Corsage
Note moyenne
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105 critiques spectateurs

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tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 décembre 2022
"Corsage"... Attention, faux ami. On traduira ce mot allemand en français, non par "blouse" ou "chemisier", mais par "corset" !
Une seule "idée" dans cette coproduction austro-luxembourgeoise (et, dans une mesure très limitée, également franco-teutonne) exploitée jusqu'à la corde par la scénariste et réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer : Elisabeth von Wittelsbach, duchesse en Bavière, passée à la postérité comme "Sissi", impératrice d'Autriche dès ses 16 ans, quand elle épouse son cousin germain Franz-Josef (leurs deux mères sont soeurs), puis couronnée reine de Hongrie en 1867, obsédée par sa silhouette longiligne (elle mesure au moins 1,72 m - 1,77 m selon l'autopsie pratiquée en 1898*, et ne dépasse pas les 50 kg), pratique de manière forcenée le "corsetage", et ne s'alimente, l'abdomen ainsi contraint, que de lait, de bouillon de poulet et de masses de jus de viande (tout en multipliant l'exercice physique) ; du corset d'habillement au corset mental, il n'y a qu'un pas. Sissi est fantasque, sans doute anorexique (et neurasthénique) - pour ne pas dire à la limite de l'aliénation mentale (comme son autre cousin germain Ludwig - lui de la branche paternelle - la cinéaste n'oubliant pas quelques figures imposées en sa compagnie, évidemment). Au résultat, c'est très unicolore et répétitif - voire carrément barbant à visionner.
Une petite étoile pour le rôle correctement exposé de ses familières hongroises, Marie Festetics et Ida Ferenczy, la première jouant souvent les doublures de l'impératrice-reine, et surtout la performance de la Luxembourgeoise Vicky Krieps (de père allemand), en Sissi corsetée, face à son miroir - crédible déjà au physique, Sissi ayant bien eu les yeux marron et un visage semi-ingrat, dont amorce de menton en galoche (mais la vraisemblance ne va pas jusqu'à la denture lamentable de l'impératrice...). Distinguée au dernier Cannes ("Un Certain Regard") de manière cohérente, de ce fait.
spoiler: *Elle succombe à Genève sous le poignard de fortune de l'anarchiste Lucheni, âgée de 60 ans, et non comme une midinette "romantique", en se jetant du haut d'un bateau de croisière en Méditerranée. Pour ceux qui l'ignoreraient !...
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2022
On a tous, enfin les spectateurs d’un certain âge en tout cas, une image de l’impératrice d’Autriche, l’illustre Sissi, véhiculée par les vieux films avec Romy Schneider. Kitchs et romantiques, ils ont infusé l’imaginaire collectif durant des décennies avec ces scènes de ballet majestueuses et ses costumes grandioses tout comme par leur vision très sentimentale et fleur bleue de la souveraine. Ici, et c’est tout l’intérêt de ce « Corsage », on prend le personnage historique complètement à revers à tous niveaux et cela semble bien plus proche de la réalité. D’abord, c’est à une Sissi vieillissante à qui l’on a affaire (elle est dans sa quarantaine et non dans sa vie de jeune femme sortie de l’adolescence) et à une Sissi enfermée dans des conventions qui l’étouffent et ne correspondent pas à son caractère de femme indépendante. Le film est donc dans l’air du temps, profondément féministe. C’est clairement un récit d’émancipation contrariée par les carcans sociétaux de l’époque. Et quelques anachronismes ajoutés à cette vision moderne vont donner un portrait tout autre et très intéressant de ce personnage immensément connu. D’ailleurs, le choix risqué d’offrir au film une bande sonore et des musiques actuelles (précisons-le, de toute beauté) est payant car ce sont ces moments qui donnent au long-métrage ses plus belles séquences. Un peu comme le méconnu et vieux films « Guns 1748 » qui mettait une techno douce sur une histoire se déroulant aux XVIIIème siècle. Ici, on pense à ce bain de minuit éclairé par la lune avec son cousin ou au sublime final sur le bateau. Le constat est simple : dès qu’intervient la musique les images sont hypnotiques.

