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CrystalEagle
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3,0
Publiée le 3 août 2026
Sous le corps de Mme Morlaix, tombé d'un HLM d'une cité bordelaise, il n'y a pas vraiment d'enquête mais deux veufs qui respirent enfin. Le film ose une chose énorme. Deux morts sur lesquelles le doute ne se lève jamais tout à fait, et le veuvage transformé en porte de sortie. Baroni traque Morlaix parce qu'il se reconnaît en lui, et chaque coup de pioche dans le passé de l'autre le déterre un peu lui-même, d'autant qu'il tient là sa dernière affaire. Il suffit de les entendre comparer leurs défuntes, l'un vantant la poitrine de la disparue, l'autre concédant que le visage laissait à désirer, avant que Baroni ne lâche que chez lui c'était l'inverse. Le plaisir est trouble, presque cruel, et Noiret y traîne une zone d'ombre que le film ne solde jamais. On appelle ça une traque mais ça ressemble à une cour.
Derrière, c'est le grand Michel Audiard qu'on entend bien plus qu'Enrico. Sa police a quitté le service de l'État pour celui du pouvoir, et à force de faire des saletés on finit salaud. Les moyens vont au trafic qui compromet les fils de notables, jamais aux morts de peu. Province cossue et arrangements de préfecture en prennent pour leur grade. Il y a surtout sa réplique culte sur la justice, cette Sainte-Vierge qu'il faudrait bien apercevoir de temps en temps sous peine de voir le doute s'installer. Tout est dit. Le problème est que cette affaire de drogue revient par blocs, coupe la traque au moment précis où elle chauffe, et encombre le récit bien plus qu'elle ne le nourrit. Cela déstructure tout la tension et le film y perd beaucoup. Enrico filme en artisan : la ville est joliment vue, le cadre est propre, rien ne dépasse, et l'on sent deux rôles taillés sur mesure pour deux stars, faute d'une vraie charpente.
En fin de compte, on assiste avant tout à un grand face-à-face, et il suffit presque. Noiret, que la maladie avait aminci au point de retarder le tournage d'un an, flotte dans son costume et mâchonne un bâton de réglisse là où manquent la cigarette et le verre. Un limier amer, chien de chasse dépressif qui piste par pure fidélité à sa propre fatigue. Serrault lui répond en museau de renard, humble et servile jusqu'à l'éclair de fauve. Le duo fonctionne bien, même si on est pas loin du théatre plutôt que du cinéma. Et cette île où Morlaix rêve de s'exiler ne figure sur aucune carte, une utopie de pacotille, décor de cinéma offert à un homme qui n'a nulle part où aller.
Michel Serrault, Philippe Noiret, Michel Audiard, Pierre Arditi : avec un casting pareil, j'étais confiant. Trop. La suite est d'un ennui qui ne fait pas regretter les années 1980. Le scénario est mollasson. L'ambiance est terne, autant que Bordeaux. Quelques allusions laissaient espérer une affaire de drogue, de prostitution au service de quelques grands noms. Sans doute influencé l'affaire Epstein qui défraie la chronique en ce début 2026, j'ai dû surinterpréter certaines répliques. Cela dit, on apprend que la crémation n'est plus interdite par l'Église depuis une ordonnance de Jean XXIII, selon Baroni. Vérification faite, il s'agit en fait de Paul VI en 1963. Notons la participation de Dorothée, que j'étais plus habitué à voir enfant habillée dans son Club que seins nus dans un film. On y découvre aussi le mot stupre, cité par Morlaix. Hormis ces anecdotes, on appréciera la qualité du jeu de Philippe Noiret et de Michel Serrault, un point chacun. Mais à moins d'avoir une passion pour les grandes villes de province mornes par temps pluvieux, autant passer son chemin.
Beau polar à la française, lent, froid, quelque peu mollasson certes, mais qui vaut le coup d'oeil pour la présence du charismatique et magnétique duo d'acteurs à l'affiche, j'ai nommé les irremplaçables Michel Serrault et Philippe Noiret, très bien entourés d'excellents seconds rôles.
