-guerre.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 août 2023
Juste avant sa sortie sur les écrans le 9 juin 1939, Marcel Carné organise une projection du “Jour se lève” pour Jacques Prévert, Alexandre Trauner, Jean Gabin et Jacques Viot. A la fin, Gabin un peu bourru affirme tout de go : “Ca vaut pas l’Quai... “ . Carné lui répond : “ Tu te trompes... C’est supérieur au Quai... En tout cas, le film vieillira moins vite...”. Une vision rapprochée des deux films plus de 80 ans après leurs sorties respectives en salles confirme sans contexte la prophétie de leur réalisateur qui sans doute mieux que personne savait de l’intérieur mais aussi par sa vision d’ensemble ce qui avait fait de “Quai des brumes” un film bancal. Une intrigue filandreuse et décousue, des personnages se désincarnant à mesure qu’ils déclament des dialogues parfois pompeux et outranciers qui abîment gravement la cohérence de l’ensemble et le travail très ambitieux sur l’esthétique. Un grand film raté en quelque sorte.
Des défauts structurels dont ne souffre aucunement “Le jour se lève” avec son intrigue resserrée sur quatre personnages remarquablement dessinés mais aussi parfaitement fluide car s’enroulant harmonieusement autour de trois longs flashbacks. Fort de ce cadre d’action maîtrisé livrant des enjeux lisibles, les acteurs peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes. Avec “Drôle de drame” et “Hôtel du Nord” , “Le jour se lève” constitue le trio magique de la filmographie de Marcel Carné riche d’une grosse vingtaine de longs métrages tournés de 1932 à 1977.
Après le succès du “Quai des brumes”, Carné avait signé pour un autre film avec Gabin. L’acteur qui est alors en position dominante souhaite porter à l’écran “Martin Roumagnac” , un roman de Pierre-Martin Wolf dont il a acheté les droits. Carné après avoir lu le roman n’est pas du tout convaincu. Jacques Prévert de son côté prévient que le film se fera sans lui. Gabin renonce provisoirement à son projet qu’il mènera finalement à bien à son retour de la guerre sous la direction de Georges Lacombe avec Marlène Dietrich à ses côtés. Prévert propose alors une histoire de gangsters sur laquelle s’embarque immédiatement Carné qui part en repérage avec Alexandre Trauner et Prévert aux Baux-de-Provence où l’intrigue doit se dérouler durant une nuit de Noël. Le projet qui prend pour nom “Rue des vertus” se fera avec Arletty et Jules Berry auxquels Prévert et Carné sont très attachés. Mais Prevert semble avoir bien du mal à boucler son scénario ce dont se rend très vite compte Carné.
C’est finalement Jacques Viot, un voisin de Carné qui va démêler la situation, proposant un synopsis de quelques pages intitulé “Le jour se lève” qui va interpeller le réalisateur par sa structure en flashbacks, procédé narratif jusqu’alors inusité dans le cinéma français. Sentant qu’il tient enfin quelque chose de solide, Carné se met en tête de convaincre le producteur, Prevert et Gabin. La distribution principale prévue pour “Rue des vertus” est confirmée et Trauner se chargera de bâtir l’immeuble devenu fameux où François, spoiler: l’ouvrier sableur joué par Gabin, s’est retranché au début du film après avoir commis un meurtre
. Jules Berry sera le saltimbanque montreur de chien, escroc demi-mondain au verbe intarissable ,visqueux à souhait et en sus très mauvais perdant Arletty est son assistante, beauté émouvante un peu fatiguée par les épreuves de la vie, sentant son charme s’étioler et ses espoirs de grand amour enfuis. Jean Gabin totalement bouleversant est François, le prolétaire résigné aux goûts simples et aux ambitions raisonnables mais aussi aux principes moraux solidement ancrés qui ne supporte pas l’injustice et le mensonge. Enfin Jacqueline Laurent imposée par Jacques Prévert dont elle est la compagne, interprète Françoise, la jeune fleuriste, spoiler: image parfaite de la fragilité et de l’ingéniosité qui sera au centre du drame pour s’être révélée plus complexe que d’apparence.