Malheureusement tout le film n’est pas de cet acabit. Si la métaphore des corsets qui étouffe son corps comme les traditions et les protocoles étouffent son esprit est un peu grossière mais probante, « Corsage » est une œuvre risquée. Si s’attaquer de la sorte à un tel personnage engoncé par des décennies de visions biaisées est méritoire, le film manque d’une ligne narrative claire et s’apparente plus à une succession de moments prouvant ce que veut dire et martèle Marie Kreutzer, la metteuse en scène. De plus on ne peut nier qu’il y a des redondances et que c’est un peu plat et longuet parfois. Si la prestation de Vicky Krieps, qui lui a valu le prix d’interprétation mérité à Cannes dans la section Un Certain Regard cette année, est impeccable et que la reconstitution d’époque est réussie en plus d’être tout sauf poussiéreuse, ce film d’époque au ton résolument contemporain manque étrangement de passion. On aurait aimé en effet être plus emporté et plus touché par les souffrances de cette femme qui aurait certainement voulu naître différemment et vivre ailleurs. C’est beau à regarder, le propos est intéressant mais tout cela manque un peu de chair. Une œuvre téméraire et plutôt maîtrisée donc mais trop froide dont on retient surtout les magnificences musicales sporadiques qui emballent le visuel.

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Bdfoucher
Bdfoucher

69 abonnés 94 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 décembre 2022
Dans la réalité, Elisabeth de Wittelsbach meurt assassinée à Genève en 1898 par un anarchiste italien . Elle a 60 ans. Dans le film de Marie Kreutzer, elle se jette de la proue d'un navire en pleine mer. Elle a tout juste 40ans passé... Toute sa vie l'impératrice Sissi a détesté la cour de Vienne et l'étiquette autrichienne. On est donc loin de Romy Schneider dans le film de Ernst Marichka de 1955 qui fige l'image d'une Sissi pétillante qui rencontre son futur mari, venu épouser sa soeur aînée, lors d'un quiproquo survenu lors d’une partie de pêche ...

Curieux biopic donc dont on ne voit pas bien la raison exacte... l'interprétation de Vicky Krieps est splendide et les décors qui se s'embarrassent pas de laisser paraître rampes en inox et interrupteurs électriques aussi ... Mais quel est l'objet du film (car on n’est plus dans la simple distorsion historique) ? La vie étouffante d'une femme qui fuyait le monde et sans doute elle même, en Hongrie, en Italie, à Madère ... ? Une femme obsédée par sa beauté, son age et son poids, qui voulait peser 50 kg pour 1,72m (55,9 kg dans le film) et qui pratiquait du sport du matin au soir, à cheval, aux agrès, à l'escrime et qui se faisait corseter très fermement pour n'être capable d'avaler qu'un bouillon de viande, dont la neurasthénie finit par toucher la vitalité et la joie de vivre...

il n'y avait pas besoin de réinventer Sissi car l'impératrice était à elle seule un personnage de roman . Elle fume, elle prend des libertés, est, comme on dirait aujourd'hui, borderline à tel point que Louis II de Bavière finit par lui dire d'aller se noyer dans un autre lac que le sien, à Starnberg, où il se noiera effectivement... Alors de quoi s'agit-il? D'un portrait féministe de la mélancolie, mal de cette fin de siècle, souvent diagnostiquée par les médecins viennois ? D'une ébauche de la folie ? D'une dénonciation de la condition féminine au sein de l'aristocratie empesée de l'Autriche finissante ?

Il y a toute une littérature pour ça . Dommage que Stephan Zweig n'ait pas écrit sur Sissi comme il l'a fait pour Marie Antoinette. Mais, en Autrichien exigeant, il n'a pas du trouver le personnage si intéressant, sans doute aussi parce que Sissi meurt sans rencontrer l'Histoire comme son héroïne favorite prise dans la Révolution française ...

