4556 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
717 critiques spectateurs
5
117 critiques
4
171 critiques
3
93 critiques
2
155 critiques
1
112 critiques
0
69 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Kouto
32 abonnés
4 782 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 28 juillet 2025
Un film policier superbement réussi. Une intrigue solide qui se suit malgré un côté parfois un peu alambiqué. Teinté de fantastique, l’histoire dévoile peu à peu ses mystères dans un suspens présent tout du long jusqu’au dénouement final. Le casting est irréprochable, Tommy Lee Jones toujours aussi grand acteur, et les autres seconds rôles sont tous aussi excellent. Le long-métrage est doté d’une réalisation sans artifice, et pourtant très efficace, on peut dire que Bertrand Tavernier reviens à l’essence même du cinéma, et livre un film dense, profond, avec une atmosphère propre au lieu où se situe le film, la Louisiane, grâce aussi, à la musique blues du film. Bref, une réussite.
Bertrand Tavernier est un grand cinéphile et un amoureux du cinéma américain. Je n'ai pas été surpris qu'il aille tourner un film là-bas. Je me demande plus pourquoi il n'a pas sauté le pas avant. Tout n'a pas été simple notamment ses relations avec une star de l'ampleur de Tommy Lee Jones, des problèmes de montage aussi mais enfin Dans la brume électrique n'a a pas pâti des égos des uns et des autres. C'est une bonne nouvelle. Si l'enquête policière en vaut bien une autre (des prostituées retrouvées sauvagement assassinées et un vieux shérif porté sur la bibine qui enquête), je l'ai trouvé un brin confuse. En vérité, ce n'est pas là le plus important. C'est dans l'atmosphère de dingue de ce polar que l'on devine rien qu'en lisant le titre. Plongé au fin fond de la Louisiane, dans ces petites villes ravagées par les catastrophes naturelles, ces marais ont vraiment quelque chose de spécial. Comme s'ils avaient gardé en eux les tragédies des décennies précédentes. D'où une impression de malaise auquel participe Robicheaux, flic qui en a connu des vertes et des pas mûres, et qui se met à voir des morts et même à leur parler. Parce qu'en dehors de cette ambiance entre rêve et réalité, ce sont les vices des hommes qui remontent à la surface : chantage, alcoolisme, racisme. Ça, ça n'a rien de surnaturel. Les bayous ont beau avoir l'air tranquille comme leurs habitants qui passent leur temps à aller à la pêche, à boire un coup ou à rêver assis devant leur maison , il faut se méfier de l'eau qui dort.
Très bon film à l'américaine d'un Bertrand Tavernier surprenant. Un français qui a le mérite de ne pas s'être fourvoyé sur l'autel hollywoodien. Malgré un scénario trop cousu de fil blanc et à la fois une recherche de facilité qui plombe l'effet thriller du film. Le film retranscrit une ambiance mystérieuse et envoûtante d'un Louisiane dévastée. Tommy Lee Jones est fidèle à lui-même mais sans plus. C'est donc une très bonne surprise sans pour autant cautionner les critiques dithyrambiques d'une presse déjà acquise Tavernier.
Bertrand Tavernier qui fait tourner Tommy Lee Jones et John Goodman ? Nom de dieu, faut pas louper ça. Bon je dois être sincère et dire que cette « Brume électrique », je l'ai notée large. Si j'avais voulu être juste avec moi même, j'aurais mis une étoile de moins. Tout simplement parce que Tavernier nous propose là une histoire décousue dont on est pas sûr de comprendre le dénouement. De plus, son film manque de tension et de rythme. Ouais mais pourquoi 2 étoiles alors me demanderez-vous ? Tout simplement parce que dans ce film, y a une ambiance que j'aime bien. C'est crade et humide. Ça pue le bayou et la crasse à plein nez tout le long. Et puis y a deux acteurs quoi. Tommy Lee Jones, plus déterminé que jamais porte l'ensemble sur ses épaules sans flancher. Et il est super bien secondé par un John Goodman toujours aussi imposant. Il est clair que ce film ne marquera jamais les esprits, mais il s'apprécie le temps d'un visionnage. Et c'est déjà pas si mal.
Grand connaisseur du cinéma français, particulièrement celui des années 40, Bertrand Tavernier possède aussi une grande culture du cinéma américain, puisqu'il a notamment coécrit un dictionnaire de référence sur le cinéma US. C'est la deuxième fois qu'il tourne aux Etats-Unis, 25 ans après "Mississippi blues", le documentaire qu'il avait signé avec Robert Parrish. Cette connaissance du système hollywoodien ne l'a pas empêché de connaître le même sort que de nombreux réalisateurs européens dans sa collaboration avec les producteurs locaux, et "Dans la brume éléctrique" ne sort qu'en DVD aux Etats-Unis, et dans une version tronquée, et il n'a pas pu dédicacé le film à Philippe Noiret qui partageait son amour du roman, la DGA (Director's Guild of America) et WGA (Writers Guild of America) lui ayant signifié que s'il faisait cela, cela diminuait les statuts du metteur en scène et des scénaristes...
