Barbare
Note moyenne
3,4
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286 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 804 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 août 2026
En 2009, Zach Cregger cosignait Miss March, comédie où deux garçons traversaient le pays pour récupérer une petite amie passée chez Playboy : le degré zéro du regard masculin, signé par un membre des Whitest Kids U'Know, troupe de sketches dont l'humour vivait de la provocation potache. Treize ans plus tard, le même homme livre un film d'horreur à quatre millions et demi de dollars, tourné pour l'essentiel en studio bulgare, distribué par 20th Century Studios avec une campagne dont le principe unique était de ne rien dire, et qui rapportera dix fois sa mise.

Une nuit de pluie, Tess arrive à Detroit pour un entretien d'embauche et trouve son pavillon Airbnb déjà occupé par un inconnu prévenant, Keith ; il parvient à la convaincre d'y séjourner. Ce premier acte fonctionne à un carburant que le film n'a pas produit. La découpe tient Tess dans des cadres serrés, laisse à Keith des contrechamps plus larges où le décor conserve du hors-champ exploitable, et ne quitte jamais son point de vue pour aller vérifier ce qu'il fabrique dans son dos. Rien n'affirme la menace ; tout permet de l'y loger. Le casting fait le reste : Bill Skarsgård arrive lesté de Pennywise, c'est-à-dire d'un contrat déjà signé avec le public, et cette signature rend illisible une hospitalité qui relèverait ailleurs de la politesse ordinaire. Le personnage parle trop, commente sa propre délicatesse, s'excuse d'occuper le cadre — comportement d'un homme conscient de la situation qu'il impose malgré lui, converti en suspicion par le seul effet d'une culture antérieure. La peur mobilisée ici est un stock, Barbarian ouvre le tiroir-caisse et facture la marchandise à ceux qui l'ont accumulée.

Ce que le film fait de cette peur emprunté tient en deux descentes symétriques. Le lendemain, l'entretien passé, elle descend au sous-sol, découvre une porte, derrière la porte une pièce meublée pour la séquestration. Elle en parle à Keith, lui commande de quitter la maison sur le champs. Mais il veut s'y engager pour vérifier ses dires et là, il disparaît. Elle le cherche, le retrouve mais ce qui vit en bas lui fracasse le crâne contre un mur.

Le film coupe alors sur la Californie et sur AJ, acteur-producteur qui apprend au téléphone qu'une collègue l'accuse de viol et qui se trouve posséder ce pavillon qu'il désire vendre pour maintenir son train de vie après cette accusation. Son mètre-ruban règle alors en trois plans ce que le genre bâcle depuis toujours : il descend au sous-sol parce qu'il mesure une surface commercialisable, et la caméra suit le ruban qui se déroule jusqu'à l'absurde. On rit de lui, de sa panique, de son monologue téléphonique où il reconvertit son agression en problème de calendrier professionnel. Là il retrouve Tess enfermée. Ils tentent de fuir et seul Tess y parvient. Elle est dehors, ensanglantée, sur une chaussée ; une patrouille s'arrête. Les agents restent derrière leur vitre, la caméra reste avec eux, le champ-contrechamp qui devrait s'établir ne s'établit pas : elle parle depuis l'extérieur du véhicule, cadrée à travers lui, dans une posture que la découpe elle-même code comme celle d'une personne à ne pas croire. Les policiers ne sont pas méchants, ils sont pressés. Le film n'a pas besoin d'une institution corrompue pour fabriquer sa condamnation : il lui suffit d'un horaire de service, c'est-à-dire de la manière dont une parole de victime est effectivement reçue quand elle se présente au mauvais moment, dans le mauvais état, au mauvais endroit de la ville. Le retour immédiat de Tess dans le sous-sol n'est donc pas un courage de scénario : c'est ce qui reste quand le recours légal vient d'être refusé.

Le bloc daté des années 1980 est le geste le plus dur du film, et il tient d'abord à un changement de matière : grain plus lourd, soleil franc de milieu d'après-midi, pelouses tondues au cordeau, un travelling latéral qui glisse le long d'un lotissement intact et rend la rue à ce qu'elle a été, peuplée, entretenue, cotée. Frank y circule en propriétaire ordinaire, salue, se gare, fait ses courses — et c'est dans un magasin bien éclairé, au milieu d'autres clients, qu'il rassemble au détail l'équipement de la séquestration. Le film loge ainsi la prédation dans le pavillon prospère et à l'heure de sa prospérité, ce qui inverse la chronologie que le présent du récit invite à supposer. Le quartier ne s'est pas dégradé jusqu'à produire son monstre ; il l'a hébergé au meilleur de sa forme, puis s'est vidé autour de lui, emportant les voisins qui le saluaient et laissant la maison à ce qu'elle contenait déjà.

