Prix d’interprétation féminine mérité pour Diane Kruger cette année à Cannes. Elle est formidable dans In the fade. Sans doute son meilleur rôle à ce jour. Le film, quant à lui, est fort. J’en suis ressorti assez perturbé. Je ne m'attendais pas du tout à la scène finale qui m’a laissé pantois. Très déçu par The cut, le dernier film du réalisateur allemand d’origine turque, j’étais donc prudent. Faisant abstraction de cela, d’entrée j’ai été pris par le récit (qui colle assez bien à ce que l’on vit en Europe depuis quelques temps). Il faut dire qu’il y a peu de mise en situation, on est mis très vite dans le vif du sujet. On laissera de côté une ou deux petites invraisemblances pour se concentrer sur le parcours bouleversant de Katja. Malgré ses défauts, on ne peut qu’éprouver une certaine empathie pour elle (et forcément un profond dégout pour les accusés) et comprendre sa démarche. On est surtout là devant le premier beau portrait de femme de cette nouvelle année. Au final, un film haletant et éprouvant (même si la morale peut sembler limite pour certains) qui prend aux tripes et dont on ne ressort pas indemne. Fatih Akin remonte donc fortement dans mon estime et Diane Kruger gagne définitivement ses galons de grande actrice. Le premier choc de 2018.
« In the Fade » est vraiment un bon film. Idée originale, aucune longueur, ça change de ce qu'on voit d'habitude et ça fait plaisir. Diane Kruger joue vraiment très bien dans ce film. Bravo à ce réalisateur et bravo à cette actrice. J'ai été captivée par cette histoire du début à la fin.
Un film très dur mais indispensable qui souligne la folie des terroristes d'où qu'ils viennent, la douleur des proches qui perdent un être aimé dans les attentats, les difficultés des mariages mixtes des deux côtés. Diane Kruger a amplement mérité son prix d'interprétation à Cannes?
Film bouleversant et d’une justesse incroyable !! Pourquoi tant de mauvaises critiques ? Parce que l'attentat vient de néonazis et que Fatih Akin est turc ??... L'interprétation de Diane Kruger est remarquable.
Le titre original est « Aus dem Nichts », « de nulle part », « du néant ». Pourquoi mettre un titre anglais à un film allemand ? Après des enquêtes bâclées, il a fallu cinq ans à la justice allemande pour trouver les vrais coupables d’une série d’attentats perpétrés entre 2000 et 2006. La police s’obstinait à chercher dans le milieu des immigrés turcs et kurdes, privilégiait un règlement de compte tout en négligeant la piste raciste. Depuis quatre ans le procès se traîne à Munich. C’est dans ce contexte que Fatih Akin, metteur en scène allemand né de parents turcs, a voulu exprimer sa colère et se venger à travers ce film. Ce n’est pas un film historique parce qu’il s’éloigne des faits réels, mais en s’appuyant sur eux, il y apporte plus de profondeur. Ce n’est pas non plus un film objectif, il filme du point de vue de la femme, en fait la troisième victime de l’attentat, et entraîne avec lui le spectateur. Nous ressentons la même colère contre la justice et ses préjugés. Diane Kruger en ange de vengeance est parfaite ; de femme anéantie par le chagrin elle passe par la révolte pour finalement agir. S’il n’y pas de justice, alors il y aura la vengeance ! Elle joue admirablement, on est touché par son jeu. Elle incarne parfaitement son personnage nuancé qui n’a pas eu une vie toute lisse. Avec son amie elle s’exprime dans un langage assez ordinaire (pour moi une petite révision du vocabulaire…) Elle a arrêté ses études pour se marier avec un trafiquant de drogue turc emprisonné, mais à sa sortie ils se sont stabilisés pour mener une vie normale et elle s’épanouit dans son rôle de mère. On peut trouver certaines scènes et personnages très clichés, comme l’image du bonheur familial ou l’avocat cynique de la défense. Peut-être le film a trop d’exigences : Sur fond de fait réel il utilise le genre du thriller politique pour représenter une société allemande avec ses mouvements néo-nazi et une justice avec des préjugés. Sa colère est si forte qu’il arrive à manipuler le spectateur pour l’inciter à approuver la thèse de la vengeance. Mais par moment, il frôle le mélodrame, ce qui est en partie compréhensible par son engagement personnel. Malgré ces quelques réserves, nous avons souffert avec une Diane Kruger exceptionnelle qui mérite son Prix d’Interprétation à Cannes ! Elle souligne l’universalité du film : « C’est terrifiant, ce film pourrait se passer n’importe où, en Amérique, en France ou ailleurs dans le monde. » Un film courageux qui est loin d’être parfait mais qui incite à la réflexion.