Bref tout ce film m'a dérangé sans me déplaire mais sans me convaincre non plus... Sissi fume, Sissi est inconvenante, Sissi fuit ses responsabilité et préfère s'entourer de Dames hongroises, Marie et Ida et ... de ses anciens amants ... Elle disparaît dans le film en 1878 (pourquoi cette date?) alors que dans la réalité les épreuves ont commencé à poindre et que la mort mystérieuse de Rodolphe, son fils, en 1889, avec sa maîtresse, dans son pavillon de chasse de Mayerling sera le début d'une dépression qui prolonge en fait une vie d'errance dans laquelle l'impératrice, revenue de tout, s'ennuie, n'aimant plus son mari l'empereur trop occupé et cédant malgré tout à tous ses caprices, n'aimant plus ses cheveux qu'elle coupe, indifférente sûrement aux grands changements européens engagés à Vienne depuis 1848.

Un film qui n'a rien à voir avec celui de Sofia Coppola qui était fortement sourcé avec quelques raccourcis de génie ... ici je n'en ai pas vu.
dan47
dan47

70 abonnés 163 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 décembre 2022
je n'ai absolument pas aimé ce film. cette réalisation copiée sur marie antoinette de coppola à mélanger l'ancien et l'actuel c'est pas du réussi. trouver un téléphone, des fauteuil et chaises du XXeme siècle. un doigt d'honneur et j'en passe c'est d'un mauvais goût. le jeu des acteurs est d'un long et soporifique. le suicide final marque le mauvais goût. bon j'arrête là parce que franchement c'est mauvais
grey_egg
grey_egg

20 abonnés 52 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 décembre 2022
On se demande vraiment ce que l'autrice cherche à raconter, le mal être de cette impératrice qui s'ennuie, ça va un peu, mais au bout d'un moment.... Les effets bizarres de mise au point volontairement focalisées sur "autre chose", les anachronismes ridicules comme les éclairages de sortie de secours dans la salle d'escrime... Tout ça pour dire quoi ?
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 octobre 2022
S'emparer d'un personnage historique et le plier à une vision très personnelle et forcément moderne, avec de gros morceaux de fiction dedans, telle est la tendance des nouveaux faux biopics à l'écran dont l'un des sommets reste le Marie-Antoinette de Sofia Coppola, avec moult anachronismes inclus (Elvis ou Blonde peuvent être éventuellement rangés dans cette catégorie). Il fallait donc s'attendre à ce que Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, immortalisée au cinéma, par Romy Schneider, subisse à son tour les mêmes "outrages." En l'occurrence, devant la caméra de Marie Kreutzer, et sous les traits de l'excellente Vicky Krieps, c'est Sissi impératriste qui est portraiturée dans un film qui tente de fuir l'académisme, en se permettant quelques audaces à l'intérêt fort limité (dont une fin incongrue). On comprend bien l'humeur morose de cette Lady Diana avant l'heure, enfermée dans un rôle de représentation qui ne lui convient pas, et par ailleurs obsédée jusqu'à la névrose par la minceur de sa silhouette, alors qu'elle vient d'avoir 40 ans. Une histoire d'émancipation impossible qui se laisse regarder sans ennui mais sans passion véritable.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 décembre 2022
Malgré la liberté prise par rapport à la stricte vérité historique, malgré les anachronismes parfaitement assumés, ou, peut-être, à cause de la liberté qui découle de ces choix, "Corsage" est un film d’un intérêt certain, ne serait-ce que par ce qu’il amène comme féminisme dans une société corsetée et très éloignée de ce type de préoccupation, par ce qu’il montre d’une femme fatiguée qui décide d’arrêter de se conformer à l’image parfaite qu’elle véhiculait plus jeune, l’amenant à pratiquer l’escrime et à faire du cheval, à surveiller sans arrêt son poids au point de devenir anorexique même si, à l’époque, les canons de beauté valorisaient surtout les femmes potelées, une femme qui, bafouant les conventions, va décider de quitter Vienne pour aller en Angleterre et aller jusqu’à se charger de trouver une maîtresse pour François-Joseph, son mari, afin d’obtenir de ce dernier un plus grand espace de liberté. Par ailleurs, c’est avec un brin d’étonnement qu’on entend un médecin prescrire de l’héroïne à Sissi, un nouveau médicament, dit-il, qui calme les douleurs et qui est totalement inoffensif ! On ne sera pas surpris de retrouver Vicky Krieps dans le rôle d’Elisabeth, puisque c’est elle qui est à l’origine du film et qu’elle en est la productrice exécutive. Même si on n’est toujours pas totalement convaincu par sa prestation, la comédienne luxembourgeoise et de mère allemande, se montre plus convaincante que dans Plus que jamais, sorti il y a un mois. A ses côtés, le comédien autrichien Florian Teichtmeister campe un empereur François-Joseph 1er très crédible. Quant à l’inventeur Louis Le Prince qui, dans le film, propose à Sissi de la filmer, il est interprété par Finnegan Oldfield. Ce précurseur du cinéma a vraiment existé mais il n’a jamais rencontré Elisabeth d’Autriche ! Voir critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-corsage/
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 décembre 2022
Une année dans la vie de Sissi impératrice.
Noël 1877. Elisabeth d’Autriche fête son quarantième anniversaire. Elle supporte de plus en plus mal les devoirs de l’étiquette qui lui interdisent de s’exprimer mais la contraignent à participer à toutes sortes de cérémonies protocolaires, lourdement parée. Elle s’en évade dès qu’elle le peut en se rendant en Hongrie, dont elle est passionnée, ou chez sa sœur en Angleterre. Obsédée par sa taille et par son régime, elle est astreinte à porter un corset très serré qui l’étouffe.

