Steve Jobs
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Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 février 2016
Qu'on aime ou pas, on ne peut pas reprocher à « Steve Jobs » de manquer d'audace dans son approche cinématographique ! En effet, tenter de percer le secret de l'homme derrière la révolution numérique en narrant le secret des coulisses avant la présentation de trois différents ordinateurs, de 1984 à 1998, c'était un sacré défi, et je le trouve personnellement plutôt réussi. Alors que je n'étais pas vraiment au courant de cette démarche, je me suis d'ailleurs pris au jeu assez rapidement, la bonne surprise venant également de la grande sobriété de Danny Boyle derrière la caméra (le dénouement excepté), s'appuyant sur la qualité du scénario d'Aaron Sorkin et l'interprétation remarquable des comédiens, Michael Fassbender livrant une de ses plus belles prestations, mais se faisant voler la vedette par une éblouissante Kate Winslet, confirmant qu'elle est, aujourd'hui, avec Cate Blanchett, sans doute la plus grande actrice de sa génération. Reste que sans m'être ennuyé (ce qui est déjà une bonne chose tant le risque était grand) et tout ayant la satisfaction d'en savoir plus sur cet homme ultra-perfectionniste, fascinant et légèrement psychorigide, dont l'ambiguïté est d'ailleurs relativement bien rendue, je n'ai pas été non plus transporté. C'est que la démarche a donc beau être originale et séduisante, elle limite un peu toute seule la portée du projet et sans doute pas mal d'éléments intéressants de la carrière et de la personnalité de Jobs. De plus, j'ai beau reconnaître beaucoup de talent à Sorkin, je ne suis pas totalement sensible à son écriture. Certes, c'est brillant, incisif, intelligent, mais elle manque régulièrement de naturel et d'émotion, même si le film compte tout de même quelques scènes touchantes et vraiment bien senties. Par ailleurs, l'œuvre parvient sans doute à nous en dire plus sur son « héros » que d'autres biopics nettement plus classiques sur le leur, laissant ici une part de mystère concernant le personnage tout en parvenant un minimum à toucher à l'intime. Bref, malgré spoiler: une conclusion un peu trop optimiste et positive
(que la facilité nous rattrape vite, quand même!), quelques longueurs et certains personnages d'un intérêt mineur, voilà donc une œuvre proposant quelque chose de différent dans l'univers très standardisé du biopic, et le faisant plutôt bien : voilà qui est à saluer.
stallonefan62

373 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2017
Bon biopic revenat sur 3 dates importantes de lancement de produits pour Steve Jobs et d sa relation avec ses amis et famille !! Mickael Fassbender livre une prestation remarquable, totalement habité par son personnage !! Les dialogues sont prenants et diablement efficace !!
T-rhy
T-rhy

