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OSC4R _
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3,5
Publiée le 7 novembre 2022
Un scénario pas forcément original mais la mise en scène et les comédiens en font un très bon film.
L’image est sublime, symbiose de mise en scène, de photographie, de décors et de costumes. Les paysages, les masques et costumes de paille, les longs plans c’est juste magnifique.
Le travail sur le son est pas anodin et se place comme détail.
Avec tout ça on a une vraie ambiance. Ça fait une bonne partie du film.
Ça prend du temps pour s’installer et on s’ennuie un peu sur la fin.
Sur un scénario classique de la figure paternelle qui revient au pays et essaye de reprendre le contrôle et d' empêcher les dérives de son fils un homme se retrouve confronté malgré lui face à ses anciens démons. Ce portait sert aussi à décrire une europe de l' est qui est encore perdue dans une autre époque. En tant qu' occidental on peut s' étonner voire s' agacer de voir les gens accepter la fatalité comme un parcours obligatoire. Le tout est bien interprété mais le manque de moyen atténue la puissance de l' histoire.
Un film qui dérange, qui secoue, qui parle de violence, de corruption, mais aussi d'amour et de courage, dans un environnement dur et hostile, où l'on est toujours dans le froid, la boue, la neige, le dénuement. Un monde où l'on survit comme on peut plus qu'on ne vit, et où il est difficile de résister aux trafics illégaux, même si l'on est très motivé. La sauvagerie et la barbarie sont omniprésentes, et trouver le courage de résister est quasiment impossible. Un monde sans pitié duquel finalement seule la fuite peut apporter une espérance d'une vie meilleure.
Un de mes coups de cœur de 2022!l Le film est époustouflant visuellement, et m'a tenu en haleine du début à la fin. Le puzzle se met en place de manière progressive, et la scène du carnaval rythmée par cette musique quelque peu hallucinée est vraiment une très grande réussite. Cinéaste à suivre de très près pour sur !
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3,0
Publiée le 3 juillet 2023
« Je n'aime pas ce que je fais et je ne fais pas ce que j'aime. » On fait parfois des promesses que l'on ne peut tenir et c'est ce qui arrive à Leonid, alias Pamfir, qui est obligé de revenir à son ancienne vie en raison de problème d'argent. Pour le coup, ce n'est pas un manquement à sa promesse, c'est juste qu'il n'a pas le choix pour protéger les siens. "Pamfir" est un thriller d'action aux codes de western qui est porté par un Oleksandr Yatsentyuk très charismatique. C'est esthétiquement soigné tandis que la mise en scène ponctuée de plans-séquences est efficace. Par contre, le récit est un peu trop cousu de fil blanc et ne réserve finalement aucune surprise. C'est probablement là où ça pèche le plus avec des "missions" trop vite expédiées durant lesquelles l'absence de tension se fait sentir. Au final, "Pamfir" est pas mal, mais il n'y a rien trouvé d'extraordinaire...
La première chose qui frappe avec Pamfir c'est les plans séquences. On sent que Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk, le réalisateur, a voulu en mettre plein la vue à tout le monde. L'image est toujours parfaitement léchée et je pense que rien que pour ça le film aura des admirateurs. Personnellement ça a tendance à me gaver cette volonté d'en faire trop, d'épater la galerie avec de la technique (Athena pour ne citer que lui), et si j'ai eu peur au début du film, j'ai fini par être pris par le côté sensoriel du film.
Je ne pense pas qu'il faille chercher beaucoup plus loin, toute cette débauche sert à rendre le film plus intense, plus tendu, plus étouffant. On sent l'étau qui se ressert autour de son héros, on voit ses options diminuer petit à petit et son passé le rattraper. Si l'histoire en elle-même du petit brigand qui veut tenter un dernier coup n'est pas bien originale, j'ai trouvé ça plutôt bien amené. Les décisions ont du sens, on les comprend et tous les personnages (le père, la mère, le fils) sont crédibles dans leurs motivations et ont surtout ce petit supplément d'âme qui fait qu'on a envie qu'ils s'en sortent. Disons qu'on n'a pas l'impression de regarder encore une fois la même chose sortant du même moule.
