"Au nom de ma fille" illustre remarquablement le combat sans nom de ce père meurtri, André Bamberski à travers l'affaire Krombach...
Cette soif de vérité, ce besoin infaillible de la rétablir, après la mort de sa propre fille Kalinka tuée par son beau-père dans des conditions atroces, est ici fidèlement et soigneusement retranscrite par un Daniel Auteuil franchement crédible et un scénario linéaire mais parfaitement clair, voire très pédagogique pour le spectateur qui suit avec effarement le déroulé de cette histoire sordide dont on fera tout pour étouffer l'affaire et laisser en paix ce criminel !
En effet, chaque point trouble, chaque dysfonctionnement est extrêmement bien pointé et expliqué, de même que l'attitude de la mère sous la coupe de ce compagnon et médecin aux appuis bien mystérieux mais toujours infaillibles.
Les difficultés s'empilent, et le millefeuille d'incohérences et d'aberrations de ce roman judiciaire est à nos yeux effarant !
André Bamberski, Allias Daniel Auteuil est d'une détermination et d'une ténacité sans limite, ce que le réalisateur arrive à montrer superbement dans la direction de cet acteur.
Une histoire impensable où tout sera déjoué, faille par faille, grâce à un entêtement tenace et malgré la montagne de barrières qui s'élèvera encore et encore !
Et donc certes, malgré une réalisation scolaire, mais très efficace, Vincent Garenq arrive à tout mettre en place pour rendre édifiante cette histoire, tout comme il réussit à donner une vraie personnalité à chaque être, comme cette mère obstinément dans le déni jusqu'à une extrémité qu'elle ne pourra plus nier !
Dans ce rôle, Marie-Josée Croze est d'ailleurs étonnante.
Presque 30 ans de lutte jusqu'à y laisser sa propre vie, pour l'amour d'un enfant disparu, pour un pardon de ne pas avoir été assez présent à ses côtés...
Effrayant par bien des aspects, le constat est toujours le même, par ce silence d'autant mieux gardé quand il arrange et réconforte certains, tout comme ces effroyables affaires de pédophilie (Spotlight), dont on laisse la vérité bien enfouie pour ne pas faire de vagues et éclabousser les institutions...