94 abonnés 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 février 2016
Steve Jobs.... Réalisé par Danny Boyle (28 jours plus tard, Transpotting, La plage, Petit meurtre entre amis, Slumdog Millionnaire, 127 heures, Sunshine, etc...), écrit par Aaron Sorkin (The social network, À la maison blanche, etc... ) et avec Michael Fassbender, Kate Winslet et Seth Rogen en têtes d'affiche. Ce long métrage est l'adaptation de la biographie de l'ancienne figure de proue de Apple, la firme américaine dont la renommée n'est plus à faire, et dont les produits ont une popularité telle qu'elle s'apparente presque à un culte dans certains cercles (si les files d'attentes des jours avant la sortie d'un iPhone devant les Apple store ne vous font pas penser à du pur fanatisme religieux, je ne vois pas ce qui vous y fera penser). Biographie écrite à la demande de l'intéressé qui a également participé à son écriture. Le livre "Steve Jobs" est sorti le 24 octobre 2011, soit trois semaines après le décès du co-fondateur d'Apple. Le film va se concentrer sur trois événements majeurs dans la vie de l'homme par lesquels il va développer les relations conflictuelles de son protagoniste principale avec ses proches mais aussi en profiter pour établir un bilan de sa vie, ses réussites et échecs à chacun de ces moments. D'ailleurs le long métrage est littéralement construit autour de ces 3 séquences faisant chacune 40 minutes. L'avant présentation du Macintosh en 1984, l'avant présentation du NextCube en 1988 et enfin l'avant présentation de l'iMac en 1998.
Ce fut un projet à longue gestation auxquels beaucoup de grands noms ont été attachés. Il était par exemple question de David Fincher à la réalisation jusqu'en 2014, et pour le premier rôle les noms de Matt Damon, Tom Cruise, Leonardo Dicaprio ou encore Bradley Cooper avait été évoqués.
Je n'attendais pas particulièrement ce film. En effet il s'agit du second long métrage se voulant adapter la vie du co-fondateur de Apple. Celui sorti le 21 août 2013, et se nommant sobrement "Jobs", était correct, mais avais déjà à cœur d'enscencer l'homme, et finissait par être trop lisse au vue de ce que tout un chacun s'intéressant un peu à l'informatique ou son évolution pouvait découvrir en se renseignant un minimum (je vous conseille d'ailleurs vivement le documentaire "Les pirates de la Silicon Valley" datant de 1999 et s'intéressant aux parcours de Steve Jobs et Bill Gates jusqu'en 1997). Du coup que vaut "Steve Jobs"? Et bien c'est pas mal du tout en fait.
La réalisation est l'un des premiers bons point du film. Elle est léchée. On se croirait au théâtre, à ceci près qu'il y a des caméras qui tournent et des changements de plans sous nos yeux. C'est très efficace.
Le scénario est intéressant plus dans sa forme que dans son fond. Il s'agit d'un drame assez poignant en trois étapes, où l'on relie les événements entre eux grâce aux dialogues travaillés de Aaron Sorkin. D'ailleurs à ce propos le film est très bavard. Il ne s'agit que d'un enchaînement de discussions entres personnages. Des personnages particulièrement bien introduits et caractérisés dont l'approche va évoluer au cours des trois actes composants le film. Et pour tout saisir des enjeux de chacun il est important de se montrer attentif à tout ce qui est dit. Un tour de force qu'avait déjà réalisé le scénariste américain en 2010 avec son The Social network réalisé par David Fincher.
La bande son est vraiment une bonne surprise. Rien de transcendant, mais des pistes sonores et thèmes à la fois discrets et parfaitement de ton à chaque scène. Certains s'avèrent même très déroutants, et contribuent parfaitement à faire monter la tension à l'écran. Daniel Pemberton, (qui a travaillé entre autre sur les bandes originales du "Cartel" de Ridley Scott ou encore plus récemment du The Man from U.N.C.L.E. de Guy Ritchie) a fait un travail de composition particulièrement soigné.
Les acteurs sont évidemment le second point fort de ce long métrage. Michael Fassbender est simplement impressionnant. Dans sa gestuelle, ses tocs, sa présence,... Le Steve Jobs qu'il nous présente est tantôt brillant, tyrannique, touchant, glaçant, détestable, admirable. Une prestation bien plus impressionnante que celle de Ashton Kutcher dans le Jobs sorti en 2013. Kate Winslet est toute aussi bluffante que son partenaire à l'écran. Elle incarne parfaitement le rôle de Joanna Hoffman, une amie de Steve Jobs, l'ayant épaulé et suivi depuis l'époque du Macintosh. Seth Rogen est un Steve Wozniak diablement convainquant. Jeff Daniels et Michael Stuhlbarg complète ce casting déjà fort solide avec des prestations de même qualité.
Bref, Steve Jobs est une agréable surprise. Autant le propos du film vous touchera plus ou moins en fonction de l'image que vous avez de l'ancien PDG de la firme à la pomme croquée, autant vous ne resterez certainement pas de marbre face à tout le reste. Une bonne pioche qui mérite d'être vue au moins une fois. ☺
LeFilCine
LeFilCine