Devant l’objectif de Robert Enrico et sous la plume de Michel Audiard, la confrontation entre Philippe Noiret (le flic) et Michel Serrault (le mari suspect) ne manque pas d’ambiguïté, ni d’humour. Un bon petit polar français, un peu lent toutefois, où figure également Dorothée dans une interprétation aussi intéressante que naturelle ainsi que Pierre Arditi et Bernard Le Coq.
Polar ancré dans son époque, cette double enquête dénonce la corruption dominante d'une police soumise aux intérêts politiques, l'iniquité de traitement entre les privilégiés et les marginaux ainsi que l'inégalité de moyens conférés aux affaires selon leur retentissement médiatique. "Du service de l'état on est passé au service du pouvoir..." Cependant la narration s'appuie d'abord sur l'opposition grinçante entre un Michel Serrault ambigu et un Philippe Noiret impénétrable (soutenus par des seconds rôles de qualité - hormis une Dorothée juste passable) dont les dialogues acides portent la marque satirique de Michel Audiard, faisant primer le suspense psychologique...jusqu'à une fin (honteusement) délectable par son cynisme!
Coté pile, un bon casting principal et secondaire, des répliques (sur la justice et la police notamment) qui sont toujours d'actualité, 45 ans après, coté face des rôles que l'on connait (on se croirait chez Chabrol) et une histoire qui ne tient pas debout.
Un très bon film dont la plus grande force est la confrontation entre deux acteurs exceptionnels : Philippe Noiret et Michel Serrault. Le premier incarne un inspecté de police persuadé que le second a tué sa femme. Leur jeu du chat et de la souris est passionnant. N'oublions pas la très bonne prestation de Dorothée. Très bien dialogué ce film est un vrai plaisir à suivre.
Film très atypique où se confrontent deux immenses acteurs face à deux affaires policières qui n’ont pas grand chose à voir. La première moitié est assez particulière et peut décontenancer voire laisser sur le côté certains spectateurs mais l’autre moitié est très savoureuse de par le côté décalé de la situation et encore une fois de l’alchimie entre les deux comédiens.
C’est décidément les grandes gueules le meilleur film d’Enrico. Ici la confrontation est intéressante mais on reste dans le social et je dois dire qu’on est presque dérangé par l’autre intrigue policière qui interfère sur l’afffaire de la femme et les fameux billets pour la Polynésie. On reste sur sa faim
On se rappellera de l'excellent Vieux Fusil de R. Enrico et peut-être d'un autre de ses films comme Boulevard du Rhum mais surement que ce Pile ou Face passera à la trappe des annales. Pourtant avec sa belle brochette d'acteurs, Serrault, Noiret, Arditi et d'autres seconds rôles, ce film parait tentant. Et il l'est, d'une certaine manière, celle de la comédie policière, cynique et amère. C'est un assez bon film, avec un scénario qui tient la route, et des dialogues d'Audiard notamment.
Mais comment ça « ce film n’est pas encore sorti »?!?! C’est un film de 1980! Vu à la télé. Je ne souhaite pas détailler mon avis juste mettre une note. Merci
A défaut d'être le polar du siècle, PILE OU FACE nous offre un duel d'acteurs au top, pilotés par un scénario très habile ponctué d'humour noir et les dialogues d'Audiard. En bonus, le charme de Dorothée (oui : celle du club) et la présence d'un jeune Pierre Arditi en début de carrière. Ne surtout pas rater la fin, inattendue.
Noiret et Serrault pour en découdre devant nos yeux, à fleurets à peine mouchetés grâce à la plume d'Audiard: ce film de Robert Enrico cochait plus d'une case pour séduire le spectateur amateur de polars à la française. Tout est question d'ambiance dans ce film où l'enquête est très secondaire, le scénario s'intéressant plus à la psyché des personnages, globalement bien campés par leurs interprètes. C'est peut-être seulement un défaut de nerfs dans certaines scènes, qui empêche le film de s'inscrire au Panthéon du genre. Il n'en demeure pas moins que le job a été fait, et plutôt bien fait.