Il y avait une chose étrange avec Romain Duris. J'adore une grande partie de ses films, et pourtant lui a toujours un "truc, un je ne sais quoi, qui m’énervait". Sans que je ne sache s'il s'agissait de ses personnages (particulièrement "tête à claques" pour certains) ou bien de son interprétation.
Mais là, clairement c'est LE film qui me réconcilie avec lui. Il sort de sa zone de confort Klapishienne pour se draper d'un rôle de composition qui confirme sa qualité d'acteur. Là il est. Comme il dit à un moment dans le film dans son SMS: "
Tu es fou?"..."Non, je suis femme".
Il est d'une justesse sans fioritures, qu'on lui a rarement vu chez lui. Il se donne sans barrières, avec simplicité, non sans drôlerie parfois. Comme quoi, quand l'émotion est juste, ça fait rire aussi, et touche plus efficacement le coeur.
La comédienne en duo avec lui est évidement incroyable et à surveiller de très près, elle qui fait des choix audacieux (comme le précédent "Elles" par exemple).
Alors, si les films de Klapish me détendent plus, si je prendrai plus de plaisir à les revoir sur petit écran, "Une nouvelle amie" n'en reste pas moins une oeuvre cinématographie à déguster au moins une fois au cinéma, tant le regard posé sur la transsexualité est doux, sans tabou et sans s'arrêter à de simple clichés, mais bien sur l'identité même. Je l'ai regardé comme une histoire d'amitié/amour, et une histoire émouvante, drôle, où la transsexualité devient finalement presque secondaire. Une amie m'avait dit qu'on en sortait mal à l'aise, avec "des questions", mais moi au contraire j'ai trouvé ça beau, et absolument pas dérangeant. Après, je ne connais rien à la communauté transsexuelle, et peut-être que je me trompe, mais d'un point de vue extérieur, il me semble que ce film ne tombe pas du tout dans la caricature, d'où le fait qu'on puisse être touché autant par cette histoire, comme n'importe laquelle.
L'interprétation de Duris, n'a rien à envier aux acteurs grimés en femme des Almodovar. Il me semble qu'il y a eu un profond travail derrière et que tout au moins il a compris l'essence de ce que pouvais être, ressentir, un homme désirant être femme.