198 abonnés 631 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2016
Au scénario de ce nouveau biopic de Steve Jobs on retrouve Aaron Sorkin. Ce dernier est devenu un scénariste de référence depuis les films The Social Network et Le Stratège. Et c'est Danny Boyle, le célèbre réalisateur anglais, qui a hérité de ce script tant attendu. La réussite de Sorkin est d'avoir réussi à cibler seulement des moments clés de la vie de Steve Jobs. Il a bâti son scénario autour de trois moments importants autour desquelles il a cherché à raconter l’homme plus que le business man. Dans chacun de ces tournants (au nombre de trois), on se retrouve à chaque fois quelques minutes avant ces fameuses keynotes dans lesquelles il présentait un nouveau produit. Jobs y croise le fer à chaque fois avec des personnages qui ont marqué sa vie (ex-femme, ex-patron, ex-collègues, et surtout sa fille Lisa avec laquelle il entretient une relation tourmentée). Il se trouve être en relation conflictuelle avec chacun de ces personnages. Le film cherche donc avant tout à décrypter la personnalité complexe de l'homme, et ses rapports difficiles avec les gens. Il ne semble éluder aucune de ses manies et de ses excès tout en cherchant à comprendre l'origine d'une personnalité aussi géniale que difficile. Michael Fassbender incarne parfaitement Steve Jobs et les seconds rôles qui l'accompagnent (Kate Winslet en tête) nous font parfaitement revivre ce monde des pionniers de l'informatique-business. Finalement, le film n'est ni totalement à charge contre Steve Jobs, ni totalement hagiographique non plus. Cet entre-deux laisse un peu sur sa faim, et tend à confirmer qu'il était encore peut-être un peu tôt pour revenir sur le parcours de cet homme qui, quoi qu'on en pense, aura laissé une trace dans un pan de l'histoire de l'informatique.
Vincent T.
Vincent T.

29 abonnés 134 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2016
Après les 8 salopards, nouveau film qui enchaine les dialogues à la chaine, 2h10 de dialogue (de l'art).

Ces 3 événements, on les suit dans les coulisses avant le lancement des produits (quelques flashbacks quand même) alors le film ne fonctionne pas au box-office a cause de cela, car les gens disent "ouai c'est du théâtre filmé" eh bien je ne pense pas, il y a d'excellentes idées de réalisation (toujours le bon cadre ou le bon angle) et il y a un plan sur fond de pluie durant un conseil d'administration MAGNIFIQUE.

On suit la relation de Jobs avec Steve Wosniak, le PDG d'apple et sa "fille caché" sur 15 ans menée d'une main de fer par le réalisateur avec des dialogues ciselés et des joutes verbales cinglantes.

Ça parle de révolution numérique, marketing, vision du monde tout en peignant le portrait intime de Jobs (mégalo, manipulateur, visionnaire, inadapté ou pas, tout dépend de votre vision sur ce portrait psychologique),
- en effet certains disent que le film vomi sur Jobs et d'autres que c'est un film propagande sur un homme populaire mais incompris, ça fait partie de la richesse du film, cette ambiguïté.

Un trio de haut volé est réunis, Michael Fassbender (le tournage avait commencé à Christian bale puis il est parti pour info), Kate Winslet et Seth Rogen fonctionnent et il est excellent.

