Une dame de ménage d'aéroport rate son bus à cause de ses collègues, qui lui proposent de l'héberger, une invitation qu'elle aurait mieux fait de décliner... Mum and Dad est une étonnante comédie d'horreur bien salée, qui reprend un peu le concept d'American Gothic (
un couple de zinzins qui forme une "famille" avec les gens qu'ils capturent, jusqu'à ce qu'ils les déçoivent...
), en version anglaise (surtout, ne ratez pas l'interview du réalisateur "so british" dans les bonus DVD, avec une belle ale à la main : cheers !). Mum and Dad se démarque vite de son cousin américain puisqu'à l'inverse de suivre la décrépitude mentale de la femme piégée, on a plutôt affaire à une jeune maline qui va utiliser le système pour s'en sortir. Elle arrive à
faire punir "la grande sœur", elle drague le père, elle se laisse découper par la mère pour lui faire plaisir, elle essaie d'envoyer des messages (des chicots) à un ami du père par la fenêtre...
Bref, elle tente absolument tout, elle est loin d'être bête, ce qui la démarque largement de la majorité des films d'épouvante où les filles ont un pois chiche en guise de cerveau : ici, Madame a les méninges qui carburent pour s'en tirer, peu importe ce que ça lui coûte (une "p'tite" aiguille de 10cm en travers de la peau, un coup de scalpel, une grosse baffe...). D'ailleurs, la scène des aiguilles arrive très tôt dans le film alors qu'elle est certainement l'une des plus dérangeantes (pour bien accrocher son spectateur dès le départ) car la mère qui plante l'héroïne commence à
jouir à chaque piqûre, et le fils se fait "manuellement plaisir" en regardant la scène (ce qui est encore plus bizarre),
associant l'horreur à la sexualité déviante. Les acteurs sont vraiment parfaits dans leur rôle, on croit parfaitement à tout le monde (le père est atroce), les intermissions de scènes d'avions sont autant de crève-cœur (on comprend vite le message : tandis que tout le monde voyage autour d'elle, notre héroïne est enfermée dans une maison de fous...), et le final laisse échapper un râle de soulagement de l'autre côté de l'écran
(les parents se font poignarder par l'héroïne, ensanglantée, qui hurle sur un fond de ciel dégagé...
Oui, c'est une réf mixée de Massacre à la Tronçonneuse et de Suspiria, le réalisateur l'assume complètement). Quand on sait que tout ce film ne découle que du trauma du réalisateur d'avoir grandi à côté d'un aéroport bruyant... Choisissez bien où vous voulez vivre, ça évitera à vos gosses de penser à faire des films d'horreur qui vous traitent de tortionnaires dégueus et pervers.