“Le Maître du Haut Chapiteau !”
Tod Browning et David Lynch accompagnés de leurs monstrueuses parades, Guillermo Del Toro et Alex De La Iglesia en compagnie de leurs univers fantasmagoriques, Steven Spielberg flanqué de ses nazis mystiques, M.Night Shyamalan assisté de son univers super héroïque singulier, Philip K.Dick précédé par ses récits uchroniques, Victor Hugo escorté par son homme qui rit, sans oublier Roberto Benigni et "La Vita è Bella", “ils sont venus, ils sont tous là. Grands cinéastes ou écrivains, toujours en vie ou trépassés, Gabriele Mainetti (“On l’appelle Jeeg Robot”) les a tous conviés pour une balade triste entre les ruines d’une Italie meurtrie par la guerre. Avec comme guides, un quatuor de personnages aux pouvoirs extraordinaires livrés à eux-mêmes après le bombardement de leur petit cirque itinérant par l’aviation allemande, le spectateur s’offre alors un exode au cœur d’un pays aussi magnifique que violent. Séparés d’avec Israël (Giorgio Tirabassi), leur mentor, voire même un père adoptif pour Mathilde (Aurora Giovinazzo), la jeune femme électrique, Cencio (Pietro Castellitto), l’homme insecte, Fulvio (Claudio Santamaria), l’homme-loup et Mario (Giancarlo Martini), l’homme aimanté se retrouvent seuls face à l’adversité, dans un monde où être différent est synonyme de génocide. Mais que serait cette fuite en avant sans la menace grandissante d’une entité monstrueuse en la personne de Franz (Franz Rogowski). Ce nazi refoulé pour infirmité (6 doigts à chaque main) - ironie du sort - est un pianiste virtuose et un éthéromane à ses heures perdues, possèdant le don, lors de ses prises de drogues, de voir l’avenir et de le dessiner. Propriétaire de l’immense cirque allemand de Rome, l’homme qui exécute au piano “ Creep” de Radiohead, cinquante ans avant l’existence de la chanson, n’est autre qu’un savant fou qui se terre dans le sous-sol de la ville antique. Ce tortionnaire à la carrure d’un Victor Frankenstein et d’un Dr Mengele est en quête d’un espoir pour sauver le IIIe Reich… Affranchie de toutes les modes en vigueur, Gabriele Mainetti balance un sacré coup de tatane dans la fourmilière du politiquement correcte et du formatage hollywoodien en nous livrant avec “Freaks Out” rien moins qu'un exceptionnel mais surtout inespéré contre-pied à la culture lissée de chez Marvel ou DC Comics.