Chacun dans son registre apporte sa petite pierre au drame inéluctable que le spectateur voit se construire à travers trois longs flashbacks parfaitement agencés. Les décors de Trauner, la photographie de Curt Courant et la musique de Maurice Jaubert font le reste pour sertir la magnifique émeraude que sera “Le jour se lève”. Si le concept de “Réalisme poétique” conçu à posteriori pour qualifier une vingtaine de films des années 1930 peut avoir un sens concret, c’est bien “Le jour se lève” l’un des derniers réalisés de la courte liste qui en apporte la meilleure synthèse tant au plan narratif qu’esthétique. Prévert complètement au service d’un réalisateur pleinement affirmé, écrit sans doute ici ses meilleurs dialogues, départis des enjolivures et autres affèteries qui trop souvent alourdissent l’écriture cinématographique du grand poète, conduisant les acteurs à surjouer quand ce n’est pas carrément déjouer. Ici tout concourt à la perfection hormis un petit clin d’œil à “Hôtel du Nord” peu à propos quand Arletty gouaille aux lèvres, s’exclame en pleine scène de rupture : “Est-ce que j’ai une gueule à faire l’amour avec des souvenirs”. Une petite faute de goût largement pardonnée qui n’empêche pas “Le jour se lève” d’être le grand chef d’œuvre de Marcel Carné. A voir et à revoir sans aucune modération.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2022
Le Quai des Brumes et Hôtel du Nord m'ayans sacrément secoué il y'a quelques semaines, je n'en attendais donc pas moins de ce film-ci, Le Jour se Lève que beaucoup considère comme l'un des plus grands longs métrages du Cinéma Français, je le comprend.

Bien sur, il faut revenir sur le fonctionnement de ce film, qui pour l'époque est d'une véritable innovation, une audace qui perdure à ce jour. Cette conversation dans l'escalier sur la présence ou non d'une armoire dans la chambre de François, et de la manière dont la scène nous est dévoilée est remarquable de par son dialogue, une habitude lorsque l'on se familiarise à Carné et Prévert, mais aussi, surtout dans ce champ contre-champ astucieux et qui appuie sur le ridicule d'une situation pourtant tragique. Alors évidemment, toutes les séquences de bascule entre narration de l'instant et du flashback sont elles faramineuses et d'une lucidité qui fusionne aux maux de ce film, l'un des plus beaux de son cinéaste.

Le Jour se Lève est dur après séance, il l'est entrecoupé de douceur dans son visionnage, dans l'action et la réception de son dédale d'émotion. J'en reviens à son texte, comme déjà soulignée, une habitude de la confection du bon mot, de sa justesse non pas pour plaire ou déplaire mais bien pour visé juste. Les dialogues touches, l'interprétation des comédien.e.s n'y ajoutent qu'encore plus de délicatesse. Jean Gabin et Arletty sont de suite à émouvoir lors de leur rencontre. " On est de la même famille, puisque l'on a pas de famille. " Cela, prête à sourire, et pourtant ...

D'autres moments de ce genre sont captés au travers de cette histoire imprégnée par la condition, le sort, l'échec ! Françoise le dit, à sa façon, dans sa comparaison entre sa nouvelle rencontre et son compagnon de toujours, ce petit ours qui en a vue d'autres. " Il a un œil gai et l'autre qui est un peu triste. "

La scène qui les rassemble et que je " préfère " reste néanmoins lorsque allongés, il et elle se témoigne leurs sentiments, un instant d'une rare contorsion entre l'évidence et son autre pendant, sa fatalité. " J'ai eu les ennuis, les gros, les petits ... "

Arletty et Jean Gabin sont renversants, leurs partenaires à l'instar de Bernard Blier, Jules Berry et Jacqueline Laurent ont eux aussi des passages étroitement compliqués à sublimés, c'est chose faite. L'étonnante démonstration de mensonge de Valentin sur la personne de François, attendrit sans le montrer par la faconde de ce type, par son discours sur le " remord " qui n'est comme il le dit " Pas une blague mais une faute qui ronge ... " tiens d'une prouesse. Tout de suite confondu par des révélations non surprenante en fin de compte ! Oui, chacun est sa place dans ce récit étiré dont tous son concerné.