Mais il faut surtout parler de la fin. Pendant tout le film on annonce une séquence de carnaval et c'est vraiment le point d'orgue du film. Visuellement (et même niveau sonore) c'est fou. Les déguisements en paille avec des masques qui bougent sur fond d'une musique que je ne saurais qualifier, c'est juste enivrant.
Et si je peux comprendre qu'on reste en dehors du film tant l'aspect prouesse technique peu parfois sembler un peu vain, là j'ai vraiment l'impression qu'il a su en faire quelque chose au service du récit. Disons qu'on a forcément une scène de baston et d'habitude lorsque c'est en plan séquence les réals n'arrivent pas à rendre ça un peu tendu, ils sont plus occupés à se toucher la nouille pour savoir où placer leur caméra pour que ça ait l'air le plus compliqué à faire possible. Mais là, notamment grâce au travail sur le son, mais aussi parce que la caméra n'a pas non plus trop la bougeotte on arrive à sentir les coups et la violence de ce qui se passe.
Je suis juste un peu plus dubitatif sur la toute fin où je me dis : tout ça pour ça ? (sans que ça semble être un film sur le vide existentiel)
Bref, agréablement surpris parce que c'est habituellement pas ma tasse de thé.
Un film ukrainien qui sort en salles, surtout durant cette période où la guerre contre la Russie qui frappe le pays fait rage, est déjà un événement en soi. D’abord parce que des œuvres ukrainiennes, il n’en sort que très rarement sur les écrans (une ou deux, grand maximum par an et en général sur un nombre de salles proprement dérisoire) et d’autant plus parce que le contexte géopolitique actuel remet forcément en perspective tout film de cette nationalité. Cependant, il ne faut pas compter pas sur un film de propagande à la gloire du pays (et c’est tant mieux), ni sur une œuvre politisée qui dissèque cette guerre, ses tenants et ses aboutissants, pas plus que les tourments identitaires du pays. En effet, « Le serment de Pamfir » a été tourné avant le début des hostilités et c’est surtout une fantastique plongée dans l’Ukraine rurale et ses coutumes. Une sorte de chronique paysanne dans la campagne ukrainienne mâtinée de polar. Ou l’inverse. Et c’est surprenant et magistral de bout en bout!
Ce qui frappe le plus dans ce film inattendu à tous niveaux c’est la majestuosité de la mise en scène! De surcroît pour un premier long-métrage. Car oui, « Le serment de Pamfir » est le premier film de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk et celui-ci fait montre d’une incroyable maîtrise de la caméra, du cadrage et de la gestion de l’espace. De la réalisation en général au final qui se double d’un sens de l’esthétisme imparable. Il n’y a pas à redire, sa première œuvre est formellement sublime, impeccable. Et même si on sent que le jeune cinéaste part parfois dans une démonstration forcée de son talent à ce niveau, un côté un peu ostentatoire et gratuit donc, il n’empêche que c’est vraiment beau. Et les exemples pleuvent pour justifier cette maestria visuelle et formelle. Les plans-séquence sont nombreux et permettent de suivre les personnages et leurs visées : ce qu’ils voient, ce qu’ils projettent et ce qui les entoure. On pense à celui inaugural ou encore à un autre qui voit Pamfir se faire dérouiller par la mafia locale. Immersif et techniquement irréprochables! Il y aussi tous ces cadrages chirurgicaux qui impactent l’œil, comme l’accouchement de ce veau en plan de plus en plus rapproché sur ceux qui en sont témoin ou, à l’inverse, celui en plan de plus en plus large sur une usine désaffectée filmée comme un club techno. Nos yeux se régalent donc tout du long sans discontinuer et un prix de la mise en scène eut été indiqué, peu importe l’endroit où le film eut été présenté.