"Corsage" est le titre habile de ce biopic qui n’en est pas un. Il nous raconte, loin des afféteries mielleuses de Ernst Marischka et de Romy Schneider une année dans la vie de l’impératrice – avec laquelle il prend de nombreuses libertés historiques, notamment dans son épilogue. Mais, il aspire à l’universel dans son évocation d’une femme vieillissante, prisonnière de sa beauté et de son image et dans celle d’une princesse prisonnière d’un protocole étouffant, qui ne peut manquer de faire penser à Diana Spencer.

Vicky Krieps est étonnante dans ce rôle exigeant – dans lequel elle parle quatre langues, monte en amazone et pratique l’escrime. Elle a amplement mérité le prix de la meilleure interprétation qui lui a été décerné à Cannes à la section Un certain regard.

"Corsage" est un joli titre qui joue sur les mots. C’est le même en allemand, la langue originale du film, même si je doute que l’allusion soit aussi transparente. Il désigne aussi le corps condamné à la sagesse de Sissi, qui ne trompa pas son mari – même si la rumeur d’une liaison avec le comte Andrassy, le Premier ministre du Royaume de Hongrie, courut un temps – alors même qu’elle ne nourrissait pour lui aucun désir. Condamnée à la chasteté, Sissi a vécu une longue vie d’ennui qu’elle tentait d’égayer avec d’innombrables voyages.

Aussi magistralement interprété soit-il, le personnage de Sissi manque d’épaisseur. On a tôt fait de percer son mystère et de diagnostiquer sa mélancolie. Le film dure près de deux heures. Il aurait pu durer trente minutes de plus ou de moins sans que son économie en soit altérée.
Papacroyable
Papacroyable

4 abonnés 34 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2022
Mis à part les costumes .. 2 h 10 pour nous expliquez que Sissi se rebelle contre les traditions et convenances sans état d'âme etc etc ? Bof
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 décembre 2022
"Corsage" récompensé et nommé à de nombreuses reprises cette année est un "biopic" dramatique moyen dans l'ensemble. En effet cette histoire tirée d'une partie de la vie de l'impératrice Elisabeth d'Autriche doit beaucoup à la prestation de Vicky Krieps renversante dans son rôle (récompensée au festival de Cannes et European Film Awards) qui dresse le portrait de Sissi d'une manière originale et peu conventionnelle malgré des longueurs, des moments d'ennui et un dénouement un peu brutal c'est dommage.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 décembre 2022
Dans Corsage, Marie Kreutzer revisite le mythe d’Elisabeth d’Autriche alias Sissi. L’ambition de la réalisatrice et scénariste est de dépeindre l’impératrice d’Autriche sous un regard plus moderne mais aussi et, malheureusement, actualisé. Dès lors, il est illusoire de juger sereinement ce portrait indéniablement souhaité sérieux et appliqué mais au final plutôt brouillon et déconcertant. Était-ce l’ambition initiale de la cinéaste ? Le doute est permis. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2022/12/14/corsage/
cyril michellon
cyril michellon

7 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 septembre 2022
En avant première.
Que c'est long...
Que c'est mauvais ...
Des anachronismes comme des tuyaux d'évacuation en pvc.

