Note moyenne
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Première femme nommée cheffe à la tête de l'Orchestre philharmonique de Berlin, Lydia Tàr semble avoir atteint les sommets. Elle reste intouchable, admirée par toute la profession. Dans ce rôle qui allie, la classe l'élégance, qui met un point d'honneur à défendre les femmes, dans ce milieu d'hommes qu'est la musique classique, qui d'autre que l'excellente Cate Blanchett. Mais si cela peut déplaire ou déranger, on l'appelle Maestro et elle y tient. Rivaliser avec pour accompagnateurs tous ces compositeurs historiques, mâles, blancs, et revendiquer son statut de lesbienne confirmée, ne fait qu'embellir son autorité. Lydia Tàr est une professeure intransigeante, respectable, respectée, voir même craint. Pour un non initié, comme moi, le monde de la musique classique semble bien précieux, pincé, intellectuellement perché, coincé avec ses codes et sa hiérarchie. Les sélections des instrumentistes ou autres solistes qui joueront dans l'orchestre sont strictes et sévères, et beaucoup de jeunes musiciens viennent y briser leurs espoirs. Cet univers est impitoyable. Ce film m'a paru long, pointu, et parfois ennuyeux, heureusement la présence et le talent de Cate Blanchett étaient là. Cate Blanchett dans Tár, c'est une démonstration de ce que peut être le jeu d'acteur au plus haut niveau : disparaître derrière un personnage tout en lui donnant une présence absolument inoubliable. Ce qui m'a fasciné, c’est son contrôle permanent. Lydia Tár est une femme qui contrôle la musique, les orchestres, les conversations, les rapports de pouvoir… et Blanchett traduit ce besoin de maîtrise. Elle peut prononcer une phrase avec une autorité glaciale, puis laisser apparaître, l’espace d’une seconde, une inquiétude ou une fragilité que le personnage voudrait désespérément cacher. La scène de la masterclass à Juilliard est particulièrement révélatrice. Blanchett y déploie une présence physique : elle domine la salle par la voix, le regard et la gestuelle, sans jamais avoir besoin d'en faire trop. Elle joue l'intelligence, l'arrogance, la séduction et la menace simultanément. C'est du grand art parce qu'elle ne demande jamais au spectateur de simplement aimer ou détester Lydia : elle nous oblige à l'observer.
La tragédie de Lydia tient aussi à la trahison. Francesca Lentini (Noémie Merlant que j'adore), son alliée, son assistante et celle qui connaît le mieux les rouages de son univers, finit par se détourner d’elle. Ce qui ressemblait à une relation de confiance se transforme en ressentiment. Francesca n’est plus seulement une collaboratrice : elle est une femme qui espère, qui attend une reconnaissance, une place, peut-être une forme de transmission. Lorsque cette attente est déçue, la loyauté se fissure et la rancœur trouve son chemin. Le rapport de la Maestro à la jeune Krista, à Francesca, à Sharon et aux autres femmes qui gravitent autour d’elle devient impossible à séparer des rapports de pouvoir. Chez Todd Field, personne n’est simplement victime ou coupable : chacune possède ses blessures, ses ambitions et ses contradictions. La chute de Lydia n’est pas seulement celle d’une artiste, c’est celle d’une femme qui découvre que les liens qu’elle croyait solides étaient peut-être conditionnés par le pouvoir qu’elle exerçait.
On pourrait voir le film comme une histoire de femmes vécue par des femmes : leurs ambitions, leurs rivalités, leurs solidarités, leurs désirs, leurs blessures et leurs stratégies pour survivre dans un univers où le pouvoir circule sans cesse d'une personne à l'autre. Mais Todd Field refuse d'en faire un simple récit de sororité ou de vengeance. Lydia Tár est à la fois victime et prédatrice, femme puissante et femme vulnérable, celle qui domine et celle qui finit dominée. Sa chute devient alors une tragédie profondément humaine : lorsqu’elle perd son statut, ses alliées, son épouse et finalement son identité professionnelle, il ne lui reste plus que la femme derrière la légende.
Un film pas si facile à suivre, mais qui a le mérite de de nous amener à une réflexion : une femme qui comprend, trop tard, que tout ce qu’elle avait construit autour d’elle pouvait aussi devenir l'instrument de sa chute. Le Woman Power est en marche mais pas encore admis dans les vieilles institutions.
