Avec Cartouche, Philippe de Broca signe l’un des fleurons du cinéma populaire français des années 60, emmené par un duo d’acteurs d’exception. Jean-Paul Belmondo, charismatique et malicieux, campe un bandit au grand cœur aussi séducteur qu’insoumis. Face à lui, Claudia Cardinale rayonne dans le rôle de Vénus, à la fois magnétique et sensible. Leur alchimie donne au film une intensité et un charme indéniables.
Le récit mêle habilement aventure et comédie, dans la tradition des films de cape et d’épée. La mise en scène enlevée de Philippe de Broca, rythmée et élégante, rend hommage au panache du genre, tandis que les décors et costumes soignés restituent avec éclat le XVIIIᵉ siècle. Ajoutons à cela une galerie de seconds rôles savoureux qui enrichissent l’ensemble et donnent au film une véritable densité.
Cependant, si l’énergie et le plaisir sont indéniables, certaines limites apparaissent. Le scénario, malgré son efficacité, reste assez classique et prévisible, suivant le schéma attendu du bandit justicier. Le ton, qui oscille entre comédie vive et drame romantique, manque parfois d’équilibre, surtout dans une fin plus sombre qui tranche avec la légèreté initiale. De même, l’histoire d’amour, bien que portée par l’alchimie entre Belmondo et Cardinale, s’inscrit dans des codes très convenus, et plusieurs personnages secondaires, malgré leur potentiel, demeurent trop caricaturaux ou sous-exploités.
En définitive, Cartouche demeure une œuvre réjouissante, pleine de vitalité et de charme, servie par deux stars au sommet et une mise en scène rythmée. Mais derrière ses qualités de divertissement, il reste prisonnier d’un certain académisme qui l’empêche de surprendre autant qu’il le pourrait