Si tu aimes Lady Chatterley, bah ça peut te plaire. Sinon c'est aussi mauvais mais plus court...
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2022
S'enfonçant pas à pas dans le récit singulier de Corsage, on croise autant les défauts que les qualités cités dans les critiques des spectateurs. À la première vision, le film paraît un peu long, dévoie la vie de Sissi et se termine de façon presque trop audacieuse. En même temps, il propose une relecture véritablement contemporaine du destin de l'impératrice et s'assume comme tel, tous les comédiens sont remarquables et la mise en scène impressionne. Mais dès lors qu'on le revoit une seconde fois, alors ne restent que les qualités. Dès les premières scènes, Vicky Krieps démontre tout son talent, en ce travestissement subversif de la vie de Sissi. Elle est de suite accompagnée de seconds rôles joués par des acteurs totalement inconnus mais très bons. Ses premiers échanges truculents ou graves avec Louis II de Bavière ou l'empereur François Joseph créent des ambiances d'une grande intimité, loin des clichés sur ces personnages historiques. On a vraiment l'impression d'entrer dans les coulisses du pouvoir et la psychologie de l'humain. La merveilleuse musique de Camille décale la restitution strictement factuelle, tout comme quelques décors un peu curieux qu'on ne comprend pas dans les premiers temps. Musique et décor prennent progressivement une ampleur hors du commun. Les mélodies de Camille laissent en effet leur place à des reprises étonnantes de standards du siècle dernier, joués en pizzicato au violon ou à la harpe. Et le choix des décors est l'un des plus audacieux que je connaisse. Rompant avec toute forme de réalisme, la cinéaste choisit de tourner des scènes clé dans de modestes châteaux délabrés ou menaçant ruines. Un voyage en Angleterre prend place dans une demeure de campagne qui a tous les traits baroques de l'architecture germanique du XVIIIe siècle. Les célèbres châteaux de Louis II de Bavière sont remplacés par des petits manoirs de province aux murs fissurés. De même pour la résidence d'été de l'impératrice qui n'est pas plus impressionnante qu'une maison de famille au soleil... Ce décalage assumé mais jamais souligné se double de toute sorte de petits détails : des portes contemporaines en fond de décor, des chaises tubaires dignes du Bauhaus, des canalisations en PVC, etc. L'anachronisme trouve une autre variation quand Sissi rencontre au fin fond de l'Angleterre un inventeur français lui proposant de la filmer en... 1878... (pour mémoire le cinéma a été inventé en 1895).
C'est donc bien une Sissi contemporaine qui nous est proposée, et sans doute car la rébellion de ce personnage historique permet de questionner le thème qui semble intéresser la cinéaste : la liberté et l'émancipation dans un monde de représentation. On l'a compris, la cinéaste assume sa propre liberté quand il s'agit de scénario, de référence à l'histoire, de musique ou de décor. De leur côté, les personnages sont tous pris dans des questionnements sur la liberté. Les domestiques sont réduits à leur rôle subalterne imposé par la société, au point d'être interchangeables (telles les deux bonnes de l'impératrice que celles-ci confond et qui sont habilement interchangées dans une même scène par la réalisatrice). L'empereur est submergé par son travail, par tous ces peuples à coaliser (Autrichiens, Serbes, Hongrois) dans un empire qui craque déjà ; il n'a plus le temps de s'amuser ni de profiter de son épouse ou de ses enfants. Le casting et le jeu du comédien sont parfait ici. Marie, la sœur de l'impératrice, est écrasée par un destin maudit. Quant à Louis II et Sissi, ils sont d'immanquables complices dans leur volonté commune de s'extraire des exigences de leur rang. Cette parfaite entente donne lieu à quantité de très belles scènes à Vienne comme en Bavière. Corsage s'avère donc être un grand film à maints points de vue ; ses subtilités apparaissent davantage à chaque nouvelle vision. Il rebutera frontalement les tenants d'un plat cinéma historique pouvant servir de soupe factualiste aux élèves de collège et lycée. Mais il fascinera les amateurs d'un cinéma véritablement novateur.
Annick Pichard
Annick Pichard