Le cinéphile, le fan d'apple et celui qui aime analyser un homme ou un nom aimerons ce film, le spectateur lambda aura du mal à adhérer.
NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 novembre 2019
Étant un pro anti-Apple je n'attendais pas grand chose sur le biopic d'un certain Steve Jobs. Personnage emblématique ce qui n'empêche pas le fait d'être devant un tyran et homme détestable. Cela m'ennuie que Boyle est à la réalisation de ce film sachant qu'il fait parti de mes best réal all-time. Enfin bon, c'est comme ça faut accepter. Je garderai tout de même en mémoire deux passages, quant il tient impérativement et avec obsession que son MAC puisse dire bonjour puis quand il parle à sa fille du spoiler: I-Pod bien avant la venue de l'appareil. en question.
Bon, sinon dans la filmo Boyle la musique est toujours un régal. Je précise pas mais Fassbender est bon. Oui j'ai voulu voir vraiment par curiosité. La curiosité de quoi ? Et bien ça va répondre à ta dernière question. Je suis contre son écosystème fermer. Et Steve tenait à être conservateur. Offrir un système de partage seulement d'Apple à Apple et non pas avec d'autres machines. D'ailleurs dans le texte de Fassbender, il exprime parfaitement à son pote. Ce sont des éléments comme ceci que je tenais à entendre ce qui me rassure de mon désaccord envers la politique de la pomme de Californie. Au moins je nie pas que le film est honnête sur certains points.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2016
Le fondateur d’Apple apparaît, en trois mouvements, comme un gourou visionnaire et machiavélique dans un portrait complexe. Sagement réalisé mais intelligemment écrit.

LA SUITE :
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 février 2018
Déçu de ce film qu'est "Steve Jobs". Oui, le propos est très bien amené, très intéressant, mais la surabondance de dialogues permanents (vraiment) gâché ce plaisir. Les acteurs sont très bons, la musique aussi même si un peu ressemblante à mon goût de celle de "The Social Network". Le scénario est bon mais hélas découpé en 3 parties assez mal séparées.
Quant aux personnages, même si les relations entre eux sont très travaillées, leurs enjeux ne sont pas très développés: les personnages restent focalisés sur la même chose.

Pour conclure, je dirais que "Steve Jobs" est un assez bon film mais qui ne ressemble pas tellement au cinéma de Danny Boyle. C'est interessant, bien interprété mais il faut vraiment s'accrocher au sujet du film.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 février 2016
Le "Jobs" de l'Américain Joshua Michael Stern (en 2013, avec Ashton Kutcher) était un vrai "biopic", suivant sans imagination les lois du genre, pour une réalisation proprette. Le Britannique Danny Boyle procède tout autrement en 2015, grâce à une habile dramaturgie en huis-clos. Une vraie théâtralisation, en 3 temps, 3 "Impromptus", comme autant de temps forts du parcours compliqué de SJ sur le plan professionnel. La responsable marketing, Joanna Hoffman, son associé des débuts, l'autre "Steve" (Wozniak), le PDG d'Apple, un développeur, un journaliste.... sont de toutes les présentations annoncées, en coulisses. Cette suite récurrente accompagne le "chef d'orchestre" Jobs, amenant le spectateur, de plus en plus précisément, à appréhender la complexité du personnage. Cet entourage professionnel et amical révèle en creux les fêlures de l'homme d'Apple. Et plus encore la présence de Lisa (que l'on suit donc "back stage" à 6, 13 et 19 ans), la fille de Chrisann, sa "date" depuis le lycée, dont il nia longtemps la paternité. Un excellent Fassbender dans le rôle-titre rend cet ambitieux portrait (montrer l'homme derrière le "grand homme", avec des effets volontairement réduits) crédible, et passionnant. En bémol, quelques longueurs (le film dure 2 h 02).
J.Dredd59
J.Dredd59

