Un taureau pacifiste dans l’arène des clichés animés
Ferdinand, réalisé par Carlos Saldanha (L’Âge de Glace, Rio), prend le pari audacieux de centrer un film d’animation sur… un taureau qui refuse de se battre. Inspiré du conte pacifiste de Munro Leaf, le film adapte cette idée simple avec tendresse, humour et un sens du rythme bien calibré — même si l’ensemble reste très balisé.
Le héros, Ferdinand, est doublé en VO par John Cena (et Xavier Fagnon en VF), massif mais doux comme un agneau, passionné par les fleurs plus que par la castagne. Rejeté pour sa différence, il se retrouve embarqué dans une aventure entre fuite, retour à la ferme, et passage obligé par l’arène. Le film défend un message limpide — la force ne fait pas la violence, la douceur n’est pas une faiblesse — avec une sincérité désarmante.
Visuellement, le film est coloré, vivant, très expressif, avec une Espagne stylisée, presque de carte postale. Les animaux secondaires apportent une touche de folie (notamment les hérissons malicieux et la chèvre hystérique doublée par Kate McKinnon, qui vole la moitié des scènes). Ça fait rire, ça dynamise, mais ça frôle parfois le trop-plein.
Côté narration, c’est classique : les étapes du récit sont attendues, les retournements peu surprenants, et la mécanique émotionnelle un peu prévisible. Mais ça reste bien mené, rythmé, et suffisamment sincère pour qu’on s’attache à Ferdinand et à ses compagnons d’écurie.
Ferdinand n’est pas révolutionnaire, mais il a un vrai cœur, une morale claire et un héros à contre-courant des standards. Un film familial agréable, doux et accessible, qui fait du bien sans chercher à trop en faire.