1 abonné 1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 décembre 2022
Ce film décrit une femme depressive et névrosée La fin est sur le plan historique est Fausse Tout semble exgere et peu fidèle voire caricatural Déconcertant !
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2022
Si le nom d’Élisabeth d'Autriche peut sembler anecdotique pour certains, d’autres y verront le fantôme de l’impératrice Sissi, déjà vue et connue les traits de Romy Schneider ou dans des œuvres d’animation. Bien entendu, il ne sera pas question de sa destinée amoureuse, ni de son pouvoir politique, ni de son assassinat, ou presque. Marie Kreutzer (The Fatherless, Gruber is leaving, We Used to Be Cool, The Ground beneath my feet) préfère de loin s’attarder sur le 40e anniversaire de la souveraine, née la veille de Noël, une date qui n’est ni une fête, ni une délivrance pour cette dernière. On renverse l’imaginaire luxueux et on prend le contrepied des apparences pour enfin se pencher sur une femme, dont on ne fait que comprimer ses désirs, laissant ainsi paraître une douleur qui la rend autant mal aimable qu’imprévisible.

Il ne faut pas longtemps pour comprendre l’angoisse qui entoure l’impératrice, que ce soit dans son intimité ou sur la scène publique. S’exprimer devient une contrainte que l’on va contrebalancer par une mise en scène, au service de l’interprète principale, Vicky Krieps, indéniablement royale dans un rôle et un costume qui l’étouffe. Son quotidien est régi par sa morphologie, son âge, son poids et son genre. Le portrait qu’on fait d’elle n’immortalise donc que sa détresse et sa décadence, tandis que les proches de la famille royale conditionnent des ragots et autres rumeurs sur ses impulsions les plus infimes. Aux côtés de la réalisatrice autrichienne, les deux femmes doublent ainsi cette peine, en usant d’anachronisme venant extirper l’impératrice de l’image figée que l’on a d’elle pour le mouvement, symbolique d’une révolte consentie.

L’insertion du cinéma, comme art anachronique et intemporelle, fait partie de son langage, tout comme cette vulgarité que Sissi s’approprie et qu’elle déploie dans la spontanéité de ses émotions. Le pouvoir y est directement impacté et l’emprise de son mari, Franz Joseph (Florian Teichtmeister), fait l’objet d’un amour contrarié, illustrant un peu plus la solitude de Sissi, dans les bras des dames qui la coiffent. Si tous les hommes lui refusent ses désirs, elle ne peut qu’entreprendre de se rechercher un peu, à travers des visites de courtoisie dans des hôpitaux notamment, où elle se sent déjà plus chez elle, loin de l’hypocrisie monarchique. À table, on évide juste à temps le cœur d’un fruit que l’on entretient dans sa jeunesse et non dans sa maturité. C’est le constat que l’on peut se faire en observant solennellement la reine de Hongrie et la mère dont les enfants lui sont arrachés d’une manière ou d’une autre.

Nous sommes donc loin de la figure de grâce que les livre d’histoire peuvent nous conter. On sort du cadre scolaire pour ainsi laisser la femme s’exprimer, derrière les offenses qu’elle subit au quotidien. Dans « Corsage », les femmes de tout âge sont conscientes de leur condition, dont la superficialité des coutumes et des détails corporels factices, ne laissent plus rien transparaître que des fêlures sur des visages voilées. Le geste est donc noble et les arrangements de la chanteuse-compositrice Camille Dalmais trouveront les bons mots pour tirer sur l’alarme, avant que ça n’empire. Ainsi, le commentaire de l’impératrice, par le prisme de l’apparence, rend son portrait plus vivant et étrange dans le même mouvement, car l’image l’a rendu muette, en opposition à sa fille, qui se raccroche à la convenance de ses aînés, qui la vampirisent du matin au soir.
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