C'était Lara Croche pour la Page facebook de « Je fais mon Cinéma »
La tragédie de Lydia tient aussi à la trahison. Francesca Lentini (Noémie Merlant que j'adore), son alliée, son assistante et celle qui connaît le mieux les rouages de son univers, finit par se détourner d’elle. Ce qui ressemblait à une relation de confiance se transforme en ressentiment. Francesca n’est plus seulement une collaboratrice : elle est une femme qui espère, qui attend une reconnaissance, une place, peut-être une forme de transmission. Lorsque cette attente est déçue, la loyauté se fissure et la rancœur trouve son chemin. Le rapport de la Maestro à la jeune Krista, à Francesca, à Sharon et aux autres femmes qui gravitent autour d’elle devient impossible à séparer des rapports de pouvoir. Chez Todd Field, personne n’est simplement victime ou coupable : chacune possède ses blessures, ses ambitions et ses contradictions. La chute de Lydia n’est pas seulement celle d’une artiste, c’est celle d’une femme qui découvre que les liens qu’elle croyait solides étaient peut-être conditionnés par le pouvoir qu’elle exerçait.
On pourrait voir le film comme une histoire de femmes vécue par des femmes : leurs ambitions, leurs rivalités, leurs solidarités, leurs désirs, leurs blessures et leurs stratégies pour survivre dans un univers où le pouvoir circule sans cesse d'une personne à l'autre. Mais Todd Field refuse d'en faire un simple récit de sororité ou de vengeance. Lydia Tár est à la fois victime et prédatrice, femme puissante et femme vulnérable, celle qui domine et celle qui finit dominée. Sa chute devient alors une tragédie profondément humaine : lorsqu’elle perd son statut, ses alliées, son épouse et finalement son identité professionnelle, il ne lui reste plus que la femme derrière la légende.
Un film pas si facile à suivre, mais qui a le mérite de de nous amener à une réflexion : une femme qui comprend, trop tard, que tout ce qu’elle avait construit autour d’elle pouvait aussi devenir l'instrument de sa chute. Le Woman Power est en marche mais pas encore admis dans les vieilles institutions.
C'était Lara Croche pour la Page facebook de « Je fais mon Cinéma »
Grandeur et décadence d’une cheffe d’orchestre trop exigeante, dont la vie personnelle et professionnelle va basculer du fait de choix sans concertation. Kate Blanchett extraordinaire dans le rôle mérité des nominations en tant que meilleure actrice
Mais où est son oscar?
Ah oui je sais...
Pour venir au film, c est une classe mondiale. Cate blanchett est à chaque film un peu plus haut dans son talent.
Pas mon style de film, ni même d ambiance particulière mais on se laisse aller à une vitesse.
Ah oui je sais...
Pour venir au film, c est une classe mondiale. Cate blanchett est à chaque film un peu plus haut dans son talent.
Pas mon style de film, ni même d ambiance particulière mais on se laisse aller à une vitesse.
Avec TÁR, Todd Field signe un fascinant portrait de la chute d’une figure de pouvoir, en explorant les liens complexes entre génie artistique, narcissisme et responsabilité morale. Le film impressionne par son refus du manichéisme, construisant un personnage aussi brillant qu’insaisissable dont les certitudes se fissurent progressivement sous le poids de ses propres contradictions. Cate Blanchett livre une performance magistrale, d’une précision et d’une intensité rares, incarnant Lydia Tár avec une autorité qui devient peu à peu source de vertige. La mise en scène élégante et rigoureuse accompagne subtilement cette désintégration psychologique, en maintenant une ambiguïté constante entre réalité, perception et paranoïa. Malgré une froideur intellectuelle qui peut créer une certaine distance émotionnelle, TÁR demeure une œuvre d’une richesse thématique et d’une intelligence remarquable.
Tár - j'aime beaucoup l'ambiance du film, le choix des acteurs mais il manque l'envolée dans le scénario ! C'est trop plat et plusieurs fois, j'ai ressenti un profond ennui devant autant de vide. Il ne se passe rien d'autre que cette cheffe d'orchestre carriériste et imbu d'elle même. Il manque une histoire plus sombre ou un personnage plus fou ! Puis ces longues explications sur les œuvres et compositeurs...si seulement c'était plus instructif tant qu'à les faire durer 6 minutes !!!
2,8/5
2,8/5
Bonnes intentions, bonnes interprétations mais l’ensemble laisse sur sa faim
Comme un thriller n’ayant pas vriament abouti
Comme un thriller n’ayant pas vriament abouti
J'ai aimé ce film... Le début est un peu long il faut s'accrocher mais très vite il nous embarque et ne nous lâche plus. L'histoire est fascinante cate Blanchett juste parfaite. Je recommande
La lente et inexorable descente sociale d’une cheffe d’orchestre au sommet de sa carrière est filmée avec une minutie d’orfèvre rendant le récit pourtant très long passionnant à suivre. Dans la peau de cette femme abusant subrepticement de son pouvoir, l’actrice Cate Blanchett livre une composition magistrale. Un long-métrage aussi impitoyable qu’inclassable installant un personnage fascinant qui interroge les rapports de domination inhérents à la vie sociale.