Reste la Mère, et c'est là que le film cesse de savoir ce qu'il dit. Le scénario en fait une victime sans ambiguïté aucune, produit de décennies de séquestration et de viols, l'information délivrée proprement par la cave et par la cassette. L'image travaille dans l'autre sens et par le corps seul : prothèses, difformité, nudité offerte au dégoût, gestes maternels retournés en abjection. La répartition des tâches est accablante — la victimité énoncée par le récit, la monstruosité montrée par la mise en scène, et au cinéma la seconde l'emporte toujours. Le partage sonore achève la démonstration : un appareil vocal immense, rugissements, souffles, chœur et cordes stridentes qui la précèdent dans le couloir, et un seul mot. Du son, pas de langue. Ce que cela fabrique est un corps où le crime subi est devenu une difformité lisible, c'est-à-dire une faute inscrite dans la chair de celle qui l'a subie, et un témoin doté d'une puissance sonore maximale pour lui retirer exactement la capacité de témoigner.

Le dernier acte encaisse le revers d'une méthode. Cregger pense en sketches : chaque bloc est bâti pour sa chute, la tension se décharge à chaque révélation au lieu de se reporter, la courbe est dentelée et jamais ascendante. Une fois qu'il n'y a plus de plancher à défoncer ni de format à changer, il ne reste que l'outillage du thriller ordinaire, et c'est avec lui qu'on grimpe au château d'eau. AJ pousse Tess dans le vide, la chose amortit la chute et lui sauve la vie, tue AJ, puis s'avance vers elle ; la survivante l'abat d'une balle. La victime-monstre est ramenée au rang de nuisance à neutraliser, l'exécution confiée à celle qui venait d'être sauvée par elle, et le public récupère intacte la satisfaction générique qu'on lui refusait depuis le début. Le film savait, une heure plus tôt, filmer une femme à qui l'on refuse d'être crue ; il lui met une arme dans les mains et en fait l'agent du classement sans suite.
Thomas Robert
Thomas Robert

4 abonnés 6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juillet 2026
Un film qui brise les règles du genre horrifique.
Une réalisation spoiler:
et des idées de mise en scène plus que recherché.
Une structure scénaristique étonnante et efficace
Mathilde DUBREUIL
Mathilde DUBREUIL

26 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2026
Les premières 40 minutes étaient incroyables, elles laissent sous tension tout du long ! spoiler: Puis, changement brusque d'atmosphère, à m'en demander s'il y avait eu un bug avec mon PC et si je n'avais pas accidentellement changé de film ahah
.
Je pense que si je n'avais pas vu Tusk (qui a d'ailleurs fait que dès que j'ai reconnu Justin Long, je n'ai pas pu me piffrer ce mec... pour dire qu'il fait bien son boulot, quand même !) et, qu'en plus, je n'étais pas allée me renseigner sur le film ensuite (retour à Barbarian là), j'aurais "peut-être" fait partie de ces gens qui l'auraient critiqué pour son évolution au fur et à mesure. Peut-être avec de gros guillemets, quand même, car je suis capable de prendre du recul, je suis curieuse et j'aime apprendre. Donc, ayant compris qu'il faisait partie d'un genre de film d'horreur à part entière, je l'ai finalement apprécié spoiler: (et en particulier, les situations "grotesques" ou disons, plus justement ironiques)
.
Par manque de connaissance et d'observation, j'ai même manqué toute la beauté du film sur les prises de vue, le choix des angles et déplacements de la caméra... Heureusement, je n'ai pas loupé le plus flagrant : et petit avertissement pour les claustrophobes, d'ailleurs.
Lors du visionnage, le rythme est volontairement lent, ce qui peut "gêner" mais cette oeuvre est forte car elle tient en haleine tout du long. Il y a des thématiques qui restent sous-exploitées selon moi, mais elles n'entravent pas à l'objectif du film : déranger, faire cogiter sur des sujets de société qui sont encore largement d'actualité, malheureusement. Et c'est là, où, si les gens "regardent juste un film", ils passent à côté du sujet, selon moi... et c'est dommage. Dommage pour l'oeuvre et son auteur, mais pas pour eux, car c'est juste qu'ils n'ont pas eu ce qu'ils étaient venus chercher : du simple passe-temps.
Donc go pour aller voir ce film, mais seulement si vous êtes un fin cinéphile, sinon vous serez déçu.
Brett B
Brett B

20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 juin 2026
Barbarian m’a complètement happé dès les premières minutes. J’ai ressenti une tension nerveuse qui ne m’a plus lâché, alternant entre frayeurs viscérales et moments de surprise totale qui m’ont arraché des rires nerveux. Le film m’a procuré un mélange d’angoisse et d’excitation rare, avec des rebondissements que je n’avais pas vu venir. Une expérience intense et addictive qui m’a marqué longtemps après le générique. Brillant !
Jean Ingalls
Jean Ingalls

4 abonnés 273 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2026
Ce qui est très appréciable avec ce réalisateur c'est que ces films ne nous saoule pas avec une présentation des personnages quasi obligatoire dans un schéma type du cinéma. Il va toujours à l'essentiel en mettant dans le bain illico presto. Je l'ai découvert après Évanouis. Ce Barbare n'est pas la grosse surprise scénaristique mais son jusqu'au-boutisme force le respect puis le récit est bien fluide pas de temps mort. Ça renvoit au cinéma horrifique des années 80 mais ça emprunte beaucoup à Colline a des Yeux de Aja. Tout est maîtrisé ici du script à la photographie et aux acteurs. Un joli moment horrifique très agréable surtout que de nos jours le genre s'essouffle pas mal. Ce réalisateur promet !
Zoé Baeumler
Zoé Baeumler

10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 mai 2026
"Barbarian" est un film d'horreur qui surprend par son originalité et son suspense. L'histoire commence de manière assez banale : une jeune femme loue une maison via Airbnb et découvre qu'elle est déjà occupée par un homme. Mais rapidement, la situation dégénère et les protagonistes se retrouvent confrontés à une présence terrifiante dans les sous-sols de la maison.