122 abonnés 703 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 mai 2020
Bah déjà je pigeais pas l'intérêt du biopic, à part faire plaisir aux fans (nombreux, trop) d'Apple. La vie de Jobs sort de la routine habituelle du commun mais on est loin d'un Mandela ou d'un Gandhi, enfin on n'est pas sur un personnage mythique, son histoire n'a rien d'extraordinaire, la trame encore moins (normal pour un biopic me direz vous, toujours la même formule), le jeu de Fassbender est un peu plat, le rythme aussi, non rien d'emballant dans ce truc, mais c'est à la mode et ça se vend donc...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 13 février 2016
Une Véritable Perle. Après les incontournables Sunshine et 127 Heures, le cinéaste Danny Boyle livre ici un ambitieux Long Métrage centré sur le créateur d'Apple Steve Jobs qui a révolutionné le monde grâce a son talent en matière de technologie.Pour Commencer la Mise en Scène Innovante tout en étant maîtriser jusqu'au bout en passant par une BO trés Efficace qui sied a merveille au long métrage. Ensuite le Scénario est particulièrement Judicieux grâce au scénariste Aaron Sorkin qui y apporte son édifice en nous montrant avec ingéniosité les moments les plus marquants du créateur et PDG d'Apple a travers un rythme trés soutenue dont on ne ressent aucune longueur,ajouter a cela des Dialogues Brillants et Cinglantes mais aussi une touche Dramatique trés présente lors des moments forts du film qui parvient a nous toucher.Enfin le Casting est Parfait avec notamment le remarquable Michael Fassbender qui est tout simplement Bluffant en prêtant ses traits au personnage Complexe et Intransigeant Steve Jobs dont on parvient malgré tout a découvrir la face caché du personnage au fur et a mesure que le film avance, a ses cotés l'acteur est entouré par une galerie de Seconds Roles a l'interprétation irréprochable tels que Kate Winslet,Seth Rogen,Jeff Daniels,Michael Stuhlbarg,Katherine Waterston et Perla Haney-Jardine. En Conclusion, Steve Jobs est un fabuleux Biopic a ranger aux cotés de l'incontournable The Social Network et qui s'avére a la fois Brillant,Émouvant,Passionnant et Théâtrale qui parvient également a entrer au panthéon des plus beaux films des années 2010 et qui mérite amplement ses nominations aux prochains Oscars car ce film mérite amplement le détour.
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 février 2016
Bon… ça va peut-être en choquer plus d’un, mais moi, ce film, il ne m’a apporté qu’une seule chose : il m’a juste fait prendre conscience que je n’en avais rien à faire de Steve Jobs. Mais vraiment rien à faire… Le pire, c’est que c’est sûrement là un sentiment trompeur. Peut-être qu’en vrai, si je me renseignais un temps soit peu sur la vraie vie du vrai Steve Jobs, peut-être qu’alors je pourrais trouver de l’intérêt à la vie de Steve Jobs. Mais là, c’est triste à dire : raconter comme ça, pour moi, c’est niet. Le film commence sur le lancement du Macintosh en 1984. Salle bondée, effervescence générale, enjeux économiques posés d’emblée… Alors pourquoi pas… Un « In medias res » pour commencer, ça met tout de suite du rythme et de l’intrigue. De la part d’un Danny Boyle, je n’en attendais pas moins. Mais bon, un « in medias res » à partir de quoi ? Du début jusqu’à la fin, le film ne semble limiter la vie de Steve Jobs qu’à ses présentations de machines ! Alors, encore une fois, pourquoi pas. Sur le papier ça aurait pu marcher : Jobs est un chef d’orchestre, son talent est dans la mise en lumière nous dit-on, et la répétitivité des présentations permet de jauger l’évolution du personnage, notamment en observant tout ce qui se raccorde à lui dans sa vie privée, notamment sa femme et surtout sa fille. C’était là la garantie d’une incarnation du propos et la promesse d’une vision globale de cette figure emblématique et controversée. Mais bon, entre le papier et l’écran, il y a clairement tout un monde. Parce que bon, en toute honnêteté, la mise en chair n’a absolument pas fonctionné sur moi. Au contraire, la démarche me semblait tellement artificielle que pas un instant je ne suis parvenu à m’y plonger. Et franchement, pour le coup, j’ai peur que la faute en revienne à Boyle lui-même. Faire dans le sous-entendu, dans la retenue, l’ami Danny ne sait pas faire. Transcrire des émotions, des passions, des transcendances, ça oui, il sait faire, il sait les incarner. Le gars dispose d’une réelle science du rythme dans la manière de gérer les flux d’images et de sons. Dans chacun de ses films, quand il fallait donner de l’élan, sa réalisation y parvenait toujours. Seulement voilà, dans un cadre aussi posé, dans une démarche aussi introspective, je trouve la réalisation de l’ami Boyle totalement hors de propos. Tout est beaucoup trop discursif dans le propos, trop nerveux dans le montage, trop chargé d’élans musicaux pour qu’à un moment donné la mayonnaise prenne. De mon point de vue, le liant entre la question des relations familiales de Jobs et son esprit d’homme d’entreprise ne s’opère jamais. Le premier devient clairement un kyste douloureux pour le second. Surtout qu’en fin de compte, le premier n’est finalement abordé que de manière très sèche, presque réservée qu’à ceux qui connaissent le personnage. L’Histoire du Mac, de Next, du Newton, de l’iMac, les bans concernant sa relation avec Steven Wozniak… Finalement tout cela ne peut parler que pour quelqu’un… qui en a déjà entendu parler ! Et vu que ceux qui en ont déjà entendu parler sont également ceux qui connaissent certainement le fin mot de l’histoire, une question se pose alors : « mais à qui peut s’adresser ce film ? » En tout cas, une chose est sûre, pas à moi. Seules les astuces formelles de Danny Boyle m’ont évité l’ennui, et dire cela, pour le coup, ça me fait mal. Parce que oui, autant pour ses précédents films je n'étais pas du tout d'accord avec cette idée que beaucoup reprochaient à Boyle comme quoi il n'était en fin de compte qu'un auteur de clips à la réalisation totalement surfaite, autant pour ce « Steve Jobs » je suis clairement en train de me demander si, à force, le pauvre Danny n'est pas en train de se rapprocher de la caricature qu'on fait de lui... Triste...
m_queen
m_queen