Dans le monde feutré de la musique classique, une cheffe d’orchestre au sommet de sa gloire voit son empire vaciller. TÁR n’est pas tant le portrait d’une artiste que l’autopsie d’un pouvoir, entre fascination et malaise.
Le film impressionne d’abord par sa précision. Todd Field filme avec une froideur clinique l’univers des élites culturelles : répétitions millimétrées, colloques prestigieux, codes saturés de conventions. Cate Blanchett, souveraine, incarne Lydia Tár avec une intensité saisissante. Derrière l’artiste adulée se dessine une figure de domination : un esprit brillant mais manipulateur, obsédé par le contrôle, qui modèle son monde à coups de séductions, d’ego et de silences.
TÁR interroge des thèmes universels : la construction du pouvoir, l’abus d’autorité, la fragilité des figures publiques à l’ère numérique. Lydia, à la fois visionnaire et prédatrice, illustre cette ambiguïté : on peut créer du génie tout en écrasant les autres. Le film explore aussi le rapport au temps, à travers les répétitions musicales qui deviennent métaphores de cycles voués à se briser. Mais derrière la puissance, il révèle une solitude abyssale : privée de contrôle, Lydia se retrouve démunie.
Cette fresque ambitieuse se heurte pourtant à plusieurs limites. Le rythme, d’abord : lent, étiré, pesant. Les scènes s’enchaînent dans un naturalisme qui frôle l’ennui, surtout dans une première heure qui s’installe laborieusement. Le film souffre aussi d’un hermétisme assumé : jargon musical, références élitistes, absence d’explications. Ce choix d’immersion radicale peut séduire, mais il risque aussi d’exclure.
Le scénario, lui, se veut ambigu mais paraît vite désincarné. Les personnages secondaires restent cantonnés à des fonctions (la partenaire, l’assistante, l’élève), sans réelle épaisseur. Tout repose sur Blanchett, souveraine, mais son intensité glaciale peut finir par épuiser : passer deux heures trente avec une figure aussi abrasive est éprouvant.
Quant au dernier acte, il préfère la subtilité au spectaculaire. Le prestige de Lydia se délite sans disparaître, comme si sa chute devait rester suspendue. L’idée est stimulante, mais son traitement laisse un goût étrange : ni vraiment tragique, ni franchement satirique, mais un entre-deux frustrant après tant de tension dramatique.
Reste un film singulier, fascinant par son regard sur le pouvoir, mais limité par son austérité et son intellectualisme. TÁR brille par sa maîtrise et par l’interprétation de Blanchett, mais peine à émouvoir pleinement. Il laisse le spectateur face aux zones grises où se mêlent génie artistique et abus d’autorité.
Le film impressionne d’abord par sa précision. Todd Field filme avec une froideur clinique l’univers des élites culturelles : répétitions millimétrées, colloques prestigieux, codes saturés de conventions. Cate Blanchett, souveraine, incarne Lydia Tár avec une intensité saisissante. Derrière l’artiste adulée se dessine une figure de domination : un esprit brillant mais manipulateur, obsédé par le contrôle, qui modèle son monde à coups de séductions, d’ego et de silences.
TÁR interroge des thèmes universels : la construction du pouvoir, l’abus d’autorité, la fragilité des figures publiques à l’ère numérique. Lydia, à la fois visionnaire et prédatrice, illustre cette ambiguïté : on peut créer du génie tout en écrasant les autres. Le film explore aussi le rapport au temps, à travers les répétitions musicales qui deviennent métaphores de cycles voués à se briser. Mais derrière la puissance, il révèle une solitude abyssale : privée de contrôle, Lydia se retrouve démunie.
Cette fresque ambitieuse se heurte pourtant à plusieurs limites. Le rythme, d’abord : lent, étiré, pesant. Les scènes s’enchaînent dans un naturalisme qui frôle l’ennui, surtout dans une première heure qui s’installe laborieusement. Le film souffre aussi d’un hermétisme assumé : jargon musical, références élitistes, absence d’explications. Ce choix d’immersion radicale peut séduire, mais il risque aussi d’exclure.
