Si «Le vieux fusil » est le film emblématique de la carrière de Robert Enrico par son sujet (le massacre d’Oradour-sur-Glane) et par l’osmose de jeu entre Philippe Noiret et Romy Schneider, « Pile ou face » constitue peut-être avec « Les grandes gueules » son film le plus abouti. Ce n’était pourtant qu’une commande de Georges Cravenne qui s’était entiché un an plus tôt du roman d’Alfred Harris « Suivez le bœuf ». Un flic un peu désespéré, revenu de tout (Philippe Noiret) va s’acharner à prouver la culpabilité d’un pauvre bougre (Michel Serrault) dont la femme mégère patentée est passée par la fenêtre du HLM de la triste banlieue bordelaise où ils résident. Se met rapidement en place une relation des plus baroques entre les deux hommes alternant amitié de fortune et jeu pervers du chat et de la souris. Le tout ponctué par les dialogues savoureux et pour une fois assez sobres de Michel Audiard constitue un mélange fascinant et inquiétant, la question qui taraude étant de distinguer ce qui relève du jeu ou découle des pulsions sadiques d’un flic visiblement en proie à des tourments affectifs irrésolus. Michel Serrault en pleine période « La Cage aux folles » aborde un univers qu’il retrouvera avec bonheur à plusieurs reprises de manière très rapprochée (« Garde à vue » de Claude Miller en 1981, « Les fantômes du chapelier » de Claude Chabrol en 1982, « Mortelle randonnée » de Claude Miller en 1982 et « On ne meurt que deux fois » de Jacques Deray en 1985) donnant à voir une facette plus trouble de son jeu qui lui vaudra la reconnaissance totale de la critique jusqu'à la fin de sa carrière. Idem pour Philippe Noiret qui enchaînera avec « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier, « l’Etoile du Nord » et "L'ami de Vincent" de Pierre Granier-Deferre (1982). Le film passé un peu inaperçu à l'époque servira donc de tremplin aux deux prodigieux acteurs pour faire éclore la face plus noire et plus ambigüe de leur talent. A coup sûr cette collaboration mise en musique par Michel Audiard et accouchée par Enrico aura été décisive. "Pile ou face" est un mélange subtil d'humour noir et de suspense alangui qui ravira les spectateurs fervents d'affrontements psychologiques, servis par des acteurs à leur meilleur y compris des seconds rôles très bien brossés comme au bon vieux temps des Carné, Duvivier, Becker, Decoin ou Clouzot. Dommage que le film n'ait pas aujourd'hui le statut qu'il mérite.
Un face à face pile pour passer un moment avec deux sacrés acteurs. Et avec la présence de Dorothée (on a tendance à oublier). Noiret harcèle Serrault (ayant un rêve), qui pense fortement coupable d'avoir pousser sa femme à travers la fenêtre. Mais le personnage de Noiret ne manque pas lui aussi d'un mystère qu'il cache au fond de lui. Deux superbes prestations sous des dialogues d'Audiard.
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3,5
Publiée le 14 juillet 2013
Dialogues de Michel Audiard : « La justice c'est comme la Sainte-Vierge, si on ne la voit pas de temps en temps le doute s'installe »...Fascinant jeu du chat et de la souris entre un inspecteur "pot de colle " (Philippe Noiret) et un suspect (Michel Serrault) qui ètablissent des relations de plus en plus ètranges au fil que le film avance. "Pile ou face" intrigue par sa montèe en puissance, son atmosphère incertaine et son dènouement inattendu dans une ville de Bordeaux grise, pluvieuse et passionnante, où le pont d’Aquitaine veille au grain! D'après l'excellent roman "Suivez le veuf" d'Alfred Harris, Robert Enrico fait preuve d'audace en s'intèressant avant tout aux deux personnages principaux auquel la camèra du cinèaste donne une certaine nonchalance à leurs rapports! Pour son troisième essai en tant que comèdienne, Dorothèe se montre à la hauteur car ce n'est pas chose facile que de jouer face à deux monstres sacrès du cinèma français (Noiret et Serrault sont èpatants). Dans les seconds plans, Pierre Arditi et Bernard Le Coq sont ècrasès par les premiers rôles! Ceci-dit, on reconnaîtra le joli minois de Gaëlle Legrand que tout le monde connait mais que tout le monde a oubliè aujourd'hui, une beautè sage et naturelle des 80’s que l’on prend toujours plaisir à voir à l’ècran via la très belle scène vitrèe à l’aèroport...
Philippe Noiret et Michel Serrault, voilà les principaux atouts de ce polar à l'humour et aux situations décalées. En effet la confrontation entre ces deux monstres sacrés du cinéma offre un immense plaisir!
Dans un registre similaire à mortelle randonnée ou encore on ne meurt que deux fois , ce pile ou face oppose deux monstres sacrés dans un mano à mano intéressant et captivant, et ce jusqu'au dénouement assez surprenant.