251 abonnés 1 243 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 février 2016
L'acteur qui incarne Steve Jobs est impeccable, on s'y croirait. Mais j'avoue m'être ennuyé durant la projection. La façon de placer l'action (quand je dis action c'est une bien grand mot) 3 fois de suite durant le film dans les coulisses avant une conférence importante et toujours avec les mêmes intervenants fait redite. Les scènes sont bâties sur des dialogues à 2 personnages. Beaucoup de blabla et pour redire les mêmes choses: que Steve Jobs était un homme très très difficile à vivre. Je plains ses collaborateurs !
Captain_Axel
Captain_Axel

55 abonnés 32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2016
Sorkins et Boyle humanisent Steve Jobs en usant intelligemment de stratagèmes subtils. Un portrait splendide pour un film magistral.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2016
"Mais raisonnement c'est que tout le monde a un idéal, il y a donc quelque chose de plus important que tout le monde n'a pas. Je suis sûr par exemple que Dieu n'a pas d'idéal. Il y a une phrase très très belle... de qui est-elle ? Je crois qu'elle est de Lénine. "L'éthique c'est l'esthétique de l'avenir" Je trouve cette phrase très belle et très émouvante aussi. Elle réconcilie la droite et la gauche..."

Honnêtement je n'y croyais pas... Je n'avais pas vu Jobs et je me fous un peu de sa vie (même si dans ma prime jeunesse je pensais qu'Apple c'était génial (quelle aliénation)), alors je ne sais pas si ce que j'ai vu est la réalité de la vie de Jobs, honnêtement je ne le crois pas, cependant j'ai aimé ce que j'ai vu malgré un défaut majeur qui est aussi la principale qualité du film.

Le film est découpé en trois parties, chaque partie se déroule en temps réel et ça c'est brillant, on évite toutes les conneries des biopics de manière générale. On suit Steve Jobs à trois moments de sa vie, avant trois lancements. Je trouve l'idée juste géniale. Surtout que Sorkin arrive à tout mettre, tout ce qui est important sur Jobs, parfois même un peu trop (c'est la limite du truc mais j'y reviendrai). Dans un biopic on n'a pas besoin de voir toute la vie de la personne, son enfance, etc. Je vois bien un autre réalisateur s'attarder pendant mille ans sur l'enfance sans père, faire de la psychologie de bazar, etc. Là c'est mentionné, on en parle, mais tout le monde sait de quoi il parle, on ne fait pas réellement de rappels lourds, ce qui rend le film ultra fluide, créant ainsi une sorte d'énergie qui ne s'arrête jamais.

