Ce film est vraiment ce que les cinéma américain sait faire de mieux comme First Blood des frère Coen et aussi Paris Texas plus tard. Un cinéma de la frontière et de la liberté.
On suit ici le destin de Kit Harruter (Martin Sheen) un ex-éboueur qui rencontre Hollie (Sissy Spacek) une gamine qui se laisse séduire par Kit. Mais ce couple n'est pas du tout accepté par le père de Hollie, si bien que quand Kit vient la chercher, le père de Hollie s’y oppose et Kit le tue.
Cette arrivée brutale et amorale de la violence vient nous percuter d’autant plus que si Kit sait ce qu’il fait, Hollie ne semble pas prendre conscience de la gravité de tout cela en suivant le meurtrier de son père dans ce road trip.
Durant cette virée mortelle, on se prend à étrangement apprécier ce couple surtout pendant la petite escapade dans la forêt, c’est Hollie qui est la narratrice et je dois dire que ce moment idyllique, est vraiment beau et bien filmé. Un peu comme Adam et Eve au paradis. D’ailleurs la voix féminine, les plans et la photographie superbe ont influencé Wes Anderson dans son cinéma, ce n'est pas compliqué, c’était la version brute de Moonrise Kingdom.
Mais la violence arrive toujours de la part de Kit, incontrôlé, élément antisocial qui prend ce qu’il veut et qui tue parfois juste pour le plaisir. Hollie si elle voit et sait ce qu'il arrive feint de ne pas le voir si de le sentir en tout cas, préférant se réfugier dans son rêve, son voyage onirique.
Mais cela ne dure pas et la violence de Kit finit par les rattraper et ce dernier se fait rattraper et envoyer en avion. Il est devenu une terreur, une légende, mais il vit son heure de gloire car il est très drôle et les policiers le trouvent sympathiques. Cela perturbe autant qu’on est associé à ces moments comme si nous étions aussi ce public effrayé et charmé par Kit comme Hollie finalement.
Ici, la violence est franchement banalisée, sans conséquence par le truchement de la voix d’Hollie, ce qui montre bien l'absence de remords et de conscience de leurs actes et la vision psychopathique de ces criminels. La liberté n’est que factice car elle passe par la jouissance immédiate des biens et de la vie d’autrui.
Mais qu’importe ! Quand le film se clôt, la gêne est oubliée grâce notamment à la superbe musique de film entre Carl Orff et Erik Satie. On a senti ce vent de liberté et cette joie communicative, ces plans véritablement magnifiques, ces couleurs incroyables. Tout est oublié (sur le moment), tout est pardonné et il ne reste que cet appétit de vivre !