Le Divan de Staline relève, dans sa forme, du mauvais théâtre filmé, comprenons d’une approche atrophiante du cinéma qui réduit la mise en scène à un rôle d’illustration et l’espace à celui d’un plateau de jeu – aux antipodes, par exemple, de la démarche esthétique d’un Sacha Guitry. La qualité des dialogues, issus pour certains du roman ici adapté de Jean-Daniel Baltassat, transparaît néanmoins grâce à une attention portée aux comédiens, quoique curieusement dirigés : le filmage en gros plans présente l’intérêt de sonder l’intériorité tourmentée des personnages principaux (Staline, sa maîtresse Lidia et Danilov, un jeune peintre) en scrutant le vide d’un regard, la fugacité d’une expression faciale, le silence. Le long métrage délaisse progressivement la matérialité – celle d’une assiette que casse involontairement une domestique – et gagne l’abstraction, synthétise des sentiments aussi contradictoires que la peur, l’ambition ou même l’amour, s’interrogeant sur la fidélité du reflet de soi réfléchi par la psychanalyse. Le huis clos révèle trois solitudes que les rapports d’autorité enferment dans des clichés synonymes de souffrance, jusqu’au « non » prononcé par Lidia ; sa matière littéraire l’élève au rang de fable engagée dans une réécriture de Der blaue Engel (Josef von Sternberg, 1930), disposant du même triangle amoureux et d’une caractérisation similaire des protagonistes. Voilà donc une curiosité certes imparfaite mais intelligente, méritant considération.
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1,0
Publiée le 3 septembre 2021
Non rédiger une critique sur ce film c'est le clou de ce spectacle navrant car il ne mérite même pas qu'on y prête plus d'attention. C'est le genre de film où nous avons le sentiment en tant que spectateur de perdre notre temps et où chaque seconde de cette histoire ressemble a une heure. Je suis terriblement déçu par les jeux d'acteurs c'est une torture sans fin. L'histoire est longue et en plus elle est ennuyeuse et c'est lassant. On ne retrouve pas le personnage de Staline mais pas du tous. Tout est surjoué Emmanuelle Seigner est catastrophique. On est très loin de la performance que Gérard Depardieu offrait dans tous Tous les matins du monde ou dans Cyrano de Bergerac mais on est plus proche de sa performance dans Les Valseuses. L'atmosphère du film n'a rien de russe il n'y a pas de musique de fond russe et il n'y a pas de séquences à Moscou et les autres acteurs ne se comportent pas comme de vrai Russes. Ils auraient au moins pu montrer des monuments communistes ou au moins essayer de recréer l'atmosphère de Moscou...
Fanny Ardant me donne toujours l'impression de vouloir se faire une place dans le cinéma du monde de force, sans forcément en connaître ni en respecter les tenants et aboutissants. Ce qui m'agace encore plus, c'est qu'elle a de bons instincts.
Le casting est mal fichu, trop contrasté entre le duo Depardieu-Seigner et le reste des acteurs : sinon des figurants, au moins des semi-potiches ne sachant pas quoi faire de leurs textes, lesquels sont ramassés comme des feuilles mortes dans la cour de la Comédie Française et dotés d'une diction située dans un flou entre Molière et le parler informel à Paname (deux choix tout aussi éloignés l'un que l'autre de l'idée de transcrire l'ambiance de la demeure d'apparat de Staline).
Bref, Le Divan de Staline est très parisien et ne se prend pas pour rien, ce qui le fait passer à côté d'énormément de point essentiels. À part ses tics encombrants et cette douce arrogance très ardantesque, c'est pourtant un film bien mis en scène et filmé avec un goût étrange, mais qui est bien là. C'est une sorte de La Chute à la française sur Staline, un peu vide mais suffisamment réfléchi pour ne pas frustrer. Mais l'artiste, comme souvent, donne l'impression cuisante de ne pas respecter son propre travail, comme s'il obéissait à une mode connue d'elle seule. Il y perd tout son charme.
Un Staline au crépuscule de sa vie, un jeune peintre chargé de la conception d'un monument à son honneur et entre les deux, la maîtresse du dictateur, Lidia. De ce triangle "amoureux", il ne se dégage pas gand chose. Pas de véritable réflexion sur le pouvoir et sur le totalitarisme, une intrigue creuse et des dialogues d'une vacuité qui confine à l'ennuie. Même le casting ne suffit plus à ce niveau là. Il faut dire que Depardieu fait du Depardieu et l'uniforme de Staline lui va plutôt mal. Bref, en dehors d'un effet soporifique, "Le divan de Staline" n'a guère provoqué d'émotion et d'intérêt chez moi. Il lui manque l'intelligence dans l'écriture et la mise en scène.
C’est loin, très loin même d’être convaincant, à l’image de Depardieu en Staline qui n’est jamais vraiment crédible. La seule chose que j’ai trouvé intéressante dans ce film c’est l’envie de montrer le climat de peur ambiante qui régnait en union soviétique ou un rien pouvait vous envoyer au goulag ou vers la mort. On voit chez quasiment tous les personnages une volonté de ne rien laisser transparaître, de ne pas avoir d’opinions propres de peur que ces dernières soient mal vues. En dehors de cet aspect j’ai eu du mal à voir où le film voulait vraiment aller, le portrait du chef soviétique étant loupé celui de la population étant très incomplet, cela donne un film raté de mon point de vue.