La filmographie de Robert Enrico,trop méconnue,regorge de pépites de polars étranges et nonchalants. "Pile ou Face"(1980) s'écarte assez vite de ce qui ne pourrait être qu'une affaire de plus entre un commissaire harceleur et son suspect présumé. Si le jeu du chat et de la souris est bien au centre des débats,il s'enrichit sur le message définitif,comme quoi chacun doit jouer son rôle dans la société,même si ses convictions vont à l'inverse. Les deux hommes sont les premiers surpris de devenir amis(on comprendra pourquoi lors d'un final impeccable),mais doivent rester sur leurs gardes en permanence. Le film est acide et amoral,aidé en cela par les dialogues une nouvelle fois claquants de Michel Audiard. La ville de Bordeaux,grisonnante et faussement paisible est même en valeur avec le rôle crucial de la Garonne. L'affrontement feutré entre un Philippe Noiret dépressif et opiniâtre et un Michel Serrault roublard et avenant donne lieu à de belles étincelles,arbitrées par Dorothée,la future reine de la jeunesse cathodique.
Qu'il est bon de trouver dans la cinémathèque Française d'excellents petits films policiers assez méconnues. Pile ou face fait partie de cela et Noiret et Serrault sont assez monstrueux pour l'occasion.
Forcément, le duo Philippe Noiret - Michel Serrault est bien rodé et offre quelques vrais bons moments, à défaut d'être réellement surprenant. Pour le reste, plutôt décontracté au niveau de l'intrigue, « Pile et Face » se permet néanmoins de brocarder assez brutalement la police comme la justice, à l'image de seconds rôles mesquins et plutôt bien interprétés (André Falcon et Jean Desailly en tête). Et sans faire d'étincelles, la réalisation de Robert Enrico est honnête, les dialogues de Michel Audiard souvent savoureux et on passe en définitive un assez bon moment devant ce polar insolite : c'est déjà pas mal.
Très plaisant, même si démodé. Le face à face Noiret-Serrault est un vrai bijou, et contrairement à ce que disent certains critiques, j’ai trouvé Dorothée pas mal du tout. Amusant de voir Arditi et Lecoq jeunes avec les cheveux longs, en fonctionnaires de la police ou de la justice. Le dénouement est, quelque part, un peu jubilatoire, mais on ne pourrait sans doute pas se le permettre de nos jours. Une curiosité à voir.
Un bon petit policier, avec un petit air de garde à vue chez Serrault (a t-il influencé Miller?), Noiret en inspecteur aigri et fatigué, très bien et Dorothé toute mimi... Le film aurait gagné un peu en tension si l'histoire de drogue en second plan avait été plus présente mais bon.
Un très grand film, avec un Noiret ténébreux à souhait et un Serrault toujours égal à lui même, les dialogues d'Audiard toujours aussi ciselés, bref, a voir et à revoir !
J’ai aimé revoir ce film, cette opposition entre deux acteurs singuliers aux caractères bien trempés. Les dialogues parfois très savoureux, profonds même alimentent l’intrigue. Avec le recul, le potentiel assez particulier de Serrault à répondre à un fonctionnaire de police met en évidence son rôle absolu pour « Garde à Vue » de Miller. Une excellente répétition en somme avec des répliques cousues main… Noiret en chien de chasse stratège, Serrault en renard bien rusé, quant à Dorothée, elle passe comme une hirondelle… Agréable à voir ou revoir.
J'ai eu envie de visionner ce film pour le face à face Serrault / Noiret qui promettait et pour la participation de Dorothée, qui pour une quarantenaire comme moi représente toute ma jeunesse. Bien que les 3 acteurs jouent bien et tirent leur épingle du jeu, le film en lui même ne casse pas trois pattes à un canard. Le face à face est intéressant aux premiers abords mais s'enlise progressivement et devient par moment invraisemblable et peu crédible. Il n'y a pas vraiment de rebondissements, c'est long et mou. La révélation finale permet un petit sursaut mais c'est tout de même insuffisant pour relever le niveau. Le tout est donc très moyen.
Philippe Noiret et Michel Serrault, une intrigue policière, des personnages ambigus, des dialogues signés Michel Audiard... Sans être franchement parfait et vraiment inoubliable (dans le même genre, on lui préférera "Garde à vue"), "Pile ou Face" est tout de même un sacré film, réalisé avec de nombreux atouts. On y voit un policier tenace et têtu s'acharner sur un homme suspecté d'avoir tué sa femme. La relation entre les deux hommes ne cessera d'ailleurs de prendre d'étranges tournures au fur et à mesure qu'ils apprennent à se connaître aux détours des questions, des doutes et de la méfiance qu'ils entretiennent. Si l'intrigue est plutôt soignée, bien que partant dans certaines pistes pas toujours pertinentes, c'est bien évidemment le face à face entre les deux monstres sacrés que sont Noiret et Serrault qui aura toute notre attention. Dans des rôles complexes et nuancés, les deux hommes imposent leur talent, le tout sur des dialogues (forcément) savoureux. Un petit régal.
La femme d’Edouard Morlaix (Michel Serrault) est passée par la fenêtre. L’inspecteur Baroni soupçonne fortement le triste comptable d’avoir provoquer son veuvage. Pile ou face est un policier amusant de Robert Enrico. Quand je dis amusant ce n’est pas qu’on est dans la franche rigolade loin de la, mais le film a un côté acide, pince sans rire grâce notamment aux dialogues de Michel Audiard. Mais aussi bien sur grâce à ses deux acteurs principaux qui font corps avec leurs mots et qui jouent à un jeu de chat et de la souris ou parfois le traqueur devient le traqué. À noter aussi la présence de Dorothée la grande sœur de ma génération quelques années avant qu’elles ne s’occupent de nos après midi dans un petit rôle lui aussi amusant avec un côté espiègle. Bref c’est un très bon moment à passer si l’on aime les polars psychologiques et les joutes d’acteurs.