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Isidore Lancastre
10 critiques
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4,0
Publiée le 5 décembre 2025
En apparence, DETROIT n'est pas un film d'horreur. Dans le fond, il n'est pas si loin du mythique MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE de Tobe Hooper. Certes, les tueurs ne portent ni masque, ni tablier de cuir. Ils n'ont pas de tronçonneuse. Ce sont de banals flics blancs, mais tout aussi psychopathes que les fermiers cannibales de Hooper. Irradiés de racisme fanatique, brûlés de haine fiévreuse et excités par un climat de violence paroxystique, ces policiers hagards vont massacrer un groupe de jeunes Noirs dans la nuit de l'Algiers motel qui va peu à peu se transformer en abattoir.
Il s'agit malheureusement d'une histoire vraie. Et Kathryn Bigelow recourt à une approche documentaire pour mettre en scène ce film d'horreur. Une utilisation magistrale d'une caméra épaule et de très courtes focales nous colle à la terreur des victimes et à la violence des bourreaux, aiguise jusqu'à l'oppression la tension de ce huis-clos cauchemardesque.
La réalité s'est conclue comme tout bon film d'horreur qui se respecte : les méchants n'ont jamais été punis... Aucun des policiers meurtriers de l'Algiers motel n'a été condamné. Pire encore : l'une des victimes a du quitter Detroit pour échapper aux intimidations policières. 1967-2025, le monde donne l'impression de faire un surplace inquiétant.
Les meurtres de jeunes noirs par des policiers blancs dans le motel Algiers à Detroit en juillet 1967. Reconstitution tragique et poignante d’innocents humiliés, torturés et tués par leurs bourreaux injustement innocentés dans le procès qui suivra. Le racisme dans toute son horreur.
La réalisatrice Kathryn Bigelow signe un véritable film coup de poing dénonçant le racisme au sein de la police américaine au travers le tragique fait divers s’étant passé durant les émeutes de Détroit de 67 où trois jeunes noirs ont été abattus dans un hôtel par des policiers. Un traitement choc film avec précision et retenue qui marque par la densité du récit et une remarquable interprétation. Le long-métrage fait également l’autopsie d’une Amérique qui peine à panser ses plaies de son passé sanglant lié à l’esclavagisme.
" Detroit" est un film à la fois brûlant et suffocant. Plutôt que de se contenter d’une fresque historique sur les émeutes de 1967, Kathryn Bigelow choisit de concentrer le récit sur un fait précis : le drame du motel Algiers. Ce huis clos devient un condensé de tension, où la peur, la violence et l’abus de pouvoir explosent à chaque instant. La réalisatrice explore les ressorts du racisme haineux, nourri par la frustration et la jalousie. Elle nuance son propos en montrant des Noirs du côté des dominants et des Blancs engagés pour les droits civiques. Pas de simplisme : elle trace une frontière nette entre victimes et bourreaux, tout en inscrivant cette tragédie dans l’histoire collective de la ségrégation. Larry Reed ( Algee Smith vu dans " Euphoria") , chanteur des Dramatics, incarne la blessure la plus profonde. Porteur d’espoir, frappé par la violence, il abandonne son rêve de chanter devant des Blancs. À travers lui résonnent à la fois la grandeur de la musique noire — gospel, soul, jazz — et une douleur irréductible : dignité bafouée, amertume, fierté autodestructrice. "Detroit" est plus qu’un film sur le passé : c’est une parabole brutale et nécessaire, miroir d’une Amérique encore déchirée par ses démons.
Kathryn Bigelow met sa science de la mise en scène au service de la reconstitution d’évènements qui se sont déroulés à Detroit lors des émeutes raciales de 1967, c’est-à-dire au moment de l’adoption des lois fédérales (Civil Rights Act) de 1964, 1965 et 1968 qui prohibent toutes les lois et réglementations ségrégatives sur l'ensemble des États-Unis. Dans le huis-clos du motel, des policiers blancs qui se sont crus visés par des tirs, terrorisent, frappent, humilient les clients de l’hôtel, en particulier les afro-américains. Notons la performance de l’excellent Will Poulter, dont les sourcils naturellement arqués me paraissent avoir été accentués pour lui conférer un aspect luciférien ! Après les meurtres, justice sera-t-elle rendue ?