Alors c'est ça le défaut du film, c'est que Sorkin a mis trop de trucs. Si j'aime le côté microcosme du film, avant chaque lancement de produit Jobs retrouve les mêmes personnages, à chaque fois, ce microcosme fait de ce film quelque chose d'irréel, ce n'est pas la réalité ça, la vie n'a pas de sens, il n'y a ni progrès, ni retours en arrière, tout ça sont des interprétations morales. Donner comme ça une sorte de sens à la vie de Steve Jobs dans ses relations avec les autres c'est quelque part nier la vie et ce qui fait sa spécificité.

Cependant si on accepte ce postulat, c'est bien fait, il n'y a rien à redire, même les flashbacks (qui sont peut-être quand même en trop) sont bien intégrés car ils ne sont pas forcément là juste pour expliquer mais viennent dans leur intégration à la narration et par le montage rajouter encore du dynamisme.

J'ai trouvé le film assez touchant avec la relation père fille, assez juste, sachant enlever la musique lorsque c'était nécessaire (après personnellement j'en aurai pas mis du tout et je pense que ça aurait été encore mieux). On peut reprocher un peu le symbolisme de la fin, je trouve ça assez réussi malgré tout. Mais bon c'est Danny Boyle qui réalise, faut faire avec et c'est pas le type le plus sobre du monde (ce qui d'ailleurs a déjà pu le desservir par le passé).

Si j'avais peur du projet c'était pour ça, que Boyle face un petit film à Oscar assez minable avec un Fassbender qui en fait des caisses pour avoir une belle statuette et je le trouve plutôt lui-même, disons qu'il ne cherche pas à modifier sa voix, son apparence, même à la fin lorsque Jobs a l'allure qu'on connaît tous, ça reste le même avec juste des cheveux gris et un col roulé. Kate Winslet est un peu la force du film, on la voit courir à droite à gauche, être dévouée et malgré sa coupe de cheveux ignoble au début son personnage fonctionne.

Par contre Seth Rogen est un vampire... en 15 ans il ne vieillit pas (et a sciemment décidé de copier mon apparence, j'espère avoir toujours la même temps dans 15 ans moi aussi, sans rides).

Le personnage de Jobs est assez intéressant, pas manichéen, on est loin d'avoir un génie en face de nous (pas même un génie qui semble souffrir d'une forme d'autisme comme c'était le cas dans The Social Network). on a un type arrogant, sûr de lui, calculateur et qui pourtant a ses faiblesses, qui n'a aucun réel talent en informatique, en design... Mais un type qui a une vision et qui s'y tient, peu importe ce que peuvent penser les autres et j'aime ça. Ils ont fait de Jobs un vrai personnage de cinéma. Et je ne peux que mentionner à nouveau sa relation très ambigüe avec sa fille que je trouve bien écrite (même si ça devient presque niais sur la fin).

C'est un film qui fourmille d'idées, qui évolue en terme de photographie selon les époques, à la mise en scène dynamique. D'ailleurs j'avoue avoir pensé à Birdman... et je me dis que chaque lancement aurait pu être un plan séquence... ça l'aurait fait.

Par contre je pense que vouloir absolument caser sa vie dans chaque période, bien que ça fonctionne était une erreur et qu'on aurait juste pu voir Fassbender s'engueuler avec Winslet pendant 45 minutes à chaque fois sur ceci ou cela, sur tel ou tel détail technique et ça aurait été parfait. Parce que contrairement à the Social Network ici le film ne met pas réellement dans un quotidien plausible de Jobs, ça fait un peu théâtre... Et on n'a pas tous les petits détails techniques qui peuvent parfois être réellement excitants dans les scénarios de Sorkin.
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