On comprend ce qui a pu attirer Tavernier dans le roman de James Lee Burke : l'ambiance bien particulière de cette Louisiane profonde où les habitants s'appellent Robicheaux, Girard, Patin ou Doucet, l'importance accordée aux particularités des personnages au détriment de la linéarité de l'intrigue, le soupçon de fantastique introduit par les appartition du général boîteux, et sans doute aussi l'idée de glisser Tommy Lee Jones dans la peau de Dave Robicheaux.
Pourtant, malgré une bonne histoire, une distribution prometteuse et un réalisateur talentueux et chevronné, le film ne réussit jamais à se dégager d'une certaine forme de brume même pas électrique. Les choix de réalisation (cadrages, mouvements, photographie) ne sont pas vraiment en cause, puisqu'ils semblent adaptés au propos. Cette impression de nébulosité repose d'abord sur l'histoire elle même, faite de fausses pistes, d'enjeux parallèles, de ruptures de rythme qui finissent par dérouter le spectateur le mieux intentionné.
La dimension chimérique du roman, autour des apparitions du général sudiste, présentait un des aspects les plus casse-gueule d'une adaptation. Sans tomber dans le ridicule, les scènes où interviennent les confédéré srestent plaquées sur le récit, et ce n'est pas le pompage éhonté de la fin de "The Shining" qui parvient à les crédibiliser.
Ensuite, l'adoption du point de vue américain amène à présenter sans recul critique, voire à justifier, un personnage qui tabasse allègrement témoins et suspects, et qui n'hésite pas à placer un flingue dans les mains d'un type abattu par les policiers alors qu'il sortait des toilettes avec une revue. Etrangement, ce qui paraît naturel chez Clint Eastwood ou Tommy Lee Jones quand il réalise "Trois enterrements" semble déplacé devant la caméra de l'auteur de "L'Appât". Tommy Lee Jones, acteur, est présent dans presque tous les plans, tout en semblant bizarrement peu investi, oscillant entre un surjeu autocaricatural et une atonie à contretemps. Heureusement, il y a John "Lebovski" Goodman dans le rôle d'un superbe salaud, arrogant et brutal.
A avoir voulu réaliser un film trop américain, Bertrand Tavernier a perdu sur les deux tableaux : celui du film d'action, et celui du film d'auteur ; il ne parvient pas à trouver la tension et le sens du rythme d'un film d'Eastwood auquel ce récit crépusculaire fait forcément penser, et il ne parvient pas à imposer sa patte de réalisateur européen dans un film qui ne se démarque pas du commun de la production américaine.
Des décors naturels américains bien filmés mais le budget était visiblement français, par moment ça sent la scène fait à la bonne franquette. Ces impressions auraient sans doute pu être gommées si le scénario avait été bétonné seulement ici aussi il y a du coulage. Enfin Tommy Lee Jones n'est pas toujours bien secondé par les autres acteurs, la palme pour Peter Sarsgaard dans un rôle de star de cinéma alors qu'il n'a aucun talent. Un film un peu manqué alors qu'en resserrant tout ça il y avait matière à faire un bon truc.
CA VOUS PREND AUX TRIPPES la musique du bayou, l’accordéon et la voix haut perchée des criailleries cajuns, le blues des pauvres et des maisons de bois dévastées par Catherina canté par Buddy Guy ! Ca se passe aux environs de New Iberia au cœur du delta de l’Atchafalaya. La moiteur vous colle à la peau. La moiteur de la mangrove, des palétuviers d’où descendent en larmes les lianes rejoignant l’eau menaçante… On pénètre ces bars louches où le tabac et la sueur opacifient l’air ambiant… L’Humain, ici, se pare des langueurs acres de la boue originelle. Et tandis que les grenouilles coassent, que la brume s’étend, surgissent les fantômes convoqués par Dave Robicheau (le héro récurrent des polars de James Lee Burke). Robicheau traîne sa carcasse nonchalante. Il est vieux, fatigué, ravagé par l’alcool… Il aime sa femme ! Un ringard ! Mais qu’elle est belle la poésie dite en voix off de ce monde à l’écart vivant au cœur des eaux boueuses et troubles du sud de la Louisiane…
VOICI UN FILM FORT ET GENEREUX.
Bertrand Tavernier, le jazz et la moiteur de la Louisiane c’est son truc ! Tout comme sa manière si personnelle, humaine, pudique, réservée de porter un regard sur les délaissés, les exclus, les mis au ban (cf son reportage dans le 9-3 à Montreuil).