Le film ne m'a pas plu du tout ! Outre l'histoire très prévisible celle-ci est affreusement manichéenne (les bons turcs contre les affreux nazis). Dans une Allemagne très " merkelienne" ou le melting-pot culturel devient une deuxième nature, tout le monde perd son âme. Dommage pour la très séduisante Diane Kruger, tatouée à mort dans le film, qui ne parvient pas à sauver ce film complètement délégitimé par son propos. Cette histoire désespérée et désespérante de la société allemande "post occidentale" est complètement ravagée par la culture de mort. A rajouter dans le "kit suicide" qu'on doit bien trouver en ligne maintenant sur internet... Je sauve seulement le procès devant la cours de justice allemande qui a une vraie valeur documentaire. Yves B du B
Saviez-vous que le cinéma n’a jamais été un rêve d’enfant pour Diane Kruger ? Cela va en interpeller plus d’un, et pourtant c’est la stricte vérité. En effet, du village allemand où elle a grandi, cet horizon lui paressait trop inaccessible. Mais sa vraie passion à elle était la danse. Le destin en décida autrement, le jour où une blessure au genou brisa définitivement ses ambitions. Le hasard fait que son chemin croise la route de Luc Besson puis de Guillaume Canet qui lui offre son premier grand rôle dans "Mon idole". La suite, vous la connaissez comme moi : une formidable carrière internationale. Mais jamais de prix obtenu. Du moins jusqu’à "In the fade". Par ce film, c’est le temps de la consécration pour la plus française des actrices allemandes. Et il aura fallu pour cela qu’elle retourne dans son pays d’origine pour tourner son premier film en allemand et enfin remporter le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2017. Un prix qu’on imagine fort bien pour elle comme… inattendu. Et qui lui offre une sacrée revanche sur sa vie d’artiste. Eh bien franchement, ce prix n’est pas volé, tant sa prestation est saisissante. Remarquez, "In the fade" aurait souffert si elle n’avait pas été aussi sidérante, parce que tout le film repose sur elle. Imaginez que vous perdiez d’un seul coup deux de vos proches, dont un fils (ou une fille). Essayez d’imaginer qu’ils ont été tués alors qu’ils n’auraient pas dû mourir, à cause d’une bombe artisanale placée dans une rue commerçante. Imaginez la douleur d’une mère devenue subitement orpheline de son enfant et veuve. Vous n’y arrivez pas ? Je comprends : il n’y a guère que les personnes qui ont vécu ce genre de drame qui peuvent y arriver. Car même en redoublant d’efforts pour l’imaginer jusque dans ses moindres détails, je pense que nous resterons malgré tout loin du compte. Ne vous en faites pas, c’est ce que nous propose Fatih Akin. Et il nous le propose comme une espèce de dissertation, une dissertation développée en trois chapitres encadrés par une introduction et une conclusion. L’introduction est sous le signe des temps heureux : on voit un homme se marier au sein même d’une prison. Cependant on est cueilli à froid par une image dégueulasse. Rassurez-vous : ce sont en fait des images de type amateur. Puis intervient une première ellipse. Nous retrouvons le couple dans une vie normale, dont le fruit s’est matérialisé par un enfant. C’est le début du premier chapitre, intitulé "La famille". Ce chapitre sera suivi de deux autres, titrés respectivement "La justice" et "La mer". Au cours de ces chapitres, le récit se focalise sur la descente aux enfers de Katja. C’est à partir de ce moment