Je suis étonné de la critique bien basse de ce film, qui est un excellent métrage, une série B intelligente et originale qui s’avère prenante avec finalement pas grand-chose.
D’abord le casting est très soigné, et cela se sent à l’image. Le moins connu du lot est Columbus Short, et pourtant ce-dernier mène très honorablement la danse, dans un rôle simple mais efficace, et bien aidé il est vrai par le jeu de l’acteur tout à fait agréable. Il ne surjoue pas, il est crédible en ne se transformant pas en Rambo, et au bout du compte c’est une bonne surprise. Autour de lui un casting nettement plus relevé, avec Dillon bien sur, mais aussi Fishburne, et Reno, qui semble plus faire un clin d’œil sympa ici qu’autre chose. On tout les cas très bon casting tout à fait réussi jusque dans ses seconds rôles. A noté ainsi l’excellent Fred Ward, acteur qui apparait trois scènes et qui pourtant est écrasant de charisme.
Le scénario est bien vu. Loin d’être la série B d’action attendu, Blindés joue la carte du huis clos, et le résultat est à la fois surprenant et maitrisé. Le film est plaisant à suivre, avec un bon rythme, une certaine tension, une distribution des rebondissements efficace, et Blindés peut surtout s’appuyer sur ses changements de rythme judicieux. Un coup ca ralenti, un coup ca accélère (la fin par exemple, expéditive) et au final cela casse bien la linéarité de l’ensemble.
La réalisation de Antal est fort agréable. Excellent dans l’action (il y a des scènes vraiment explosives et pourtant sans aucune surenchère), il sait installer la tension, il sait surprendre, et il a un vrai sens du travail bien fait. Il ne cède pas à la facilité, et c’est fort bien. Coté décors et photographie, c’est là aussi tout à fait convenable, le film ayant un budget confortable lui permettant. A noter cependant que pour l’essentiel Blindés joue la carte du huis clos, ce qui limite forcément les décors. De bonnes scènes d’action aussi, et une bande son efficace quoiqu’assez discrète.
En fait la recette de Blindés est astucieuse, et le résultat à l’écran très convaincant. Ce film est parfois comparé à Convoyeurs, mais en fait il ne joue pas du tout sur le même tableau. Convoyeurs c’est le film réaliste à l’ambiance glacée typiquement française, là Antal orchestre plutôt un suspens tendu dans un espace restreint entre un groupe de convoyeurs, proies de leurs consciences, de leurs croyances religieuses… ou pas d’ailleurs, devant 42 millions de dollars et un cadavre. Honnêtement j’ai été très agréablement surpris, alors je le conseille, en espérant qu’il en surprendra plus d’un. 4.5.