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Agathe
6 critiques
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4,0
Publiée le 9 août 2023
Nous sommes plongés dans l'univers de ces deux amis, logeant dans une petite ville de Province. Le premier amour d'un des deux compères va déstabiliser leur dynamique quotidienne Le jeu de Raphaël Quenard est époustouflant, un film réaliste et touchant qui mérite d'être vu.
Au vu des critiques reçues, je m'attendais à mieux. J'ai été déçu donc par ce film. J'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose, peut-être y-at-il trop de private joke que je n'ai pas comprises? Dommage car le tandem Bajon-Quenard était intéressant. A. Bajon joue comme toujours un personnage terne et bourru qui est l'opposé de son copain. Rejoint par G. Bellugi qu'on a pu voir dans Keeper et Réparez les vivants, le trio est sympa mais le scénario est plat. J'attendais que ça décolle. J'avais l'impression d'être dans un livre de N. Mathieu mais sans plus.
Un film majeur, d'une très grande originalité, sur des thèmes rarement traités au cinéma : comment échapper à l'ennui au fin fond d'un village, et la chronique d'une amitié assez déséquilibrée. Jean-Baptiste Durand fait preuve de beaucoup de finesse et d'une très belle qualité d'observation. Le petit village du Pouget dans l'Hérault est magnifiquement et intelligemment filmé ! C'était une lumineuse idée. De toute façon, ça fait toujours du bien de sortir de Paris, et surtout quand c'est ainsi ! La photo s'avère sublime, en plus. Durand montre bien le manque de perspectives dans ce genre de petits villages isolés de tout, et aussi le rapport au temps très particulier qu'on peut y développerspoiler: . Les parties de FIFA à la PlayStation, les jeux à gratter ou les discussions sur les ingrédients indispensables des pâtes Carbonara meublent les jours tant bien que mal . Durand échappe en même temps aux clichés en brossant de superbes portraits de personnages plus vrais que nature. Évidemment, ce film de portraitiste attentif acquiert toute sa valeur grâce à sa brochette d'acteurs exceptionnelle. On retrouve le beau et mutique Anthony Bajon, souvent indéchiffrable et mélancolique aussi, et qui continue à se construire, de film en film, une filmographie aussi solide que variée - d'Hafsia Herzi à Mouloud Achour en passant par Stéphane Brizé. Ensuite, bien sûr le film offre un rôle en or à l'ahurissant trublion qu'est Raphaël Quenard. Cet étonnant et rafraîchissant comédien, qu'on avait pu déjà apprécier dans la série "Family Business", campe ici un inoubliable Mirales, énervant, attachant, drôle volubile, cruel et loyal à la fois. Cet acteur sorti d'un peu nulle part apporte vraiment beaucoup de singularité. Son personnage intéressant contredit en plus totalement le cliché du plouc de campagne, spoiler: puisqu'expert d'Hermann Hesse en dépit de toutes les attentes.
Ce personnage aussi est interprété par une actrice remarquable, Galatea Bellugi, révélée par Giannoli dans le bien nommé "L'apparition". Son mélange de douceur et de fermeté et son côté taiseux et photogénique se marient bien avec le personnage d'Anthony Bajon. Même s'il peut sembler anecdotique au premier abord, le film en dit long sur la léthargie dans laquelle sont plongés certains jeunes de villages, les petits riens dont leurs vies se nourrissent, et en même temps les petites épopées affectives qu'ils traversent souvent et, qui la plupart du temps, sont tues, et ne parviennent pas jusqu'aux écrans. Jean-Baptiste Durand répare cette injustice, et avec brio ! Qu'il en soit chaleureusement remercié !
"Chien de la casse" est un bon film sur l'amitié entre deux amis qui s'apprivoisent. Cette relation frontale et même violente crée une dualité. Les deux acteurs principaux crée un équilibre dans le film avec leurs deux forces opposés un qui prend trop de place par la parole et sa posture corporelle et un autre qui se recroqueville et qui observe qui encaisse les paroles néfastes envers lui de la part de son ami. Ils ont besoin néanmoins l'un de l'autre comme le ying et le yang pour pouvoir mieux affronter les problèmes de la vie et avancer ensemble dans ce tunnel dans cette vie de campagne. On est dans un film où l'ennui, la galère est omniprésente. Le rapport au temps est très bien amené, on voit ces jeunes se distraire et traverser le temps comme si il était égaré par la vie, mis de côté, des accidentés d'un système. L'animal le chien "Malabar" a un rôle important dans ce film même vitale. Film à découvrir bravo pour ce premier long métrage de Jean-Baptiste Durand et un casting avec beaucoup de fraîcheur qui promet pour l'avenir du cinéma français. Belle surprise de 2023.
Anthony Bajon et Raphaël Quenard démontrent une nouvelle fois leur talent dans ce premier long métrage réussi de Jean-Baptiste Durand, qui dépeint avec justesse et une tendresse certaine deux personnages en quête de sens, sur fond de carte postale héraultaise. Les enjeux sont cependant un peu flous et mettent beaucoup de temps à émerger. Le film s'avère en fin de compte trop inoffensif pour réellement marquer les esprits.