Le réalisateur fait corps avec son sujet, tout comme Tonny Lee Jones, magnifique d’amertume désabusée, qui écrivit, dit-on, certaines scènes du film…
C’est magnifiquement réalisé… Tout est réussi : cadrages, photographie, BO, jeux des acteurs… Et l’histoire tient en haleine le spectateur d’un bout à l’autre de cette enquête étrange et fantastique… D’un bout à l’autre si celui-ci sait se laisser porter par l’extravagance du sujet.. C’EST BEAU… BEAU COMME UN FILM DE BERTRAND TAVERNIER !
Cinq ans après Holy Lola (2004), Bertrand Tavernier fait à nouveau parler de lui en adaptant le roman de James Lee Burke : In the Electric Mist. L’histoire nous envois à New Iberia, en Louisiane, où un détective enquête sur des meurtres de prostitués avant de déterrer un corps, celui d’un homme noir qui, quarante ans plus tôt, aurait subit un lynchage. Ce polar flirtant avec le fantastique nous plonge dans un bayou de la Nouvelle Orléans, où le passé de la Guerre de Sécession et l’esclavage resurgissent au fil de l’enquête. Si le film se focalise pendant un temps sur cette dernière, en réalité, Dans la brume électrique s’intéresse davantage à l’atmosphère qui règne dans cet état, comme si, au fil des années, rien n’avait changé (on s’en rend compte très rapidement). Bertrand Tavernier nous offre des images sublimes, où l’obscurité se marie à l’atmosphère pesante et menaçante du bayou. Tommy Lee Jones & John Goodman quant à eux confirment leurs talents, excellent tous deux chacun dans leur rôle, l’un en tant que détective, l’autre en tant que mafieux. A noter aussi l’excellente utilisation de la voice over et du personnage énigmatique de l’officier confédéré (incarné par Levon Helm).
Loin d'être mauvais, ce film arrive grâce à sa relative lenteur à installer une atmosphère pesante (mais jamais trop). Et une intrigue intéressante. Une réalisation pas mauvaise du tout avec quelques beaux plans sur le brouillard (on était venu pour ça), un Jones en pleine forme, arrogant et teigneux comme à son habitude.
Troisième expérience américaine pour Bertrand Tavernier après Mississipi blues et Around midnight, In the electric mist est une vraie réussite. C'est avant tout un film d'ambiance dans lequel on ressent parfaitement toute la moiteur, la chaleur et l'environnement glauque de la Louisiane. Pour nous faire ressentir cela il fallait un Tavernier en grande forme et cinq ans après le très beau et malheureusement inconnu Holy Lola, nous l'avons. La mise en scène est parfaite, poisseuse à souhait, trouvant le bon équilibre entre enquête policière et portrait convaincant d'un flic atypique. Ce dernier est joué par un Tommy Lee Jones au sommet de son art sans aucun reproche à faire à son jeu, comme à tous ses films maintenant. Le reste du casting est aussi irréprochable avec quelques solides seconds rôles du cinéma US : John Goodman, Peter Sarsgaard, Mary Steenburgen, Kelly MacDonald, Ned Beatty ou Pruitt Taylor Vince. Pour la technique c'est aussi un sans faute, rien n'est laissé au hasard jusqu'à une musique forcément très jazzy qui colle parfaitement au film. Le nouveau Tavernier est donc un bon cru, même s'il est américain. A voir sans hésiter.
Un film envoûtant, baignant dans les bayous de Louisiane et le blues... L'intrigue est passionnante, Tommy Lee Jones crève l'écran et la caméra semble flotter tout en légèreté en sillonnant une région encore dévastée et traumatisée par le cyclone. Le film mélange habilement passé et présent, réalité et surnaturel : un polar atypique à découvrir.
Je ne connais pas le livre de James Lee Burke mais Tavernier a commis peut être l'erreur de lui être trop fidèle, de retranscrire le plus de choses possibles ce qui nuit à l'équilibre du film. Le film étant plutôt fort dans les moments contemplatifs, lents, d'une certaine nonchalance, le récit suineux coupe le rythme et compte trop de rebondissements qui apparaissent totalement superflus. Le film est donc à voir pour l'ambiance et les images de Louisiane, nettement moins pour l'aspect polar et thriller qui est plutôt raté.
Adaptation assez fidèle du roman de James Lee Burke par Bertrand Tavernier (encore vivant). Une enquête filmée dans le style des films noirs des années 40, dans une Louisiane hantée par les fantômes de la guerre de sécession et de l’esclavage. Tommy Lee Jones était l’acteur rêvé pour incarner le lunatique Dave Robicheaux, héros des romans de Burke, le reste du casting est parfait.