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Laurent M.
8 abonnés
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4,5
Publiée le 23 février 2015
Une excellente surprise scandinave que ce "Snow Therapy". Un sujet original abordé tout en subtilité avec un casting étonnant, incluant Johannes Bah Kuhnke, le "Rick" de Real Humans, qu'on retrouve là aussi dans un rôle qu'il incarne à la perfection.
Snow theraphy, ou comment dénoncer la place et le rôle assigné aux hommes et aux femmes... pour mieux les accepter!
Pourquoi premièrement avoir changé le titre original " force majeur" en un anglais si fade? Pour lui donner une touche américaine? c'est vrai que la langue de Shakespeare est plus racoleuse de nos jours.
Revenons au film. Une famille bourgeoise Norvégienne, belle et bien sous tous rapports, se ressource dans pendant une semaine dans les alpes. Lors d'une avalanche pas si contrôlée que ça, le père de famille fuit, abandonnant femme et enfants. l'incident va servir d'électrochoc au couple qui ne va pas si bien que ça, et remettre les choses à plat dans cette famille qui se croyait si unie. Le pitch de départ est vraiment séduisant, et le développement de la crise bien exposé. Même dans les couples moderne, l'homme comme la femme restent attachés au assignations traditionnelles de l'homme virile et protecteur et de la femme passive. Et malheur à celui qui se se coule pas dans le moule! On aurait pu croire avec tout ça que les repères et rôles traditionnels seraient exposés pour être dépassés. Malheureusement non, car le film se conclut sur une déception. Chacun retrouve la place qui lui est du pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde.
Pour conclure, on film très intéressant et à l'humour grinçant, qui questionne et bouscule nos certitudes sur le genre... mais ne fait pas le dernier pas nécessaire pour les dépasser, dommage. A voir quand même.
Curieusement au départ il est indiqué que Snow Therapy est force majeure mais c est vraiment une thérapie par la neige, climat lourd augmentée par tout ce blanc immaculé et la musique. A voir
Dans une station de sports d'hiver curieusement vide, une famille modèle de cadre sup suédois passe quelques jours de vacances. Elle est belle comme Lætitia Casta. Il a du mal à se décoller de son Blackberry. Leurs enfants semblent tout droit sortis d'un catalogue Cyrillus. Sur cette base, Ruben Östlund construit un film étrange qui ne ressemble à aucun autre. Sous le soleil ou dans le brouillard, au rythme des canons à avalanche, nos Suédois skient gentiment, avant de rentrer dîner dans le grand hôtel anonyme où ils se sont installés. Rien ne se passe sinon, un jour, une avalanche qui dévale jusqu'au restaurant d'altitude où ils déjeunent paisiblement. Le mari prend peur et décampe laissant son épouse, affolée, et ses enfants. La scène, impressionnante, est filmée en plan fixe et se termine sans drame. L'avalanche s'est arrêtée au pied du restaurant et n'a blessé personne. Mais le mal est fait : le mâle a perdu son autorité dans la fuite. Sa lâcheté doublée de son refus de l'admettre mettent à rude érpeuve la solidité du couple.
La situation nous interpelle : comment aurait-on réagi face au danger ? face à la lâcheté du père ? Sommes-nous courageux ? aurions-nous pardonné ? Snow Therapy (bizarre traduction du titre original "Force majeure") interroge les valeurs qui forgent le couple. C'est un film dérangeant que l'on n'oublie pas facilement.
C'est assez intéressant de voir comment un film aussi pauvre sur tous les fronts peut cependant se relever efficace sur des thèmes comme l'ennui, la lâcheté et la confiance en soi. Inutilement long les aventures de cette famille de suédois désespère autant qu'elle énerve puisque 2h de film pour finalement subir une classique histoire d'amour à reconstruire alors que les ingrédients sont là pour réaliser si ce n'est une comédie amère au moins un huis-clos passionnant sur le rôle du père prophétique. Car ici les codes du théâtre Song réunis sans jamais porter leurs fruits. Dialogues et réflexions insipides, personnages vraiment transparent... Ce n'est pas une thérapie comme celle ci que vous allez vous requinquer.
