Avant que le Grand Public ne le prenne en chasse pour un projet décrié nommé « Silent Hill » en 2006, l’infatigable Christophe Gans se frottait à une des légendes urbaines les plus tenaces de notre folklore, celle qui fait encore trembler les petits et grands sous la couette après 250 ans…
Tournage étiré à l’infini, Costumes et Armes d’époque à ne plus savoir qu’en faire, OST à la Hollywood, Casting impeccable et budget pharaonique ( autour des 30M d’€ pour 2001, en Hexagone, il faut le faire ! ), ça sentait le sapin pour le cinéaste et son équipe, après avoir essuyé un lourd échec devant l’impossibilité de voir aboutir son projet remake de « 20000 lieus sous les mers »…
Le résultat ? Une oeuvre inclassable que l’on savourera non sans un exquis plaisir coupable, tel un pur régal de cinéphile. Plongée dans les années 1770, France déchirée, dangereuse et ô combien mystérieuse, avec une verve et une passion de l’image comme l’on voit rarement chez un réalisateur français. Surtout avec ce remaster 4K d’une beauté flamboyante, rien ne fait tâche malgré quelques effets un peu datés, c’est d’ailleurs tout le contraire : on en prend plein la tronche et je regrette de ne pas avoir projeté le film en Imax dans mon home cinema { spoiler : je n’en ai pas }.
Que d’ambitions que ce Pacte des Loups ! Je ne comprends absolument pas comment ce film n’est pas plus discuté. Rien que la dernière demi-heure à elle même justifierait de faire confiance à ce long métrage, qui ne prend pas trop par la main et sait jouer avec nos attentes, rien que de repenser aux petits twists et secrets du synopsis, c’est du délire. En effet le parti pris du scénario refuse la facilité, et on a là bien plus qu’un simple film spectacle d’époque, avec une réelle réflexion sur les thèmes de l’humanité, la recherche de la vérité et de la mémoire historique. À voir au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour son improbable méli mélo de genres cinématographiques qui ne cessera de vous surprendre sans jamais rompre l’immersion.
Parfois on sait faire des grands films tout de même… et pour nous avoir aidé à se le remémorer cher , Tricorne bas.