que Diane Kruger peut laisser exprimer son immense talent en dramaturgie, dont nous en avions déjà eu un échantillon (et quel échantillon !) à travers le premier film de Fred Cavayé, j’ai nommé "Pour elle". Grâce à son époustouflante interprétation, on ressent toute l’horreur de la scène qui la fouette comme une immense lame de fondspoiler: (olala ! ses cris, qu'ils sont déchirants !) , cette panique qui la submerge, cette incompréhension qui lui fait perdre tous ses repères, cette douleur qui la noie dans un engrenage de colère. Pour résumer, habitée par ce rôle, Diane Kruger semble vivre ce que vit son personnage avec une rare intensité. Et le spectateur se voit réduit à la soutenir comme il peut, à l’image de l’entourage venu l’épauler mais complètement démuni face à ce genre de choses. Alors bien sûr, ce que je dis pourrait vous faire entrevoir ce film comme une longue litanie. Et il est vrai que ça peut ne pas trop donner envie d’aller le voir. Mais il n’y a pas que ça : le spectateur va être scandalisé par certains faits. A commencer par les beaux-parents, en particulier la belle-mère, cette femme sans cœur qui ne pense qu’à son chagrin et qu’on rêve de voir se faire insulter, voire même gifler. Et puis le tribunal, où se joue le procès d’un attentat au cours duquel les avocats se livrent une bataille sans merci. Bien sûr, la cause du spectateur penche inévitablement du côté de la victime, mais il sera quand même offusqué par les pratiques de l’avocat de la défense (entre autres). Tout cela pour en arriver à une chute brutale, que le spectateur sent venir mais qu’il refuse d’envisager. Et c’est là-dessus que le film se conclue, sur une note de synthèse élaborée en plusieurs tableaux. Le générique de fin arrive, et c’est encore groggy par les multiples chocs qu’il sort de la salle. Dans tous les cas, il ne faut pas se fier à ce que disent certains journalistes, parce qu’ils n’ont rien compris. Dire que ça déborde de pathos… oui c’est vrai. Mais dans ce cas c’est utile, au risque sinon de déshumaniser le propos. Mais OSER dire que nous avons là « une éloge de la violence kamikaze »… euuuuh elle est où l’éloge ? Au contraire, et c’est là que je rejoins le propos de l’internaute cinéphile elbandito, le film dénonce ces violences gratuites que certaines idéologies imposent. Quant à la fin, finalement… ne correspond-elle pas à la psychologie du personnage principal ? spoiler: Une chose est sûre : il ne devrait pas être révélé au tribunal les recettes détaillées d’une bombe artisanale. Après tout, nous ne sommes jamais à l’abri d’une vengeance…
Un thriller bien mené du début à la fin on ne s'attend pas du tout à partager toutes les douleurs de cette mère et épouse après la perte de son enfant et de son mari ,dans ce rôle Diane Kruger maîtrise les émotions ,les regards ,la dureté de tous les événements que cette femme vit autant tous les jours et surtout au tribunal DUR ne rien ressentir pour un fait basé sur du réel qui nous donne des frissons et nous fait penser à tous les attentats de ces dernières années . Fatih Akin a bien choisi sa distribution et sa réalisation est pleine de sensations tristes et fortes
Film poignant très bien fait. Je ne comprend pas bien les critiques de la presse spécialisée. Sont ils du coté des accusés? Evidemment le verdict du tribunal est surprenant, mais sinon il n'y aurait pas de film. Ce qui me trouble le plus c'est que camping car ne soit pas de niveau.