Je ne m'attendais pas à être aussi troublé par ce film. Il faut dire que le casting de choix (notamment l'excellent Paul Hamy) et la réalisation soignée sont déjà d'excellents points. Mais l'univers, le rythme, les mots de cette parenthèse Stalinienne viennent apporter une sonorité troublante et passionnante au scénario. Bravo Madame Ardant !
Gérard Depardieu a fait des chefs-d’œuvre, il a également "fait des merdes" il le dit lui-même. Seulement, même dans ses films les plus mauvais je l'ai toujours trouvé convaincant, faisant de son mieux. Pas cette fois. De sa fausse moustache à ses colères, rien ne semble crédible chez lui. A l'image du film, qui ne parvient pas à nous entrainer, et qui au contraire nous ennui, faute d'intrigue et à cause de dialogue bavards et souvent vide de sens.
1950. Staline est mis eu repos par ses médecins et se retrouve dans une grande propriété isolée avec toute une ribambelle de serviteurs, généraux et soldats. Sa maîtresse Lidia est avec lui et il la force, le soir, à interpréter ses rêves à la manière de Freud...
Je vais être honnête avec vous : j'ai tellement détesté le livre quand je l'ai lu en 2013 que mon cerveau a fait en sorte d'en oublier les détails. Il ne m'en reste que le souvenir principal : une intrigue qui ne mène nulle part sur fond de brouillard intense et, surtout, une écriture imbuvable. Fanny Ardent nous offre ici une interprétation sobre, souvent mystérieuse, un peu trop blindée de brouillards et d'écrans de fumée métaphoriques même pas subtils, avec des acteurs pas tous égaux. L'"intrigue" devient plus claire et épurée avec cette version cinématographique, mais ne nous apporte pas du tout plus que me le livre. Si ce n'est, peut-être, y voyons-nous plus d'intérêt, grâce à la fin de Lidia et de Danilov. Grâce aussi à la dimension que donne Depardieu au rôle de Staline. Même si les années et les polémiques lui ont fait perdre de sa superbe, il garde toujours un phrasé et un regard percutants. Emmanuelle Seigner, elle, est dans la retenue et le souffle, mais pour une fois ça colle bien à l'ambiance. En somme, ces deux-là proposent des scènes tendues plutôt bien faites. Notons aussi la performance de François Chattot dans le rôle de Vlassik, hyper convaincant. Quant à Paul Hamy qui campe le rôle de Danilov, on l'oublie facilement... Comme dans le livre, la venue de l'artiste au domaine n'est qu'un prétexte, le plus "intéressant" reste la relation entre Lidia et Staline. Mais bon, ça reste un film lent, au but pas tout à fait atteint de mettre vraiment le spectateur mal à l'aise, qui reste un peu trop timide et n'insiste pas assez ou de manière choquante sur le pouvoir du dictateur (sauf bien sûr la scène où il condamne à mort 15 hommes sur une liste, simple mais frappante). On sent le potentiel, mais surtout ça reste moins ch---- et moins usant que le livre.
Fanny Ardant s'attaque pour sa troisième réalisation à un mythe : Staline. Qui mieux que notre "Gégé" national pour interpréter le dictateur russe. Le film est plaisant malgré la profusion de dialogues et l'on retrouve Staline dans toute son ambivalence : capable d'être tendre comme un gros ours apprivoisé puis d'être terrifiant avec son entourage comme sa muse Lidia (Emmanuelle Seigner). On sent la réalisatrice très imprégnée par la culture russe et c'est aussi à travers le personnage de Paul Hamy ou du projectionniste envoyé en Sibérie qu'elle défend celle-ci pendant cette période sombre. Intéressant...
Fanny Ardent est une passionnée de la Russie et porte un intérêt pour l’époque de l’Union Soviétique. C’est donc avec cohérence qu’elle adaptera le roman de Jean-Daniel Baltassat. Gérard Depardieu incarne la venue de Staline pendant trois jours dans un château isolé. Sa maîtresse de longue date va jouer la psychanalyse la nuit et un jeune peintre attend d’être reçu par Staline le jour. Malheureusement le livre était trop littéraire pour être d’une intensité cinématographique. Les dialogues des bons acteurs, peinent à sortir de la case récitation. C’est alors qu’on s’allongerait bien pour dormir sur ce Divan de Statline, lui qui devait offrir une réflexion sur la peur et la quête du pouvoir. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44
Un film de Fanny Ardant aux allures de téléfilm. Il faut noter une excellente facture, une mise en scène propre, un beau travail de la photo, couleur, décors intérieurs, tout est soigné. Mais nous nous rendons vite à l'évidence d'un film terriblement ennuyeux,avec des jeux d'acteurs parfois fragiles et un contenu assez faible.
Le film ne fonctionne pas vraiment dommage car quand Depardieu joue des personnages historiques il donne toujours de la crédibilité au film. Mais la réalisation reste franchement molle et l'histoire entre Lidia et danilov est inconsistante.
Je me suis ennuyé du début à la fin malgré des acteurs excellents, mais le rythme du film est pesant et sans intérêt historique. On n'apprend rien , on s'ennuie !!!!