Et le 5/5 tombe… « Chien de la casse », c’est ce film qui me rappelle combien j’aime le cinéma pour l’écriture donnée à la voix, offerte dans un écrin et présentée à l’écran comme une perle. C’est les mots précis, les vrais mots, ceux qui sont dégainés… C’est les mots vipères parce qu’ils sont durs, les mots injustes car ils ne sont pas partagés. Raphaël Quenard porte ce texte en quasi monologue… Et il excelle. Quand le rappel est fait que la langue est la première traître en cas de défaut de capital culturel (Dog n’ose poser une question à ses amis que pour demander si le Québec est loin du Canada), l’écueil et la facilité du discours social sont évités. Cela désarme, et apaise. La pudeur face à l’amour, la pudeur tout court, est évoquée en filigrane…
Il y a des films qui vous chamboulent la tête et le coeur, et je ne pouvais cacher mon emotion en sortant de la salle tant le jeu des acteurs etait puissant . D’une histoire somme toute banale Jean Baptiste Durand réalise un petite pépite d’émotion et de sensibilité. Du vrai cinéma Un grand réalisateur est né. Mention spéciale à Raphael Quenard ! Époustouflant , je n’avais pas vu un acteur pareil depuis longtemps J’ai hâte de suivre sa carrière.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Chien de la casse est sans doute l'un des plus beaux films sur l'amitié masculine. Jean-Baptiste Durand arrive à capter ce que sont les relations entre mecs dans ces petits villages, ce que c'est que ce chambrage qui finit par tourner au harcèlement, ce que c'est que l'amour vache, mais surtout comment ça cache surtout une certaine forme d'inconfort et de manque d'assurance. Rien qu'en réussissant ça Durand avait un bon film.
Mais en plus il a le casting parfait, les trois acteurs principaux sont tous les trois très bons et Anthony Bajon commence à avoir quelques bons films à son actif. Disons que leur interprétation permet de donner de la consistance aux personnages, de sentir qu'ils ont un vécu et qu'ils éprouvent des sentiments entre eux. Que ça soit un amour naissance, que ça soit du mépris... Et on a pas besoin de dialogues pour ça, juste voir leur tête et on comprend ce qui se passe. On comprend que le Mirales qui joue les caïds il a peur que son pote le délaisse, on voit bien qu'il le chambre pour jouer aux durs et s'inventer un personnage, que son pote l'agace quand même malgré tout un peu, qu'ils ont passé peut-être trop de temps ensemble... Bref c'est un film où on sent qu'il se passe quelque chose entre les personnages. Et une fois n'est pas coutume il se passe plus de choses entre les deux amis, qu'entre le mec et sa nouvelle copine.
Il faut souligner l'excellence de l'écriture du personnage de Mirales dont on voit bien qu'il est tiraillé. Il se cache derrière ses rêves de grandeur (travailler dans un grand restaurant) pour finalement ne pas avouer qu'il ne fait rien de sa vie et que le temps passe... J'aime beaucoup le fait que le mec ne corresponde à aucun cliché qu'on pourrait se faire sur le petit caïd. Il se comporte comme un, certes, mais il lit, il cite Montaigne, il est gentil avec les autres... Il cache juste son manque d'assurance derrière un surplus d'arrogance.
Bref, j'ai trouvé extrêmement juste, tantôt drôle, tantôt touchant et j'aime le fait qu'il n'y ait rien besoin d'expliquer. On comprend. On comprend parce que nous aussi, spectateurs, ces situations là on les connait.
J'apprécie aussi le fait que le vie de ce village/petite ville de province, où il n'y a rien à faire à part trainer, soit représentée pour ce que c'est, que ça ne soit pas idéalisé. Ça ressemble vraiment à ça une soirée là-bas.
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3,5
Publiée le 26 août 2025
Qui aime bien châtie bien ? Miralès et Dog sont comme cul et chemise et se complètent assez bien. Le premier ne s'arrête pas de parler avec ses citations et discours philosophiques tandis que le second est un mur. Une relation étrange, mais qui semble leur convenir. Cependant, l'arrivée d'Elsa dans le village va peu à peu les séparer. Alors qu'il y a des films romantiques sur des relations amoureuses qui sont testées, c'est exactement pareil ici, mais avec l'amitié. "Chien de la casse" est une belle histoire d'amitié qui montre que c'est dans les moments durs que l'on voit sur qui on peut compter. Ce n'est pas toujours facile d'éprouver de la tendresse pour Miralès avec sa manière de rabaisser les gens et de se croire plus intelligent que les autres, mais c'est sa façon de montrer qu'il tient à vous. Au fil des minutes, on commence à s'attacher à ces personnages touchants de maladresse qui expriment leurs sentiments à leur façon. Bien sûr, la dernière partie va vers la facilité pour émouvoir le spectateur, mais c'est un beau premier film qui est notamment porté par un excellent Raphaël Quenard. Bref, un joli moment plein de sensibilité et d'émotion.