Hazel Grace Lancaster est atteinte d'un cancer de la thyroïde qui s'est métastasé dans ses poumons. Durant les rencontres du groupe de soutien auxquels sa mère l'oblige à assister, elle fait la rencontre avec Augustus, dit Gus, Waters, en rémission d'un cancer des os, et une relation singulière naît.
Il n'aura pas fallu atteindre longtemps que les fans du roman éponyme de John Green puissent retrouver le magnifique et émouvant couple incarné par Shailene Woodley et Ansel Elgort. Si l'amour est le moteur de ce scénario, l'essence reste l'humain et tout ce qu'il ressent, surtout lorsqu'ils font face à la maladie. Hélas, il est bel et bien question de cancer, mais ce cancer ne touche pas uniquement Hazel - certes, en majeure partie. Sont nombreux celles et ceux qui croient que la maladie ne touche que le ou la malade. Elle touche également les proches, ces humains qui chérissent et qui pleurent, qui voguent entre espoir et désespoir, qui relèvent et qui chutent.
Si l'objectif premier du film est de nous narrer l'amour réciproque entre Hazel et Gus, la maladie nous rappelle sa présence à chaque instant. Autrement dit, chaque péripéties du film nous empêchent de l'oublier, de la mettre de côté. Les personnages trouvent tout de même la force de la mettre de côté pour vivre la vie, leur vie, permis par l'espoir et leur force couplée à la volonté. Mais la maladie est parfois plus cruelle qu'on ne le pense. Les couleurs de la vie se ternissent et l'obscurité de la maladie rappelle sa puissance à coups de condamnation, de douleur et de mort. Une si belle poésie pour montrer que le film joue assez souvent - pour ne pas dire toujours - avec le contraste : la vie associée à la mort ; l'espoir à la condamnation. Si les rêves nous rendent joyeux, la réalité est dure.
Si la tradition oblige d'associer les malades des guerriers, elle n'est pas fausse. Je pense à Elise Giraudau qui dédie son livre, un hommage à sa sœur décédée d'un cancer, "La vie en turquoise" aux guerriers et guerrières, celles et ceux qui se battent dans les chambres des hôpitaux. Si j'ai nommé cette partie, "un combat contre soi-même", c'est pour vous faire part de ma réflexion. Le corps se bat contre le parasite - le cancer - et que l'esprit habite ce corps. Chaque jour est un combat pour ne pas sombrer. Hazel, débordant d'amour et de rêves, désire rencontrer son auteur préféré Peter Van Houten (William Dafoe) à Amsterdam. Ce voyage apporte bien plus à Hazel. A mes yeux, la scène de baiser - comme j'ai décidé de l'intituler - est explicite et d'une force à la fois émouvante et exemplaire. Dans la maison d'Anne Franck, aucun ascenseur n'est présent, mais cela ne freine pas Hazel qui décide tout de même de la visiter. Ainsi, chaque escalier et échelle gravis pour atteindre le grenier, le sommet représentent les épreuves de la maladie et de la vie auxquelles doivent faire face nos guerriers et guerrières. Pour atteindre le sommet, Hazel s'est battue contre son propre corps et l'a vaincue.
Si ce film ne peut s'empêcher de faire couler des larmes, il nous rappelle la beauté de la vie et sa valeur inestimable malgré le "tout". Ce fragment de vie ne nous donne plus aucune excuse pour vivre pleinement notre vie. Alors, il ne vous reste plus qu'une seule chose à faire : vivez, profitez, savourez votre vie !