Le réalisateur parvient à créer une atmosphère oppressante et angoissante, en jouant sur les codes du genre et en multipliant les rebondissements inattendus. Les acteurs sont excellents, en particulier l'actrice principale qui incarne à merveille la peur et la détermination.

"Barbarian" est un film d'horreur intelligent et efficace, qui ne se contente pas de faire sursauter le spectateur, mais qui l'interroge également sur ses propres peurs et ses propres limites. Un film à découvrir, si vous avez le cœur bien accroché !
spoiler: (Spoiler) Le monstre qui se cache dans les sous-sols est en réalité une femme difforme et monstrueuse, fruit d'expériences génétiques menées par un ancien habitant de la maison.
Benjamin CASTOR
Benjamin CASTOR

19 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 18 avril 2026
J'ai bien aimé Évanouis du même réalisateur, un film surprenant, rien de fou mais sympa, du coup je me suis dit que j'allais regarder son film précédent, et quelle erreur... il n'y a rien à sauver, tout est mauvais, même pas un petit jump scare, l'histoire est ridicule, on s'ennuie ferme, même avec une bonne pizza on passe un mauvais moment.
Ben92120
Ben92120

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2026
super film ! l'ambiance est bonne, la mise en scène est très soignée, le fait de filmer détroit est une superbe idée et renforce l'angoisse, le final inattendu dérangeant, drôle bref une vraie réussite !!
Legid
Legid

45 abonnés 753 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2026
Après la bonne surprise que fut « Weapons » en 2025, je me suis dit qu’il fallait que je rattrape le précédent film de Zach Cregger qui a fait sensation en 2022.
« Barbare » porte déjà la patte de son réalisateur, en ce que le style initié dans ce premier film sera repris dans « Weapons ». Il utilise les mêmes ressorts avec un récit fragmenté en plusieurs récits suivant différents personnages, qui vont se regrouper avec un dévoilement progressif du mystère.
La première partie est absolument remarquable avec une mise en place efficace, une tension instillée avec subtilité et un questionnement sur le personnage de Bill Skarsgard.
Puis une fois la révélation arrivée au premier tiers du film, le changement de ton surprend pour revenir sur les rails de l’épouvante au deuxième tiers. Cette deuxième partie est plus classique mais reste toujours efficace et riche en tension.
Malheureusement, le dernier tiers du film perd en force et rejoint définitivement la route classique de films d’horreur standards.
« Barbare » démarre donc très fort avant de se perdre progressivement sur sa dernière partie. Il reste cependant une bonne expérience horrifique mais pas la claque cinématographique espérée.
Note : 14/20
Sismo2808
Sismo2808

20 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 février 2026
Bien le dommage tout ça.
Après un démarrage tonitruant, réaliste et disons le, parfait, le film se calfeutre dans l'histoire du monstre improbable aussi fort qu'une armée d'Avengers. Malgré la maîtrise technique, on n'y croit plus.
Mais en soi, les 45 premières minutes valent de l'or.
Alexis Ferrant
Alexis Ferrant

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2026
Difficile de dire pourquoi ce film mérite que l'on s'y attarde sans révéler l'élément clé de l intrigué qui introduit un changement brutal de ton. La surprise fait effet et laisse un souvenir impérissable. Dommage que le film s'essouffle sur la fin.
Guillaume Gillon
Guillaume Gillon

4 abonnés 35 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2026
Sur un postulat de départ semblant familier, Barbare réussit à surprendre de bien des manières avec son scénario malin et ses ruptures de ton inattendues. C’est dommage que ça manque de finesse par moments dans les thèmes abordés ou les situations de ses personnages, autrement Barabre aurait pu prétendre à devenir un classique dans un genre pourtant ultra- balisé.
Dylan Bariteau
Dylan Bariteau

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2026
Suspense a certains moments. J'ai bien aimé ce film. Juste pas aimé la fin. Ça annonce peut-être une suite?
Switchy
Switchy

12 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 6 janvier 2026
D'une nullité absolue c'est même grotesque. Elle veux que vous soyez son bébé tété le biberon pardon mais j'ai rigolé c'est complètement absurde, le début est intriguant puis au fur et a mesure le soufflet retombe. Dommage, mais c'est un bon nanar pour rire entre amis en tout cas.
AllonsChiner
AllonsChiner

1 critique Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 janvier 2026
Seule, la réalisation sauve le film. un scénario absent, ou au mieux, complètement débile. On démarre avec une envie de frisson qui se termine par une déception de plus.
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