Le Jour se Lève est un film profondément inspiré par les vues de Marcel Carné à identifié et à caractérisé les causes, les trajectoires, à comprendre les personnages qu'il entrevoie et redessine, à sa juste hauteur, pleine d'humanité. Encore un long métrage bouillant de conscience et de poésie, une délivrance qui continue de suriné après coup.
p0lisson
p0lisson

27 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2022
Outre le rôle de premier ordre qu'il joue dans la grande histoire du cinéma, puisqu'il fut un pionnier de la narration en flash-backs, que reste-t-il aujourd'hui de ce film ? Quelque chose de plaisant, certes, mais également un peu décevant.

Plaisant, car Le jour se lève dégage un délicieux parfum de réalisme poétique. Ce cinéma qui fait la part belle aux perdants de la vie, qui s'intéresse aux petites gens, à leurs conditions de travail misérables, à leurs difficultés sociales, sans jamais leur dénier ce qui fait la dignité et la beauté de leur existence, aussi tragique qu'elle puisse être, est un cinéma merveilleux. Les dialogues de Prévert sont d'une élégance populaire rare ; il forme avec Carné et Gabin un triangle confirmé.

Mais c'est aussi un film décevant, dans la mesure où il ne prend pas le temps nécessaire pour donner du relief à la romance entre François et Françoise. Celle-ci paraît superficielle, sans intensité ni passion particulières ; le film nous communique l'idée de cet amour, sans pourtant jamais nous le faire ressentir. Cela l'empêche d'atteindre les sommets de tragique escomptés, et c'est dommage.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mars 2022
Portée par le charisme viril de Jean Gabin, cette tragédie appuyée sur une narration originale pour l'époque ainsi que des dialogues pertinents souffre de sa désuétude rythmique due à des étirements superflus de certaines scènes ou à un montage haché. Bien que la mise en scène soit de qualité et qu'il soit plaisant de suivre les réactions emphatiques de cet assassin pathétique, l'émotion demeure absente, entraînant une certaine lassitude. Suranné mais de qualité.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 novembre 2021
Un film qui n'a pas trouvé son public à l'époque... De nos jours, cela nous paraît dingue, mais ce fut bel et bien le cas. Et pour cause, "Le jour se lève" use, non pas d'une histoire inhabituelle, mais d'une structure inhabituelle pour son époque. En effet, le film repose sur de longs flash-backs illustrant la raison faisant que ce modeste ouvrier sableur se retrouve retranché dans son appartement après avoir fait feu sur un homme. Première force du film. Deuxième force : le contraste marquant entre les quatre personnages principaux. François, ouvrier sensible, au grand coeur et un brin naïf, Françoise, objet de convoitise et jeune femme assez indécise, Clara, femme désabusée par les boniments des hommes et Valentin, le salaud tragique. Troisième force : la mise en scène de Carné. Pour ne citer qu'eux, les plans tournés dans la cage d'escalier sont inoubliables pour qui les a vus ne serait-ce qu'une fois. Et quatrième force : le casting. Jean Gabin, Arletty, Jules Berry et Jacqueline Laurent se regardant droit dans les yeux et rivalisant de talent. Est-il obligatoire de voir ou de revoir "Le jour se lève" ? Oui, assurément. L'aimer ou ne pas l'aimer relèvera de l'appréciation personnelle mais l'oublier et oublier, par ricochet, Gabin, Arletty, Berry et Carné, constituerait un des pires désaveux que l'on pourrait perpétrer contre notre patrimoine cinématographique et, par extension, contre notre culture.
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