J'ai entendu des critiques très mauvaises, en voyant la première scène du film - le mariage, j'ai été atterré et j ai cru que j allais passer un très mauvais moment. Caméra à l épaule complètement ratée. Prétention artistiques, de mise en scène désastreuse, cela m a mis en très mauvaise disposition. L image est floue, même lorsqu'elle arrête de bouger pour zoomer sur la mariée, la caméra continue à bouger inutilement. C'est prétentieux, inefficace et contre productif.
De ce fait, il faut un certain temps ensuite pour oublier ce début. Au fond ça va assez vite, le film est suffisamment prenant pour passer outre.
En raison du sujet du film, j'avais beaucoup de craintes sur "In the fade". Aborder au cinéma un sujet aussi complexe, actuel et fort qu'est le terrorisme me paraissait presque mission impossible et pourtant, Fatih Akin s'en est à mon sens vraiment bien tiré. Divisé en trois parties, le long-métrage est brillamment mis en scène et propose un message, certes discutable, mais indiscutablement osé et plus complexe que l'on pourrait le croire. La première partie pose les bases du récit et offre des séquences assez immersives chargées en émotion. Bien que le cinéaste ne prenne parfois pas assez de recul sur les actes de la principale protagoniste, il pose des enjeux moraux clés passionnants qui permettront au long-métrage d'évoluer. Ainsi, la deuxième partie est à mon sens la plus réussie tant elle frôle la perfection. Les scènes de procès sont superbement mises en scène, installent une véritable tension dramatique et permettent au film de prend une ampleur morale inattendue. Au delà d'aborder, comme l'on pourrait s'y attendre la question de deuil, Fatih Akin interroge les mécanismes judiciaires et les fondements même de la société allemande. Les différents dilemmes moraux qui jalonnent le long-métrage sont représentés au sein de cette partie dans toute leur complexité et sans qu'aucun raccourci ne soit fait. C'est je pense la troisième partie qui a posé problème à la presse française, en particulier sa fin osée. Je ne pensais pas que le film finirait ainsi mais je comprend tout à fait le choix du cinéaste qui, contrairement à ce que j'ai pu lire, ne renonce absolument à ses convictions humanistes et ne fait encore moins un éloge des kamikazes. J'ai perçu cette fin comme une critique directe du système judiciaire allemand, présenté comme le principal fautif du destin tragique de la personnage principale. En effet (attention spoiler), c'est lui qui, par le biais du procès, spoiler: redonne d'abord vie à Katja qui renonce au suicide, avant que son incapacité à rendre la justice ne pousse Katja à se faire sauter, entraînant les terroristes dans sa mort. Le film ne justifie pas l'acte de Katja, il cherche à montrer comment inefficacité du système en place a conduis sa principale protagoniste au suicide . C'est une fin à laquelle on peut ne pas adhérer mais qui reste porteuse d'un message fort et indéniablement très impactant. A l'image de la superbe performance de Diane Kruger, je trouve ce film très réussi et vraiment important par son sujet qu'il traite de manière très courageuse.
Diane Kruger porte ce drame intense et puissant du début à la fin sans jamais trop en faire ni pas assez. In the Fade est une réussite, qui souffre uniquement d’un léger bémol simplement technique : la réalisation n’est pas extraordinaire, certains mouvements de caméras sont brusques et agressifs. Probablement une volonté du réalisateur mais qui rend un aspect désagréable à l’écran. Néanmoins, le reste est maîtrisé d’une main de fer : le scénario, bien qu’assez simple, est rythmé grâce à sa structuration en trois chapitres. Le film, bien que dénué d’action, est poignant et fascinant, et très dur à voir. Certaines scènes sont difficiles, violentes, crues, aussi bien au niveau des enjeux que des dialogues. Un film allemand impressionnant et touchant, perturbant et marquant, qui mène à un dénouement un poil prévisible mais très efficace et inévitable.