Le scénario, lui, se veut ambigu mais paraît vite désincarné. Les personnages secondaires restent cantonnés à des fonctions (la partenaire, l’assistante, l’élève), sans réelle épaisseur. Tout repose sur Blanchett, souveraine, mais son intensité glaciale peut finir par épuiser : passer deux heures trente avec une figure aussi abrasive est éprouvant.
Quant au dernier acte, il préfère la subtilité au spectaculaire. Le prestige de Lydia se délite sans disparaître, comme si sa chute devait rester suspendue. L’idée est stimulante, mais son traitement laisse un goût étrange : ni vraiment tragique, ni franchement satirique, mais un entre-deux frustrant après tant de tension dramatique.
Reste un film singulier, fascinant par son regard sur le pouvoir, mais limité par son austérité et son intellectualisme. TÁR brille par sa maîtrise et par l’interprétation de Blanchett, mais peine à émouvoir pleinement. Il laisse le spectateur face aux zones grises où se mêlent génie artistique et abus d’autorité.
Je ne suis pas musicienne mais j’aime beaucoup la musique classique, ça ne m’a pas empêché de suivre ce très bon film. N’écoutez pas ceux qui le qualifient de prétentieux, le snobisme c’est aussi mépriser ce qu’on ne connait pas. J’étais aussi parfois perdue dans le jargon mais au moins j’ai appris des trucs.
C’est surtout un excellent Thriller, à double lecture si on peut le dire. On suit le personnage de Tár et on est amené souvent à douter de qui est la victime qui est le prédateur spoiler: (le réalisateur nous prévient de ça dès le début du film en fait)
et c’est très bien amené. spoiler: Le film ne donne pas de réponse toute faite et tant mieux
, je n’avais pas eu autant à cogiter sur un film depuis Inception.
Ma théorie : spoiler: on est biaisé tout le film par ce que les autres personnages pensent de Tár, par leur cupidité, leur position victimaire (même le vieux mentor) et si on regarde bien, ils s’en font une idée bien pire de ce qu’elle est vraiment. Tár est loin d’être un ange mais ce n’est pas non plus un monstre. Regardez mieux le film elle est entourée de victimes parano et prêtes à tout pour se venger ou lui prendre sa place, allant jusqu’à la suivre chez elle, à lui voler ses affaires et à jouer avec sa tête et ses souvenirs.
C’est surtout un excellent Thriller, à double lecture si on peut le dire. On suit le personnage de Tár et on est amené souvent à douter de qui est la victime qui est le prédateur spoiler: (le réalisateur nous prévient de ça dès le début du film en fait)
et c’est très bien amené. spoiler: Le film ne donne pas de réponse toute faite et tant mieux
, je n’avais pas eu autant à cogiter sur un film depuis Inception.
Ma théorie : spoiler: on est biaisé tout le film par ce que les autres personnages pensent de Tár, par leur cupidité, leur position victimaire (même le vieux mentor) et si on regarde bien, ils s’en font une idée bien pire de ce qu’elle est vraiment. Tár est loin d’être un ange mais ce n’est pas non plus un monstre. Regardez mieux le film elle est entourée de victimes parano et prêtes à tout pour se venger ou lui prendre sa place, allant jusqu’à la suivre chez elle, à lui voler ses affaires et à jouer avec sa tête et ses souvenirs.
Cate y livre une prestation magistrale mais je n’ai pas accroché au film trop intello. La photographie est soignée et toutes les parties symphoniques avec l’orchestre sont magnifiques
Eh ben purée, je pensais pas du tout accrocher parce que pas du tout mon style de film mais finalement impossible de décrocher mes yeux de l’écran !
La musique a-t-elle un genre ? Peut-être pas, mais ses interprètes, oui ! C’est le thème principal de ce film qui nous entraîne dans les méandres du désir, avoué ou pas ; désir de plaire, de briller, désir inspiré par un modèle qui devient un obstacle quand on s’en rapproche trop… Une des scènes inaugurales est splendide sous le rapport de l’humiliation que l’on peut faire subir à un(e) élève. Et si vous aimez Cate Blanchett et la musique, ne boudez pas votre plaisir.
Quand Galadriel joue le rôle d'un cheffe d'orchestre, bizzarement, la magie n'est plus là et cela n'a pas le même impact.
Film réaliste sur l'Ego sudimensionné que peuvent produire la direction musicale et plus généralement le pouvoir absolu de la hiérarchie. Scenario, casting, justesse des jeux, tout est remarquable dans ce film à la grande beauté plastique. Comme chaque fois Cate Blanchett se glisse à la perfection dans le personnage, ici dans celui glaçant de la protagoniste. Un coup de maître.
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