Une très bonne idée de départ...malheureusement le film patine...devient bavard...je me suis un peu ennuyé...heureusement des bons moments ponctuent le film...moyen...
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2,0
Publiée le 19 février 2015
"Snow Therapy" est une comédie dramatique originale qui parle du rôle de l'homme dans la famille avec un humour et un traitement subtil et piquant, mais sans être méchant. C'est un film assez étrange puisqu'il n'y a pas de rythme, on est proche du documentaire, le réalisateur a choisi uniquement des plans fixes lors des dialogues pour vraiment nous placer en tant que spectateur ce qui est assez prenant au début, mais je dois avouer qu'au bout d'une heure, j'ai totalement décroché à cause de l'histoire qui n'avance plus, l'ajout d’éléments pas indispensables et de trop nombreuses longueurs. Un film qui est donc intéressant sur le fond, mais la forme est un peu à revoir.
Probablement moins bon que l’énorme réputation acquise lors de festivals, «Snow Therapy» ressemble à une certaine bouffée d’air frais dans les sorties hebdomadaires. Comédie sociale décalée, humour nordique appuyé, l’ensemble fait souvent sourire et malgré une réalisation lente et judicieusement figé (le montage est réduit à son minimum), le film reflète une lecture intéressante du cocon familial, mis en valeur par un scénario fin et une interprétation très juste. Sans atteindre l’effet boule de neige, la descente même furtive s’avère idéale.
Tout ça pour ça ? Que de conversations oiseuses, de bavardages stériles, de gens qui se regardent le nombril et coupent les cheveux en quatre ! Soporifique.
Tout commence dans le magnifique décor des Alpes enneigées. La superbe station des Arcs en particulier.
Dès les premières minutes, l'envoûtante photographie de Fredrik Wenzl s'impose tout autant que la bande son d'Ola Fløttum. Le décor planté, le réalisateur et scénariste Ruben Östlund prend son temps, s'attarde sur des plans fixes, souvent très longs. L'unité de lieu augmente le côté asphyxiant de la situation. L'écriture soignée de son scénario pousse loin dans la psychologie de l'ensemble des personnages. Seconds rôles ou acteurs principaux. Le tout dans une très grande et profonde subtilité.
Lâcheté ou instinct de survie, être ou faire semblant, qui peut répondre et affirmer ce qu'il ferait en pareil cas ? Selon les dires du réalisateur "Il semble aussi que dans beaucoup de cas, les hommes n’agissent pas selon les codes chevaleresques attendus."
Pourtant habitué des hauteurs immaculées et enneigées, là où le silence et l'immensité renvoient l'humain à sa juste place, jamais pareille sensation d'étouffement, de déshydratation, aussi, ne m'ont pris à la gorge.
La réussite est parfaite de bout en bout.
Tous les acteurs sont excellents, et chaque rôle trouve son utilité avec une mention pour cet étrange employé de l'hôtel, cigarette au coin des lèvres, témoin de beaucoup trop de situations.
Snow therapy, titre magique car il faut avouer un fort effet thérapique à ce film.....c'est filmé avec art, et je dois dire que les ambiances de neige (sur les télésièges, on sent le vent vous effleurer grâce au bruitages, dans les cabines on est emporté par les secousses, etc.....) sont extrêmement suggestives (on glisse littéralement avec les acteurs sur la neige bien poudreuse, dans les silences apaisants de la neige)......C'est le point fort du film à mon avis, plus que les conséquences psychologiques de l'avalanche, et d'ailleurs, le film balance autant les deux répertoires, le psychologique et la montagne......le film traverse tous les écueils de l'académisme, pour nous poser dans du cinéma rigoureux et très bien articulé, qui accapare littéralement les capacités d'empathie du spectateur ainsi que ses sentiments concernant la culpabilité ou l'innocence face à un drame.....Subtile, soignée, la mise en scène a quelque chose de décisif et de chaleureux, qui font (à mon avis) qu'il ne faut pas rater ce petit bijou de film dramatique......D'ailleurs 15 jours après sa sortie il continue de remplir une des salles du cinéma art et essai brestois.....
