La comédie à l’italienne prend ses sources dans le mouvement néo-réaliste qui l’a précédé avec les Vittorio De Sica, Roberto Rossellini et Giuseppe De Santis comme têtes de pont suivi d’une période de transition où Renato Catellani ou Luigi Zampa vont faire de l’inénarrable Toto un véritable passeur durant les première années 1950. C’est avec l’arrivée à maturité de ceux qui vont en devenir les principaux artisans tels Mario Monicelli, Dino Risi, Pietro Germi, Ettore Scola et quelques autres de manière plus sporadique comme Luigi Comencini et l’inusable Vittorio De Sica que le mouvement va prendre son envol. En 1958, le bal s’ouvre avec « Le pigeon » réalisé par Mario Monicelli épaulé par le fameux duo de scénaristes Agenore Incrocci et Furio Scarpelli déjà à la manœuvre depuis dix ans sur les films de Toto évoqués plus haut. Les deux hommes sont rejoints par Suso Cecchi d’Amico qui apporte sa caution intellectuelle acquise après avoir travaillé avec De Sica sur « Le voleur de bicyclette », « Miracle à Milan » puis Luchino Visconti sur « Senso ». Le scénario s’en trouve donc teinté d’un vérisme dérivé du néo-réalisme, livrant pour le meilleur un mélange savoureux typique de la nature italienne qui veut que drame et dérision ne soient jamais complètement dissociés. C’est l’occasion pour Vittorio Gassman et Marcello Matroianni qui se cherchent encore d’affirmer leur talent en ajoutant une nouvelle dimension à leur jeu jusqu’alors plutôt utilisé dans l’épique pour le premier qui a même tenté sans grand succès l’aventure hollywoodienne et dans les rôles de beau gosse romantique pour le second. Gassman est incontestablement celui qui d’emblée montre le plus de dispositions évidentes pour la comédie loufoque alors que Mastroianni dans un rôle plus modeste ne semble pas encore savoir sur quelles touches il doit pianoter pour être dans le ton. Trois ans plus tard sous la direction de Pietro Germi dans « Divorce à l’italienne » petit chef d’œuvre à ne pas manquer, les progrès seront fulgurants. Renato Salvadori dans le rôle du râleur un peu dur à cuir, veillant jalousement sur sa très jolie sœur (Claudia Cardinale) est quant à lui dans un registre qu’il a déjà rôdé sous l’autorité de Dino Risi. Toto qui fait une courte apparition semble avoir compris qu’il lui faudra tôt ou tard passer le flambeau après avoir régné en maître absolu sur la comédie italienne depuis la fin de la Guerre. On rit beaucoup à voir les maladresses incroyables de cette bande de pieds nickelés bien sympathiques devenus des perceurs de coffres à la gomme qui demeurent malgré tout émouvants, tentant de faire face à la misère d’une Italie alors en pleine reconstruction. Le meilleur et le plus abouti restaient malgré tout à venir avec « Divorce à l’italienne » cité plus haut, « Il Mattamore », « La marche sur Rome », « Le fanfaron » de Dino Risi ou encore « La grande guerre » et « L’armée Brancaleone 1 et 2 » de Mario Monicelli qui ne sont qu’un échantillon des joyaux produits lors d’une dizaine d’années enchanteresses.
Qu'est ce qu'on les aime ces deux là ! (Marcello e Vittorio) On retrouve toutes les choses qu'on aime dans ce cinéma italien d'après guerre: la mise en scène d'une réalité sociale dure et complexe, héritée du néo réalisme, avec ses pointes de comédie et de petits détails qu'on adore: ces voleurs "tout juste bons à travailler" qui finissent par manger les pasta e ceci dans la cuisine de la maison qu'ils essaient de braquer et qui à la fin nous préviennent: "Attention ! ils vont te faire travailler !", ce vieillard édenté qui essaie de manger tout ce qu'il trouve, même la nourriture du bébé ! Ce film, c'est l'Italie d'après guerre qui cherche du travail sans en trouver, qui cherche de l'argent sans que le système puisse lui en apporter, du moins honnêtement ! Film qui marque l'entrée dans la Comédie italienne !
