Armageddon, c’est ce moment très particulier du cinéma où un astéroïde gros comme le Texas fonce vers la Terre, et où la meilleure solution trouvée par l’humanité consiste à envoyer… des foreurs pétroliers dans l’espace. Parce que, visiblement, la NASA sait lancer des fusées mais pas manier une perceuse.
Michael Bay ne fait pas dans la dentelle : explosions toutes les cinq minutes, drapeaux américains au ralenti, musique de Aerosmith en perfusion émotionnelle. Le film te hurle constamment “RESSENS QUELQUE CHOSE”, au point que même une clé à molette qui tombe a droit à son moment larmoyant.
Côté scénario, innutile de trop réfléchir. Si tu commences à te demander pourquoi on entraîne des ouvriers à devenir astronautes plutôt que l’inverse, le film te répond par une explosion. Et si ça ne suffit pas, il ajoute un discours héroïque suivi d’un sacrifice noble, histoire de te rappeler que c’est ça, le cinéma des années 90 : du spectaculaire, du sentiment, et une logique optionnelle.
Bruce Willis fait du Bruce Willis : bourru, charismatique, prêt à mourir pour la planète et pour sa fille. Ben Affleck, lui, a l’air d’avoir compris dès le tournage que rien n’avait vraiment de sens, et il a depuis admis publiquement qu’il aurait dû poser moins de questions. Liv Tyler pleure beaucoup, parce que c’était apparemment écrit dans son contrat.
Et pourtant… ça marche. Malgré tout. Parce que Armageddon assume totalement ce qu’il est : un grand huit émotionnel bruyant, excessif, parfois ridicule, mais sincère dans sa démesure. C’est bête, c’est too much, c’est long, mais quand la musique démarre et que la fin approche, on se surprend à avoir un petit pincement au cœur.
Armageddon, ce n’est pas de la science-fiction crédible.
Ce n’est pas un chef-d’œuvre subtil.
Mais c’est un monument du blockbuster sentimental, celui qu’on critique beaucoup… tout en le regardant jusqu’au bout, la gorge un peu serrée... meme 30 ans après !
Et au fond, sauver le monde en larmes et en slow motion, c’est peut-être ça, la vraie signature de Michael Bay.