Le film est loin d'être parfait dans sa construction. Les personnages secondaires en particulier prennent trop de place, ou pas assez, et même s'ils servent effectivement de catalyseur, ils ruinent la belle unité dramatique construite autour de ce huis-clos familial. Snow Therapy reste néanmoins un film extrêmement efficace. L'homme moderne, l'homme occidental, qui n'est plus que l'ombre de lui-même, se le prend en plein dans la gueule. Quelle sera notre réaction face à la peur, face au danger ? De quel côté serons-nous quand le monde chavirera ? Peut-être est-il difficile de prédire. Il y a de bonnes chances quand même que nous soyons nous aussi des Tomas. Mais tant mieux si ça se termine aussi bien que dans Snow Therapy.
C'est assez étrange... la lenteur du film semble a priori exagérée mais au final elle apparait nécessaire. Reste que les relations entre les personnages sont difficiles à comprendre. Si l'avalanche et la réaction des personnages constitue une situation très intéressante à exploiter au cinéma on comprend mal les liens qui lui préexistait.
Les Arcs est un bien bel endroit pour y passer une petite semaine à pratiquer les sports de glisse dans un cadre idyllique. C'est ce que s'est dit ce jeune couple suédois qui a tout pour être heureux : une belle situation pour Monsieur, un physique engageant pour l'un comme pour l'autre et deux jolis enfants, un garçon et une fille. Seulement voilà : une vilaine avalanche, si belle à filmer de loin, mais si inquiétante lorsqu'elle se rapproche de vous, va gâcher le séjour de nos chers Scandinaves. Tomas en effet a peut-être la carrure d'un Viking, mais il n'en a pas le courage. La preuve en est que, devant le danger imminent, il s'enfuit à toutes jambes, laissant femme et enfants face au péril et revenant quelques instants plus tard à l'endroit qu'il avait déserté, comme si rien ne s'était passé, une fois que la menace est écartée. L'intrigue est mince et va se concentrer sur les réactions du couple à l'issue de cet épisode qui aurait pu virer au drame. Ruben Östlund nous donne à voir les effets de la crise conjugale qui va s'ensuivre. Et là survient le bonheur du film. Car ce qui eût pu plonger le spectateur dans des abîmes de psychologie bergmanienne va donner lieu à une description sociologique d'un couple, qui scrute les moindres détails de sa vie quotidienne. Superbes instants où l'on voit le mari et la femme occupés à des soins de toilette : ce qui pourrait paraître anodin devient une somme de petits moments où l'exaspération et la nervosité se font de plus en plus évidentes. La critique de la société bourgeoise avec ses faux semblants, ses prétendues valeurs, ses rêves de confort tout artificiel s'étale devant nous, mordante mais sans excès. La litote et le sous-entendu valent mieux selon Östlund que la rage et le poing fermé. Et la nature est prise à témoin, immense et parfois inquiétante lorsqu'un brouillard s'empare des cimes et brouille les pistes, isolant les personnages et les amenant littéralement au bord du gouffre. Quelle belle métaphore pour un couple qui se cherche et ne parviendra que moyennant bien des tâtonnements à se retrouver ! Or, en dépit de la situation, le film comporte des moments fort drôles et c'est peut-être cet humour à froid (normal, nous dira-t-on, vu les conditions climatiques) qui retient en priorité notre attention. Ce sont de petites choses qui vont susciter le sourire du spectateur, ces petites choses qui traduisent la distance du réalisateur face à ses personnages. Il y a du Kaurismäki et peut-être même du Tati chez ce metteur en scène qui sait admirablement interroger la société de son temps, ses illusions et ses faiblesses.