Mais « Le serment de Pamfir » ce n’est pas uniquement une claque ou de l’esbrouffe visuelle. On pénètre de plein pied dans le quotidien d’un petit village ukrainien. Et, des décors aux accessoires en passant par la topologie du village et la nature environnante, on est totalement dépaysé. On se croirait presque dans un décor de conte fantastique qu’on raconte aux enfants. Le film est aussi un suspense au cordeau car, petit à petit, le script se mue en intrigue de polar. Et le virage se fait intelligemment et en douceur. L’engrenage fatal dans lequel se met Pamfir, même si on a parfois du mal à comprendre sa logique, est radical et édifiant. Certes, on sent l’aspect un peu mécanique d’un scénario qui manque de naturel avec ses rouages trop bien huilés et au fatalisme prévisible. Ce qui a pour effet de soustraite toute émotion, une émotion qui ne point jamais comme on le souhaiterait. Mais cette mécanique du récit est si bien huilée, il n’y pas une scène de trop ni une scène qui manque, que l’on ne peut qu’affirmer que l’on vient d’assister là à la naissance d’un grand cinéaste. Une œuvre qui a tout d’une grande : impressionnante sur la forme, passionnante sur le fond et juste un peu forcée sur certains aspects pour épater la galerie.
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Un film poignant, à la réalisation audacieuse et spectaculaire. Le serment de Pamfir nous emporte dans son intrigue rondement ficelée et nous tient en haleine de bout en bout
Une région européenne froide et boisée, aux confins de la Moldavie, mais qui nous semble à mille lieux de l'hexagone moderne et confortable, offre un cadre sombre à cette histoire de tentative de rédemption familiale, entravée par un petit chef mafieux local. Ce premier film d'un jeune ukrainien, brille par le rendu d'une ambiance endiablée de carnaval et de calvacades dans les bois, bénéficie d'une gueule de héros tragique, et offre quelques plans cinématographiques remarquables. On lui pardonnera facilement quelques ellipses finales dans le scénario, qui peuvent perdre temporairement le spectateur, mais en revanche, on pense au brillant Kusturica ou au film russe Leviathan. Un metteur en scène à suivre sans hésitation. cinéma - novembre 2022
Après être allé travailler en Pologne, Leonid/Pamfir revient dans sa famille au coeur d'un village ukrainien proche de la Roumanie. Lorsque son fils brûle l'Eglise locale, il doit reprendre ses activités illicites en pratiquant la contrebande de cigarettes. "Le serment de Pamfir" est un film où la tension et la violence montent crescendo. Mélange des genres, cette oeuvre réalisée avant l'offensive russe en Ukraine peut s'appuyer sur la prestation magistrale de Oleksandr Yatsentyuk qui crève l'écran avec la rage chevillée au corps.spoiler: La fin, au milieu de ce carnaval local avec une musique assourdissante est grandiose.
La foi, la famille, le communautarisme, le pouvoir intempestif, tous ces thèmes à priori austères donnent à voir un film très marquant sur une famille aimante qui tente de se reconstruire. Mais la réalité sociale de leur village ukrainien ne favorise pas forcément leur épanouissement. Hors des convenances, des règlements et de la loi, il est à l'image du garde-forestier qui gère les âmes ( le curé est à ses pieds ) et son trafic de cigarettes, en toute impunité. Tout ce que Pamfir veut maintenant éviter pour ne pas retomber dans ses travers qui l’ont fait quitter le pays pendant plusieurs mois. Son retour est synonyme de bienveillance familiale et d’une assise sociale honnête. Mais un dérapage de son fiston, pour qui il entendait tout faire, le contraint à retourner dans ses travers. Le réalisateur a écrit lui-même le scénario, d’une limpidité totale pour une mise en scène qui elle aussi, coule de source. Oleksandr Yatsentyuk est à la fois tendre et viril dans ce personnage que l’on aime tout autant que ses proches. J’ai apprécié le jeu de Viktor, son frère ( Ivan Sharan ) l’électron libre du système, tout à fait conscient des dangers qui les guette. Leur complicité est belle à voir . De la simplicité et de l’évidence de la réalisation émane une histoire « folklorique », qui a du sens et des racines . Jusqu’au sens du tragique … AVIS BONUS Découvrir « Haltérophile » Grand prix du jury court métrage européen au festival Premiers Plans d’Angers et « The bread » est un grand bonheur. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Plongée dans une Ukraine aix confins de la Russie et de l'UE, hors la guerre sévissant depuis février 2022. Et on les sent bien les confins dans cette boue automnale qui sert d'écrin à des personnages aux marges baignant entre trafics interlopes et folklore assez exotique (pour un européen de l'ouest). Belle plongée, pas totalement aboutie cependant.