: très heureux d'avoir pu aller enfin au festival Dolce Vita Sur Seine dans les magnifiques arènes :)
Le film repose sur un casting exceptionnel, avec des acteurs comme Vittorio Gassman ou Marcello Mastroianni, qui donnent à ces personnages à la fois une dimension comique et touchante. Mais derrière l’humour, il y a un vrai regard sur la précarité. On rit beaucoup, mais avec toujours une pointe de mélancolie.
Avec Le Pigeon, Mario Monicelli détourne le film de casse pour en faire une comédie amère sur l’incompétence et la débrouille dans l’Italie populaire de l’après-guerre. La galerie de bras cassés menée par Vittorio Gassman et Marcello Mastroianni installe un mélange savoureux de burlesque et de mélancolie sociale. Pourtant, derrière l’efficacité comique et le sens du rythme, le film semble parfois reposer davantage sur son principe que sur une véritable progression dramatique. Monicelli capte admirablement l’humanité fragile de ces marginaux, mais l’enchaînement des situations reste inégal. Une pierre angulaire de la comédie à l’italienne, attachante et fine dans son regard social, même si son impact comique s’émousse légèrement avec le temps.
Regardé en Italien et sous-titré en Français, le film a quand même vieilli, ça reste une bade de nuls qui fait un casse, l'Italie est toujours charmante mais c'est lent, on s'ennuie un peu, un bon gage avec le mur et le verre d'eau.
Avec un certain âge l'œuvre propose un casting excellent montrant des personnages complètement à côté de la plaque. L'humour est extrêmement subtil mais efficace.
C'est l'histoire d'un cambriolage sans envergure échafaudé par une poignée de petits voyous aussi maladroits que benêts. Le ton ironique du film de Monicelli est donné dès le début où, pour le besoin de leur cause, les malfrats peinent à trouver dans le quartier un seul complice au casier vierge... Mario Monicelli nous attache à ses sympathiques malfaiteurs, pas plus capables de travailler honnêtement que d'élaborer un casse tout simple. De bévues en omissions, leur projet délictueux menace de tourner au fiasco et à l'humiliation. Autant que le scénario, le portrait de chacun de ces pieds-nickelés made in Italy est une source d'amusement qui alimente la satire du microcosme populaire, oisif ou paresseux, qui est le leur. Prenant à contre-pied le néo-réalisme, le cinéaste filme des éléments de la classe prolétarienne qui ne sont ni laborieux, ni victimes (encore que le déterminisme social...), et où la misère n'est pas tant sociale qu'intellectuelle. Les comédiens sont excellents et restituent le caractère infantile de leur personnage avec une verve et sens de l'autodérision typiquement italiens.
Le Pigeon est un authentique petit chef-d’œuvre comique et la preuve, encore une fois, que les Italiens ont dominé la comédie dans ces années là. Déjà faut parler de l’interprétation. La crème du cinéma italien est réuni, de Mastroïanni et Gassman, de Cardinale à Toto, que des grands noms pour un résultat détonnant. Le jeu des acteurs est délicieux, expressif, retenu quand il faut, excessif quand il faut, comique ou romantique, parfois aussi un peu dramatique, et les personnages sont superbement écrits. Oui, au début on croit à des caricatures résumées en quelques traits, mais au fur et à mesure on comprend la qualité de l’écriture et toute la subtilité des personnages se révèle avec des évolutions, des retournements, des prises de conscience… Ils ne sont ni bons ni mauvais, bref, des personnages qui ont ce réalisme du cinéma italien et qui fait souvent la force des films de la grande botte ! Formellement le métrage est superbe. Oui il y a beaucoup de studio, mais le noir et blanc est magnifique, les décors sentent bons le réalisme italien, encore une fois, avec une multitude de détails qui respirent l’authenticité (la sonnette de l’appart de Michele par exemple qui joue un rôle important) et la réalisation est d’une fluidité impressionnante. Les plans sont tirés au cordeau, avec pour point d’orgue le résumé du braquage que j’ai trouvé admirable. On soulignera aussi une partition musicale de toute