Comme beaucoup d’autres films, j’ignorais cette histoire et j’ai été pris dedans. À la différence qu’il est très très dur : la ségrégation reste dans la mémoire et ça fait beaucoup de peine de constater que les Noirs sont perdants. L’événement à l’Algiers Motel reste la scène la plus mémorable et où la pression nous envahit. Le film se passant pour un film choral, on oscille entre différents personnages : les citoyens noirs, les racistes et le flic prisonnier de cette société. Will Poutner livre une performance très froide et son personnage est détestable. Fred change bien au cours du film et il est très difficile de lui donner tort. Quant à Dismukes, il passe un peu à la trappe même si John Boyega reste bon. Encore une fois, K. Bigelow opte pour des plans caméra à l’épaule comme si on était présent dans les films. Le montage est tout aussi original : parmi ces événements reconstitués, on a droit à de vrais images d’archive tel un J.T et qui confirment cette réalité. Les décors et toute la direction artistique font fidèlement style années 60 favorisant l’immersion du spectateur.
Méconnu, "Detroit" est très difficile à supporter car elle évoque un moment très froid et une ambiance morbide dont on éprouve de la peine pour les victimes. Les événements, basés sur des interviews car jamais achevés, nous oppressent jusqu’au bout et on n’a jamais pu éprouver autant de haine pour la police dans un film.
Kathryn Bigelow propose un film expérimental et ambitieux quant à la forme et aussi le fond, mais également quant aux questions soulevées dans cette œuvre cinématographique âpre, rigoureuse et sans concession.
Kathryn Bigelow sait développer un langage cinématographique en harmonie avec le sujet traité à savoir, ici , les émeutes de Détroit en juillet 1967.
Tout est efficace et puisant dans cet ouvrage visuel particulièrement intense et le regard de cette cinéaste, essentielle et indépendante, est à admirer simplement mais authentiquement évidemment !
Film coup de poing qui dénonce le racisme à Detroit à la fin des années 60 sous le prisme d'un fait divers peu connu dans lequel 3 jeunes afro américains ont été retrouver assassiné par la police pendant les grandes émeutes... Ce film m a fait beaucoup penser à la série Dans leurs regards qui aborde le même thème...
J'ai l'impression que les films de cette réalisatrice passent légèrement à la trappe en France. Il s'agit pour moi d'un grand film, avec une réalisation très solide, un montage parfait, des acteurs brillants (et quel casting !), etc.
Un film marquant aussi bien que poignant. Bien sûr la dénonciation est nécessaire, bien sûr le message est honorable, bien sûr que c'est un excellent film qu'il est important de voir.
Ce film mi Thriller mi docu-fiction retrace les émeutes de Détroit de 67 et plus particulièrement l’affaire de motel Algiers dont le film fait la part belle.
Comme à son habitude, la réalisatrice nous gratifie d’une mise en scène rythmée caméra à l’épaule ; les scènes y sont tendues et étouffantes, notamment le fameux huit clos du motel.
Le spectateur est plongé au cœur des émeutes raciales et, sans leçon de morale, manichéisme ou angélisme, la réalisatrice arrive à faire passer son message anti raciste.
Ce film poignant sur la ségrégation qui subsistait à Detroit à l'époque est tiré d'un fait réel, on n'en sort pas indemne... Malheureusement je ne suis pas sûre que cela ait bien changé vu la période que nous traversons, un reflet de la société actuelle? Après «Zero Dark Thirty», cette réalisatrice a su choisir ces comédiens: tous incroyables ! Merci un vrai film de cinéma.
"Detroit" est un film dérangeant de réalité. Des films qui abordent le racisme, les débordements de la police et le haine raciale, il y en a eu un paquet. Mais l'ambiance sombre, malsaine et dérangeante de "Detroit", je ne l'ai pas si souvent vu. En 1967, éclate des violences raciales à Detroit. Et le film prend une tournure dramatique. Avec une réalisation qui permet d'être étouffé par le cadre et par la caméra, on se sent rapidement mal à l'aise face à cette situation. Les acteurs sont excellents, Will Poulter par dessus tout, mais les autres également. Kathryn Bigelow n'en est pas à son coup d'essai et continue de montrer qu'elle est brillante.