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Dès le début du film, l’atmosphère est morne, notre personnage principal semble abattu .
- Leonard est décrit comme un bipolaire. Cette notion va être montrée à plusieurs reprises à travers des doublures de lui-même dans des miroirs par exemple.
- Mais sa souffrance est toujours intériorisée, il la garde pour lui et ne la montre pas à ses proches, ex : lorsque Michelle est en dehors de la boîte de nuit et re rentre dedans, Leonard est anxieux et déchire un papiers sur un poteau + Quand il va rejoindre Michelle sur les toits (après le repas avec l’amant de Michelle) et qu’elle lui demande ce qu’il en avait pensé, il crie de colère et de frustration. Or Michelle (de par la mise en scène) est cachée par le mur et n’apparaît pas dans le cadre, ce qui exprime à la fois la solitude de Leonard, mais aussi le fait que le rejet de ses colères ne se renvoient sur lui-même, il parle littéralement à un mur dans le plan. Avec la mise en scène très riche, on a vraiment de quoi analyser.
- D’ailleurs la solitude de notre personnages est exprimée à plusieurs reprises comme lorsqu’on l’aperçoit difficilement dans la foule de personnes en ville, et qu’il ne demeure qu’un être de plus, plongé dans l’anonymat le plus total
- Cette solitude est paradoxalement accentuée par la présence constante de ses parents. En effet, son travail ne demeure qu’un héritage de famille, renforçant sa dépendance à son entourage. Il semble coincé dans cette monotonie qui la tue à petits feux, ne pouvant entreprendre ses rêves et désirs, qui est la photographie.
- Aussi, on ne le voit avec son appareil photo que rarement, ex : au bord de la fenêtre ouverte de sa chambre, apportant un infime vent de fraîcheur dans sa suffocation continue. Dans ce cas-ci, il a pris en photo Michelle, alors que ses autres photos ne montrent aucun être humain.
- Cela illustre la lueur d’espoir que représente Michelle pour lui, envoûtant toutes ses pensées. Prenons exemple du soir où il a écouté de l’Opéra dans l’appartement, car Michelle et Ronald sont allés à l’Opéra (Ronald a bien indiqué durant le repas que Michelle adorait l’Opéra). Cette musique lui a alors fait pensé à Michelle, et elle demeure encore présente quand Sandra fait l’amour avec Leonard. Dans sa conscience, Leonard partage ce moment avec Michelle, il ne pense qu’à elle.
- Au dénouement du film, la trahison de Michelle anéanti littéralement Leonard, qui jette la bague dans le sable. Néanmoins, dans un infime élan, de vie il choisi de reprendre la bague destinée initialement à Michelle et de l’offrir à Sandra. Ce dernier plan, dramatique au plus haut point, demeure très émouvante pour le spectateur, saisi face aux larmes de Leonard. En fin de compte, est-il heureux ? Le générique de fin se termine par une musique d’Opéra, ce genre musical que l’on a identifié à Michelle, alors qu’il va finir sa vie avec Sandra.
- À noter un aspect qui m’a moins plus : je sens une frustration de ne pas avoir vu Sandra plus affirmée dans le film. Selon moi il y a un réel déséquilibre entre les deux jeunes femmes, avec Michelle qui est bien plus présente que Sandra. Seconde frustration : ne pas avoir vu Leonard plus amplement dans ses travaux de photographie, qui pourrait représenter une échappatoire pour lui.
Magnifique film, ceci n’est que mon avis.