Dès les premières minutes, À plein temps m’a happé par son énergie presque oppressante. À plein temps de Éric Gravel n’est pas juste un film social de plus : c’est une plongée viscérale dans le quotidien d’une femme qui court après le temps, sans jamais pouvoir le rattraper. J’ai été immédiatement pris dans cette mécanique infernale, où chaque minute compte et où le moindre imprévu devient une catastrophe.
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la performance de Laure Calamy. Elle porte le film sur ses épaules avec une intensité incroyable. Son jeu est à la fois physique et émotionnel, et j’ai ressenti chacune de ses angoisses, chacune de ses urgences. Elle incarne une réalité très concrète, presque trop familière, qui donne au film une dimension profondément humaine et universelle.
La mise en scène est d’une efficacité redoutable. Le rythme est tendu du début à la fin, presque comme un thriller, alors qu’on parle simplement du quotidien. La musique, répétitive et stressante, renforce cette sensation d’étouffement permanent. J’ai trouvé que le film réussissait parfaitement à transformer une situation banale en une véritable course contre la montre, sans jamais tomber dans le pathos.
Si je ne lui mets pas une meilleure note, c’est peut-être parce que cette tension constante peut finir par être éprouvante, presque écrasante. J’aurais aimé quelques respirations, des moments pour souffler un peu plus. Mais en même temps, c’est aussi ce qui fait la force du film : il ne nous laisse jamais tranquilles, comme la vie de son personnage.
Au final, c’est un film qui m’a marqué par sa justesse et son intensité. Sans être parfait, il reste une expérience forte et nécessaire, qui résonne longtemps après le générique. Un 4/5 largement mérité pour moi.