Bradley Cooper prend de l'assurance avec ce joli Maestro qu'on sent gorgé de sincérité, d'envie, de tests visuels pour toujours s'améliorer (sa mise en scène est moins brouillonne, et flirte avec une belle photo). Même si ce cher chef d'orchestre ne sait pas encore très bien rythmer son film (il y a une heure de trop : c'est interminable) ni même éviter les bons sentiments, ce deuxième film est loin d'être inintéressant, en présentant un portrait très complet du célèbre compositeur Leonard Bernstein, ne négligeant pas son côté volage, bisexuel affirmé, extraverti et en proie à des dépressions, vraiment artiste dans l'âme... On ne connaissait rien de l'intimité de ce grand Monsieur de la musique, et on a vite été surpris du rocambolesque de sa vie, sur un fond sonore marqué (de façon ultra ostentatoire) par ses créations musicales. Vous saurez tout, absolument tout, de ce Monsieur, avec beaucoup de répétitions, de facilités, de jeu larmoyant, de maladresse dans la mise en scène (qui s'améliore quand même depuis A Star Is Born, qui accumulait tous les défauts d'un premier film sincère mais brouillon), le tout posé sur un noir et blanc un brin tape-à-l'oeil, mais voulant encore chanter l'amour de son réalisateur pour le cinéma. Devant la passion qu'on sent honnête d'un Bradley Cooper pour la musique et le cinéma, pour les tentatives de mise en scène qui ne se reposent pas sur une notoriété acquise (sur un nom d'acteur et un premier film très populaire), pour l'audace d'un jeune réalisateur qui est enthousiaste à nous faire partager ce qu'il aime vraiment...on ne peut pas bouder, forcément. Même s'il tient sa baguette en tremblant parfois, ne sachant pas clore son "gran finale" à temps, Cooper nous offre une composition honnête.