beauté, très cuivre et jazz. Le scénario est top. Le film est d’une drôlerie constante, d’une intelligence d’écriture rare, avec des dialogues qui font mouche. Toujours surprenant, plein d’humour mais n’oubliant ni l’amour, ni le drame, ni le regarde social, le film est d’une grande richesse, d’autant qu’il sait donner une place à tous ses personnages. Les meilleures comédies sont celles qui savent ne pas être seulement des comédies en général, et ici c’est tout à fait ça. On rigole beaucoup, mais il y a tellement plus à prendre. En tout cas du début à la fin, Le Pigeon brille par son intelligence et sa maitrise. Encore une comédie italienne plus que recommandable. C’est un film de très haute volée qui doit inviter encore à redécouvrir la comédie italienne un peu oubliée par chez nous. 5
Une comédie Italienne de la fin des années 50 et la décennie des années 60 qui suivra sera l'âge d'or du genre au pays des macaronis et pizza mozzarella, "Le pigeon" de Mario Monicelli en fait parti avec une pléiade de grands comédiens tous formidables comme Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Renato Salvatori, Claudia Cardinale ou Toto pour citer les plus célèbres et les autres aussi nous font passer un bon moment. Une sorte de "Ocean's Eleven" bien avant l'heure moins cleans chez les tocards qui ont un coup à préparer mais avec beaucoup de difficultés. On est pris de sympathie pour tout ces personnages dont certains affichent la maladresse avec quelques situations hilarantes. Le cinéaste Mario Monicelli signe une excellente mise en scène qui vieillit avec le temps et se regarde de nos jours avec un brin de nostalgie d'une autre époque. Une œuvre distrayante à voir.
Même si Le Pigeon reste une bonne comédie réussie, elle a tout de même mal vieillie et notamment par le jeu d'acteur qui a pris quelques rides. On sourit quelques fois devant le film qui n'arrache cependant aucun soufflement de nez ni rire, tirant presque plus sur le drame que sur la comédie. Le scénario reste sympathique, propice pourtant à de nombreux gags avec ce pigeon pour remplacer un mafieux qui va faire le casse à sa place. Non désagréable donc mais un film envers qui le temps n'a pas fait de cadeau.
Excellente comédie italienne avec un beau plateau d'acteurs que nous aimons revoir. C'est drôle, les dialogues sont savoureux et ça fait du bien. Claudia est toujours sublime.
Très ancré dans son époque ce récit à rebondissements de la préparation d'un cambriolage use de divers genres théâtraux (comédie de moeurs, de caractère, farce, vaudeville) couplés à d'amusants dialogues pour mettre en évidence le parcours chaotique, fort maladroit, de pieds nickelés malhonnêtes mais touchants par leur désoeuvrement, leurs sentiments familiaux ou leurs humaines faiblesses auquel le casting prête verbe haut et tonitruante personnalité. Dans une dynamique mise en scène aux cartons railleurs se tissent histoires d'amour et de trahisons dans une Italie économiquement défaillante, illustrant la comédie sociale dont le cinéma italien fournira moult exemples. Rieur, enlevé, burlesque!
Je n'ai sans doute pas réussi à apprécier à sa juste valeur cette comédie. Les situations et les dialogues sont souvent drôles, les acteurs efficaces mais cela ne m'a pas transcendé.
Dans la Sicile la plus pauvre, (dans les mêmes habitations que Gomorra), une bande de pauvres bras cassés (littéralement) sont sur un gros coup. Situations très drôles, dialogues spirituels, pleins de second degré, humour burlesque presque cartoon. Galerie de personnages attachants, mention spéciale au petit vieux qui ne pense qu'à manger. Rythme parfois trop lent.
Fleuron de la comédie italienne, Le Pigeon allie le burlesque à la peinture sociale dans une comédie policière franchement admirable. L'humour y est féroce et incisif. La rythmique du gag étant généralement d'une précision effarante, aucun ne tombe à côté de la cible du rire. La drôlerie des acteurs joue également un rôle dans la réussite de ce film. Guy Ritchie et autres réalisateurs de navets gravitant autour de ces thèmes devraient peut-être s'en inspirer.